Un harfang des neiges à Hawaii

Après l'absence presque totale de harfangs des neiges... (Photo collaboration spéciale Jacques Samson)

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Après l'absence presque totale de harfangs des neiges l'hiver dernier, cette année, c'est l'explosion. On en retrouve même aussi loin que dans l'archipel d'Hawaii.

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Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, cet hiver, on a observé un harfang des neiges aussi loin que dans l'archipel d'Hawaii. Vraiment, ça dépasse l'imagination!

Ce magnifique oiseau, emblème aviaire du Québec, pousse généralement ses incursions dans le sud du Canada et dans le nord des États-Unis, mais cette année, il a repoussé les limites de son territoire jusqu'à Hawaii. D'autres harfangs ont été observés en Oklahoma, au Kansas et au Missouri. Ce sont des territoires qui sont très éloignés des zones qu'il occupe généralement durant l'hiver.

Cette présence de harfangs à Hawaii et en Oklahoma, c'est Gilles Gauthier, biologiste et chercheur à l'Université Laval, une sommité dans l'étude du Nord, qui l'a révélée au cours d'une entrevue accordée à Radio-Canada International. Rattaché au Centre d'études nordiques, il s'intéresse depuis plus de 20 ans à ce vaste territoire où résident harfangs et migrent grandes oies des neiges et une multitude d'oiseaux.

Les signalements au Kansas et au Missouri ont été faits par les organisateurs du Grand dénombrement des oiseaux de février qui se tient actuellement.

Une invasion

En réponse aux questions du journaliste Marc Montgomery, Gilles Gauthier a précisé que nous assistions cette année à une invasion d'une ampleur exceptionnelle des harfangs vers les régions du Sud, mais cette fois bien au-delà de leur habitat hivernal normal.

Il explique cette situation par l'abondance des lemmings en Arctique l'été dernier. Cette abondance est cyclique, elle se produit tous les trois à cinq ans et quand ça arrive, la population de harfangs explose aussi. Le harfang fait de ce petit rongeur son plat préféré.

La majeure partie des harfangs qui migrent vers nos régions sont des immatures. La plupart des adultes demeurent toute l'année dans leur territoire arctique.

En ce qui concerne le harfang observé à Hawaii, ça demeure et ça demeurera un mystère total.

Un oiseau de mer

Dans une communication faite au Journal of Avian Biology et que rapporte la dernière livraison de la revue Contact, un magazine qui s'adresse aux diplômés et aux partenaires de l'Université Laval, Gilles Gauthier, Joël Betty et François Therrien, tous trois chercheurs au Centre d'études nordiques, font une révélation étonnante sur les harfangs des neiges.

Cet oiseau reconnu comme un prédateur terrestre est aussi un prédateur marin, tout aussi redoutable que sur terre. Pendant les hivers 2008 et 2009, les chercheurs ont suivi neuf femelles harfangs auxquelles ils avaient mis des émetteurs, et ils sont arrivés à une étonnante conclusion.

Huit des femelles ont passé l'hiver en mer, à une distance de 40 à 210 km des côtes. Les chercheurs ont constaté que les harfangs fréquentaient des zones totalement libres de glaces où étaient rassemblées leurs proies. Ils se nourrissaient d'eiders à duvet, de hareldes kakawis et de guillemots. Les huit femelles ont séjourné de 8 à 88 % de leur temps en milieu marin.

Quand on observe les harfangs, on les retrouve... (Photo collaboration spéciale Jacques Samson) - image 2.0

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Quand on observe les harfangs, on les retrouve souvent perchés sur des poteaux dont ils se servent comme observatoires pour repérer leurs proies. Et quand ils l'ont attrapée, ils se posent généralement au sol pour la manger.

Photo collaboration spéciale Jacques Samson

Le Grand dénombrement

Pour la 15e année d'affilée, c'est le temps du Grand dénombrement des oiseaux de février (GDOF) à la grandeur de l'Amérique du Nord. L'événement a commencé vendredi et il se poursuit jusqu'au 20 inclusivement.

Cette année, les organisateurs estiment que l'activité pourrait offrir des observations étonnantes, tout ça à cause du temps plutôt clément sur certaines parties de l'Amérique du Nord.

Dans un communiqué annonçant le dénombrement de cette année, l'organisation pose beaucoup de questions. «Les mentions provenant des observateurs à l'échelle des É.-U. et du Canada permettront de répondre à des questions intéressantes au sujet des déplacements des oiseaux. Les oies migreront-elles précocement? Certaines espèces comme la buse pattue se dirigeront-elles vers le sud en plus grand nombre que d'habitude? Où verrons-nous les tarins des pins et les sizerins flammés? À quels endroits signalerons-nous cette fois la présence du hibou de Harry Potter?

Observation

«Depuis l'automne dernier, les observateurs sont éblouis par une véritable explosion de la population de harfangs des neiges. Ces jeunes quittent leurs contrées arctiques en quête de sources de nourriture et de territoires nouveaux, et un certain nombre s'aventure même aussi loin dans le Sud qu'au Kansas et au Missouri.»

On s'attend donc à ce que les observations de cette année apportent un éclairage et des réponses à toutes ces questions.

L'exercice n'est pas compliqué pour les participants. Il n'y a aucuns frais et aucune inscription à remplir. Tout ce qu'il faut faire, c'est observer les oiseaux durant 15 minutes dans une journée ou plus et transmettre vos observations à l'adresse suivante: www.birdcount.ca/francais. C'est d'ailleurs à cette adresse que vous découvrirez toutes les informations dont vous avez besoin pour participer.

Cet exercice peut être très amusant et devenir un loisir intéressant, mais il n'en demeure pas moins que les résultats sont d'une importance capitale pour les chercheurs. Et vous pouvez faire ça juste en surveillant vos mangeoires dans votre jardin.

Le Grand dénombrement des oiseaux de février est une initiative de The Cornell Lab of Ornithology, d'Audubon et d'Études d'oiseau Canada.

Si vous participez au Grand dénombrement des oiseaux... (Photo Denis Potvin) - image 3.0

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Si vous participez au Grand dénombrement des oiseaux de février, vous aurez peut-être l'occasion d'observer des oiseaux aux allures particulières comme ce jaseur boréal, qui est atteint de leucisme.

Photo Denis Potvin

Un jaseur leucique

Une étonnante observation pour Denis Potvin, du secteur Sainte-Thérèse de l'arrondissement de Beauport.

Parmi les 80 jaseurs qui visaient un de ses arbres fruitiers, il y en avait un aux allures plutôt bizarres. C'est un jaseur atteint de leucisme, cette maladie qui fait que l'oiseau a une aberration du plumage.

On confond souvent cette maladie avec l'albinisme, mais pour qu'un oiseau soit albinos, il faut que tout son plumage soit blanc et ses yeux soient rouges. Dans le cas du leucisme, il a certaines parties blanches, mais les autres sont colorées.

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