S'amuser au gré du fleuve et du vent

Il y a quelque chose de grisant à... (Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Il y a quelque chose de grisant à se livrer à la merci des flots avec seulement une planche à voile. Veste de flottaison et casque sur la tête, on se demande bien dans quelle galère on s'est embarqué pour se lancer de la sorte sur le fleuve.

Collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

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(Québec) On aurait dit des pompiers qui débarquaient sur les lieux d'un incendie. Comme si le vent et les vagues dans la baie de Beauport avaient sonné l'alarme. Un instant, il n'y avait que quelques véhicules dans le stationnement. Puis celui d'après, un flot continu de passionnés de planche à voile et de kitesurf déferlait à proximité de la zone de mise à l'eau à l'extrémité de la plage. L'excitation était palpable. À croire qu'il y avait réellement urgence.

Pendant que les sportifs s'habillaient et qu'ils préparaient leur matériel, ça discutait joyeusement. Une évidence : beaucoup d'habitués qui se connaissent. Et surtout un intéressant mélange de jeunes, de têtes grises, d'hommes, de femmes, de débutants et d'athlètes d'expérience.

Short de surf et combinaison sur le corps, je me fondais dans cette faune nautique qui s'affairait à aller à l'eau au plus vite. Une illusion presque parfaite jusqu'à ce qu'un gars à peine sorti de son auto m'interpelle en fixant le large. «Alors, ça prend quoi aujourd'hui?»

J'ai dû lui avouer que je ne savais absolument rien du matériel à privilégier pour se lancer sur le fleuve avec ce vent du nord-est de plus de 15 noeuds (près de 30 km/h), qui donnait le sourire à tout le monde. En fait, si j'étais là, c'était justement parce que j'espérais en savoir un peu plus à ce sujet, au terme d'une première journée à vie en planche à voile.

Le vent au rendez-vous

Cette initiation m'était apparue tout à fait logique après le paraski cet hiver et le surf à pagaie au début de l'été. Il fallait tenter l'expérience! Mais là, si les habitués s'enthousiasmaient des conditions, j'avais tout de même une petite réserve à découvrir un nouveau sport tandis que les vagues déferlaient sur la plage.

Heureusement, l'instructeur Guillaume Ruelland s'est vite montré rassurant. Selon les conditions de la journée, en tenant compte du vent et de la marée, le pire qui pouvait arriver était de dériver au fond de la baie.

«Au moins, on ne manquera pas de vent!» a soufflé le natif de Québec pendant qu'il préparait ma planche de gros volume - pour plus de stabilité - sur laquelle la voile utilisée était de taille réduite. Responsable de l'École de planche à voile de la Baie de Beauport, l'instructeur de 36 ans allait veiller à ce que cette première se fasse sans heurt.

En environ six heures de formation (150 $ par personne en tarif de groupe) réparties généralement sur deux ou trois jours, celui qui a roulé sa bosse du Venezuela à l'Espagne, en passant par la Grèce, pour vivre sa passion de la planche à voile assure que l'autonomie est possible. Assez en tout cas pour avoir les compétences qui permettront de louer du matériel à la baie de Beauport et de poursuivre la pratique.

Car la planche à voile est un sport qui prend un certain temps à maîtriser. Pas facile! Sauf que le défi supplémentaire que représente l'apprentissage de l'activité est aussi ce qui fait une partie de son charme. Avant de planer sur les flots, il faut le mériter!

Tant qu'il y a de l'espoir...

Mais pas besoin d'avoir plus de 30 ans de pratique - Ruelland a été initié par son père à l'âge de cinq ou six ans! - pour s'amuser. J'admets que j'étais un peu découragé quand les essais infructueux se sont multipliés au départ, vraie bataille avec les vagues et le vent. Sauf qu'encouragé par les succès de Charlotte et de Stéphanie, deux autres débutantes qui revenaient pour leur deuxième bloc de formation, je me suis convaincu qu'il y avait de l'espoir.

Pour leur retour à l'eau, les deux jeunes femmes ont en effet vite pris le large avec un contrôle que j'enviais. Elles étaient maintenant à pratiquer les essentiels changements de bord. Finalement, à la fin de ce premier après-midi à patauger dans les eaux de la baie, le métier commençait à rentrer. Le contrôle était encore un peu relatif, mais j'arrivais à faire avancer la planche et à prendre appui dans le vent.

Au-delà du style, il y a quelque chose de grisant à se livrer à la merci des flots avec seulement une planche à voile. Idem pour le kitesurf, qu'il me reste cependant à découvrir. Veste de flottaison et casque sur la tête, on se demande bien dans quelle galère on s'est embarqué pour se lancer de la sorte sur le fleuve.

Mais une fois les appréhensions maîtrisées, on se laisse flotter entre les chutes en appréciant cette chance unique de pouvoir vivre de telles aventures à proximité de la ville. Pendant ce temps, mon instructeur n'était jamais bien loin, scrutant l'horizon de la rive ou encore sur une planche, prêt à agir au besoin. Une présence rassurante, surtout quand Éole se montre généreux et nous complique un peu la vie.

Et pour une rare fois en plein air, comme l'a fait remarquer Ruelland entre deux conseils, les caprices de la météo ont peu d'impact sur notre plaisir. Vent, pluie... amenez-en!

À preuve, malgré la grisaille de la journée, la bonne humeur semblait généralisée sur la plage. Personne ne se souciait de l'humeur maussade de Dame Nature. Pourvu que le vent continue à souffler!

Québec, un terrain de jeu apprécié

Il n'y a pas à dire, la région de Québec est un endroit de choix quand vient le temps de pratiquer la planche à voile ou le kitesurf.

Les nombreux accès au fleuve sont autant de portes d'entrée pour les aventures nautiques et permettent de s'adapter facilement aux conditions de vents et de marées. La baie de Beauport, Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans et Saint-Michel-de-Bellechasse ne sont que quelques bons spots qui attirent les passionnés.

Pour l'instructeur Guillaume Ruelland, il n'y a pas de doute, «Québec est choyée». Organisés, les pratiquants de la région sont nombreux et ont formé l'Association des kitesurfers et véliplanchistes de Québec (www.akvq.ca). Un précieux point de rassemblement pour les passionnés.

L'AKVQ prépare d'ailleurs pour la fin de semaine du 25 août le Défi Vents et Marées à Sainte-Anne-de-Beaupré. Au programme : courses, stages et démonstrations. D'après Guillaume Ruelland, ça s'annonce spectaculaire. Tous les détails sur le site Web de l'AKVQ.

Cette aventure a été rendue possible grâce à la précieuse collaboration de Guillaume Ruelland et de l'École de planche à voile de la Baie de Beauport. Pour information sur les cours et la tarification : www.baiedebeauport.com ou 418 255-7621.

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