À l'école du kayak de mer

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Le moniteur de kayak de mer Patrice Boulay... (Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte)

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Le moniteur de kayak de mer Patrice Boulay fait une démonstration de récupération assistée avec une élève durant une formation niveau II (pratiquant) de la Fédération québécoise du canot et du kayak.

Photo collaboration spéciale Jean-Sébastien Massicotte

Jean-Sébastien Massicotte
Le Soleil

(Québec) Un oeil sur son chronomètre, Patrice Boulay observe attentivement la kayakiste qui tente de remonter à bord de son embarcation. À faible distance de la dame qui patauge dans l'eau froide, le moniteur suit les manoeuvres et s'assure de l'efficacité de celles-ci. C'est que l'exercice qui se déroule sous ses yeux se doit d'être bien maîtrisé et exécuté dans les meilleurs délais. Un jour, l'élève pourrait ainsi se sauver la vie.

Un dimanche ensoleillé. Nous sommes sur un plan d'eau de la Base de plein air de Sainte-Foy. Dans l'action avec un groupe de six élèves qu'encadre Patrice Boulay, j'assiste sur l'eau à la dernière portion de la formation qui mène à l'obtention du niveau II de pratiquant en kayak de mer.

Un retour dans le passé qui me ramène à mon propre parcours de kayakiste. Pendant que je regarde les élèves - cinq femmes et un homme, tous âgés de 50 ans et plus -, je ne peux qu'apprécier les efforts déployés par le groupe pour démontrer son savoir-faire sur l'eau. Pour être passé par là, je comprends très bien l'importance du moment pour ces passionnés, motivés à devenir de meilleurs pagayeurs.

Bien plus qu'un petit bout de papier délivré par la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK), le brevet est surtout prétexte à apprendre dans un contexte sécuritaire et encadré. D'ailleurs, l'obtention du niveau n'est jamais garantie car aucun échec n'est possible aux différents points au programme. Mais rien n'est perdu. Après un peu de pratique, une simple réévaluation est possible pour ceux qui le désirent. Certains du groupe devront d'ailleurs passer par là.

Avec patience et des démonstrations savamment découpées, Boulay, un moniteur FQCK accrédité depuis 2007, prodigue dans le plaisir trucs et conseils à ses élèves. Équipement, navigation, techniques de pagaie, sauvetage : le programme est dense. Au terme de cette formation de deux jours, offerte dans ce cas-ci par Chinook Aventure, les kayakistes doivent être en mesure de démontrer qu'ils sont prêts à partir seuls, pour une journée, au rythme des marées.

C'est ce qui a poussé Dominique, le gars du groupe, à suivre la formation. Le sportif d'origine française est là pour se donner les moyens de vivre en sécurité son rêve d'explorer en kayak les côtes de Madagascar, à son prochain retour dans l'île africaine. Après avoir été initié par des connaissances, il tenait à tester ses compétences. «C'est toujours difficile de savoir ce que ça vaut», me glisse-t-il entre deux éducatifs, au sujet de l'enseignement de ses premiers «profs».

Car c'est souvent la même chose. Difficile quand on est débutant de reconnaître la valeur des notions qui nous sont transmises par ceux qui ne sont pas formés pour enseigner l'activité. Ajoutez à cela la croyance encore trop fréquente que le kayak de mer est une activité «pépère» totalement sans risque, et l'on court à la catastrophe...

Heureusement, malgré les eaux froides que l'on trouve ici et la difficulté de certains grands plans d'eau, on dénombre peu d'accidents graves chaque saison. Mais il y en a. Le plus récent en lice est la noyade samedi dernier d'un septuagénaire de Québec qui s'est retrouvé à l'eau avec sa conjointe durant une excursion près de Fatima, aux Îles-de-la-Madeleine.

Demeuré dans les flots pendant que la dame nageait jusqu'au bord après que leur tandem se soit renversé sous l'effet d'une vague, l'homme n'a pu être réanimé une fois ramené sur la rive. Les deux portaient leur vêtement de flottaison.

S'il s'agit d'un triste rappel que l'activité n'est pas sans danger, je m'en voudrais d'être alarmiste. Car c'est vrai, les accidents arrivent... Mais ce constat fataliste n'est pas une raison pour ne pas suivre la meilleure formation possible. Ne serait-ce que pour se mettre en confiance et savoir que lorsqu'un pépin surviendra et que le temps pour réagir comptera réellement, on aura les ressources pour passer à l'action.

Prendre la bonne vague

Quand vient le temps de s'initier au kayak de mer, rares sont ceux qui pensent d'instinct à s'inscrire à un cours pour faire le niveau I (pratiquant) de la Fédération québécoise du canot et du kayak (FQCK). Même si l'on n'a jamais touché à une pagaie de notre vie, c'est pourtant l'une des meilleures façons de découvrir l'activité pour la première fois.

Patrice Boulay, moniteur niveau II, résume les trois façons habituelles de s'initier. D'abord, tout faire par soi-même. Louer un kayak et jouer à l'autodidacte. Une idée qui malheureusement n'est pas la meilleure malgré l'apparente simplicité de l'activité. Une bonne manière «pour se faire peur», insiste Boulay. Car tôt ou tard, le manque d'expérience et de technique aura le dessus sur le néophyte... qui risque de le demeurer longtemps s'il est mal encadré.

Autre possibilité, faire confiance à une entreprise en tourisme d'aventure le temps d'une initiation de quelques heures. Certainement une meilleure initiative, mais il est important de s'assurer du sérieux du service acheté. Les guides devraient, au Québec, être accrédités par la FQCK. Un minimum.

Si ce type de forfait permet de partir à l'aventure sous l'impulsion du moment pendant d'agréables vacances, reste que cette option n'offre pas la chance d'en apprendre beaucoup sur la pratique du kayak de mer. C'est la base pour être fonctionnel, rarement plus.

D'où l'intérêt de suivre dès le départ le premier niveau de pratiquant (la FQCK en propose cinq au total) avec un moniteur certifié. Le portrait de l'activité sera beaucoup plus détaillé que pour une simple initiation. «Et ça évite de prendre de mauvais plis», précise Patrice Boulay.

À noter, les niveaux de la FQCK sont désormais requis par certaines entreprises d'aventure en prévision de voyages guidés plus longs et plus engagés, comme sur le fjord du Saguenay par exemple. Une bonne façon d'équilibrer les groupes de vacanciers et surtout d'assurer un maximum de plaisir et de sécurité à tous.

Cette aventure a été rendue possible grâce à la précieuse collaboration de Chinook Aventure. Pour information : www.chinookaventure.com. Pour en savoir davantage sur les niveaux de la FQCK : www.canot-kayak.qc.ca

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