Les ailes de canard à l'examen

Cette aile de sarcelle d'hiver sera examinée minutieusement.... (Collaboration spéciale, Jacques Samson)

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Cette aile de sarcelle d'hiver sera examinée minutieusement.

Collaboration spéciale, Jacques Samson

Jacques Samson, collaboration spéciale
Le Soleil

­Dans le jargon «scientifique» du Service canadien de la faune (SCF), on appelle l'activité le Wing Bee, mais en français, pour le commun des mortels, c'est Le grand battement d'ailes pour la conservation des oiseaux migrateurs, un atelier national annuel qui se tient tous les cinq ans au Québec.

Cette année, l'activité se tenait à Cap-Tourmente du 25 au 28 janvier. Une vingtaine de scientifiques du SCF, accompagnés de bénévoles, ont analysé une quinzaine de milliers d'ailes de canards de toutes sortes pour en déterminer le sexe et l'âge. Cette corvée annuelle qui existe depuis 1961 permet de vérifier l'état des populations de sauvagines et éventuellement peut dicter des politiques de protection à leur endroit.

Le Wing Bee se tient en complicité avec les chasseurs des 10 provinces canadiennes et des territoires.

Tous ceux qui chassent la sauvagine au pays sont admissibles à un tirage au sort qui se fait parmi les acheteurs de permis. S'ils sont sélectionnés, ils s'engagent à fournir au Service canadien de la faune une aile de chaque canard abattu et la queue des grandes oies des neiges et des bernaches du Canada.

Le SCF fournit à chacun des enveloppes qui lui serviront à acheminer ses ailes dans quatre dépôts au Canada : Québec, Sackville au Nouveau-Brunswick, London en Ontario et Saskatoon dans l'Ouest.

Dans ces centres, les ailes et les queues sont conservées dans des congélateurs et, une fois l'an, les gens se réunissent pour les examiner.

À l'occasion du Wing Bee, biologistes de tout le territoire canadien et bénévoles se partagent la tâche. Ils sont trois, quatre ou cinq autour d'une même table et chacun examine soigneusement les ailes. Au bout de la table, il y a toujours un expert qui est là pour faire les vérifications finales et détermine l'exactitude de l'examen.

C'est par la grosseur de l'aile qu'on arrive à trouver le sexe de l'oiseau. Les ailes les plus grosses appartiennent aux mâles et les plus petites aux femelles. Quant à l'âge, c'est l'usure des plumes qui sert à le déterminer.

Les résultats de cette activité scientifique sont de grande importance, comme le souligne le responsable à Québec, le biologiste Pierre Brousseau du SCF. À titre d'exemple, supposons que, durant plusieurs années d'affilée, on se rend compte que les oiseaux abattus sont tous ou presque des adultes. Cela pourrait signifier que la reproduction est menacée. À ce moment, il pourrait y avoir une recommandation au gouvernement de réduire la pression de chasse pour que les choses se rétablissent.

Autre recensement

Outre la cueillette d'ailes de sauvagines, les chasseurs sont aussi impliqués dans un autre recensement. Ils sont appelés par le Service canadien de la faune à révéler leurs habitudes de chasse. Où chassent-ils? À quelle heure du jour? Avec quelles armes? Et tout ce qui concerne la chasse à la sauvagine.

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