Mme Dallaire s'est demandé si le fait de ne pas avoir encore enlevé ses abreuvoirs à colibris, si tard dans la saison, avait mené un de ceux-ci à retarder son départ. Pour calmer son inquiétude, elle a alors consulté des ornithologues de son coin, qui lui ont posé quelques questions sur la présence tardive de l'oiseau.
Pour cette dame qui aime les oiseaux, il s'agissait d'un colibri comme les autres, sans plus. Trois ornithologues se sont amenés chez elle armés de leurs jumelles et ils ont vite constaté qu'il ne s'agissait pas d'un colibri ordinaire, à gorge rubis, mais bien d'un magnifique mâle colibri d'Anna, un oiseau qui vit habituellement à des milliers de kilomètres de la Gaspésie.
L'oiseau était encore là, le 12 décembre, au moment où j'écrivais cette chronique, et la température de - 10 °C qu'il faisait ne semblait nullement l'incommoder.
Les colibris se nourrissent essentiellement d'insectes et de nectar. Mais les insectes, à ce temps-ci de l'année, ne courent pas les rues. Quant au nectar, pour ne pas qu'il gèle, les ornithologues consultés par Lorraine Dallaire ont fabriqué un abri de deux pieds cubes avec des boîtes et une isolation avec des panneaux en mousse de polystyrène. Ils ont également ajouté une lumière au plafond pour garder un peu de chaleur autour de l'abreuvoir.
Quand le thermomètre descend trop bas, ça a tendance à geler quand même. On a fait l'essai de câbles chauffants, mais cela donne beaucoup trop de chaleur. On cherche toujours un truc pour que ça ne gèle pas quand il fera - 15 °C ou - 20 °C.
Actuellement, Coli'Ann est nourri avec un mélange fourni par le Biodôme. On dilue une poudre dans de l'eau et notre oiseau en ingurgite 100 ml aux trois jours. Il se montre le bout du bec le matin, dès le lever du jour, et il disparaît autour de 15h. Pendant tout ce temps, il va et vient entre les arbres qui sont sur la propriété de Mme Dallaire et l'abreuvoir.
Quelqu'un a suggéré à la dame de le capturer et de le remettre en liberté au printemps. Mme Dallaire n'est pas très chaude à cette idée car elle craint que cela rende l'oiseau vulnérable au moment de sa remise en liberté.
Lorraine Dallaire n'est pas une ornithologue qui fait de longs parcours pour observer les oiseaux. Elle préfère les attirer chez elle en installant des mangeoires et des nichoirs à hirondelles durant la saison de nidification.
Colibri d'Anna
Le colibri d'Anna est un oiseau qui fait à peine 10 centimètres de longueur et son envergure d'ailes ne dépasse pas 13 centimètres. Son poids moyen se situe autour de 4,3 grammes.
Il vit essentiellement sur la côte du Pacifique de l'Amérique du Nord. On le retrouve du sud de la Californie jusqu'en Alaska.
D'après mes informations, c'est la première fois qu'un tel oiseau est observé en Gaspésie.
Remerciements
D'abord, un gros merci à Paulette Bélanger de m'avoir mis sur la piste de Coli'Ann et à Albini Couture de m'avoir fourni une magnifique photo de notre oiseau rare.