Dans une infolettre que les dirigeants du nouvel Atlas adressent à ceux qu'ils appellent les atlasseurs et à tous ceux que le projet intéresse, on souligne pour cette première année de cinq qu'on a connu une participation hors du commun.
Plus de 1191 personnes se sont inscrites comme participants à la cueillette des données, et elles ont consacré 15 600 heures à arpenter le terrain. Pratiquement en fin d'année, ils ont rapporté 78 000 mentions provenant de 1612 parcelles d'inventaire. Cela concerne précisément 255 espèces d'oiseaux.
Ces chiffres impressionnants, c'est une chose, mais il y a aussi des découvertes importantes qui ont été faites tout au long de 2010.
La première, celle que les dirigeants de l'Atlas considèrent comme majeure, et ce, à juste titre, c'est la présence de nidification d'un couple de cygnes trompettes à Joutel, en Abitibi. Cette présence de deux adultes et de deux rejetons est la première preuve de nidification de cette espèce au Québec. C'est François Doyon, un biologiste à l'emploi de la compagnie minière Agnico-Eagle Limited, qui a observé le quatuor les 29 juillet, 11 août et 14 septembre. Un des adultes était marqué.
Une autre mention attire l'attention et a de quoi réjouir les ornithologues. Un couple de pies-grièches migratrices a niché à Quyon, en Outaouais. C'est une première au Québec en 15 ans. C'est Jeffrey H. Skevington qui a fait l'observation et, plus tard, d'autres ornithologues ont aperçu trois petits. Un des deux adultes était bagué et, grâce à la lecture de cette bague, on sait qu'il avait été élevé en captivité et relâché dans la nature en 2009, à Carden, en Ontario.
En Chaudière-Appalaches, à Saint-Just-de-Bretenières, Mario et Robin Gingras ont observé un couple de chouettes épervières au printemps.
C'est une des rares nidifications signalées au sud du Saint-Laurent et c'est la preuve de nidification la plus méridionale à être constatée. Il y a eu trois rejetons dans cette nichée.
Il y a une multitude d'autres faits saillants dans les observations faites au cours de l'année qui s'achève, mais je n'en retiens qu'une dernière : celle de la nidification d'un couple de pygargues à tête blanche à proximité du centre-ville de Montréal, à l'île aux Hérons.
C'est Pierre Bannon qui a fait cette découverte. Le couple nichait dans le vieux nid de grands hérons parmi plusieurs autres couples de cette espèce. Un beau jour, un des pygargues a disparu et la nichée a été abandonnée, mais on a la certitude qu'un ou des oeufs ont été couvés durant une certaine période.
Pour les autres mentions intéressantes, je compte y revenir au cours des prochaines semaines.
Tableau d'honneur
Et pour compléter le tour d'horizon de cette gigantesque recherche, les responsables de l'Atlas ont établi un tableau d'honneur qui regroupe les plus actifs recenseurs.
Don-Jean Léandri-Breton est de très loin celui qui a passé le plus grand nombre d'heures sur le terrain. Avec ses 821 heures, il est très loin de son plus proche rival, Marcel Gauthier, qui en a passé 382. Malgré toutes ces heures consacrées à l'observation des espèces du Québec, avec ses 1154 mentions il ne détient pas le record de cette catégorie. C'est Mario Beaulieu qui mène dans le domaine, avec 2277.
Si jamais vous voulez en savoir plus sur tout ce grand projet, vous pouvez aller sur le site de l'Atlas au www.atlas-oiseaux.qc.ca ou vous pouvez téléphoner au 1 877 785-2772. Vous pouvez aussi envoyer un courriel aux responsables du projet à info@atlas-oiseaux.qc.ca. Si vous préférez la poste, voici l'adresse :
Atlas des oiseaux nicheurs du Québec, 1141, route de l'Église, Québec (Québec), G1V 3W5.