Les bernaches du Canada sont devenues tellement nombreuses qu'elles ont éradiqué certaines plantes, modifiant ainsi de façon catastrophique leur habitat. En réaction, la nature s'est transformée et, maintenant, crustacés, insectes, vers, oiseaux et mêmes saumons en souffrent énormément.
Ce phénomène n'est pas unique à la bernache du Canada. On le retrouve chez d'autres espèces qui habitent la planète. Pensons aux grandes oies des neiges, dont la population a littéralement explosé malgré toutes les formes de contrôle imaginées et qui détruisent petit à petit leurs sources d'alimentation traditionnelles. Le long du Saint-Laurent, il y a des endroits où le scirpe, cette plante de prédilection pour les oies, a presque totalement disparu.
La grande oie des neiges a modifié ses habitudes alimentaires en envahissant maintenant les champs de culture comme le maïs, causant un tort irréparable à l'agriculture.
On pourrait aussi citer comme autre exemple le cerf de Virginie, tellement abondant sur l'île d'Anticosti qu'il arrive de plus en plus difficilement à trouver sa pitance. Les cerfs grugent littéralement la forêt anticostienne, de telle sorte qu'on a dû construire ce qu'on appelle là-bas des exclos pour contenir les cerfs en dehors des zones protégées et donner une chance à la nature de se régénérer.
Revenons à nos bernaches. En plus de détruire leur habitat, ces grands oiseaux envahissent les parcs, les terrains de golf, les propriétés privées et y laissent des fientes en quantité industrielle. Ce qu'on considérait comme de belles petites bernaches il n'y a pas si longtemps est devenu l'ennemi public numéro un.
On parle pour le moment d'abattre environ 15 000 bernaches, mais le nombre pourrait atteindre des proportions gigantesques. Cet abattage ne concerne qu'un petit secteur de l'île de Vancouver, mais le problème se répercute à la grandeur du territoire.
Il n'y a pas si longtemps, les bernaches ont été l'objet d'un véritable carnage aux États-Unis, une situation qui a soulevé tout un tollé. La même chose se dessine ici au Canada. Des milliers de défenseurs des animaux se manifestent quotidiennement et les propos sont souvent violents. Pour ne citer qu'une seule intervention, disons qu'une dame suggère plutôt d'éradiquer les humains qui, pendant des dizaines et des dizaines d'années, ont pollué les rivières en y déversant leurs égouts.
C'est un débat qui soulève grandement les passions. Il y a d'un côté les scientifiques qui cherchent à rétablir un équilibre dans la nature, et de l'autre tous ces gens qui refusent catégoriquement qu'on touche une seule plume d'un oiseau.
Que faire? Laisser aller les bernaches dans leur oeuvre destructrice et voir ainsi disparaître de nombreuses espèces tributaires de cette chaîne alimentaire, ou freiner le processus en les condamnant à mort?
Difficile de trouver un juste milieu dans tout ça.
La planète des eiders
Vous avez vu le reportage intitulé La planète des eiders dans le cadre de La semaine verte à l'antenne de Radio-Canada en septembre dernier? Alors sachez que cette émission a été sélectionnée par un jury avec 33 autres films au prestigieux Festival des oiseaux et de la nature qui se tiendra à Abbeville, en France, du 16 au 25 avril. Il y a eu 160 films soumis et 33 ont été retenus pour la grande finale.
La planète des eiders est une réalisation et une animation de Jean-Robert Faucher, en poste à Radio-Canada à Québec. Ce reportage faisait suite à un autre, intitulé Le gardien de l'Île-aux-Pommes, diffusé lors de la même émission quelques mois auparavant.
L'Île-aux-Pommes, au large de Trois-Pistoles, est une réserve en milieu privée où, bon an, mal an, plus de 2000 eiders à duvet nichent.
Tohi à flancs roux
La semaine dernière, je vous parlais d'un tohi à flancs roux observé et photographié à Neufchâtel par Claire Lacombe. Selon Gérard Cyr, du Club des ornithologues de Québec (COQ), c'est la seule mention faite dans la région actuellement.
Si on pousse plus loin, à Baie-Saint-Paul, un autre tohi à flancs roux a été observé.
L'oiseau vient tous les jours dans la cour des parents de Gilles Fortin et il s'alimente de miettes de pain que sa mère donne aux oiseaux.
«Il ne semble pas très farouche, et il semble être le seul tohi dans le coin. Nous le voyons toujours sortir et se tenir près du même cèdre, et il mange principalement au sol», raconte M. Fortin.