J'essaye de répondre rapidement à toutes ces demandes, mais il y a des fois où je suis absent durant deux ou trois jours et alors je ne prends pas nécessairement mes courriels. Et, quand j'arrive, il est souvent trop tard.
D'abord, je dois vous dire que les seuls oiseaux qui sont l'objet d'attention quand ils sont blessés, ce sont les rapaces. Il n'existe malheureusement pas de services pour les autres.
Si vous trouvez une oie, une bernache, un pigeon ou autres, ça ne sert à rien de faire des démarches pour le faire soigner, ce n'est pas un rapace.
Pour les rapaces (oiseaux de proie), dans la région de Québec, il y a des hôpitaux vétérinaires qui s'en chargent. Je vous en nomme deux dans la région de Québec : l'Hôpital vétérinaire Daubigny, 3349, boul. Hamel, 418 872-5355, et l'Hôpital vétérinaire Lesage, Robin Tousignant, 9794, boul. de l'Ormière, 418 840-0444.
Quand vous trouvez ce genre d'oiseaux, vous communiquez avec la clinique de votre choix, vous leur apportez l'oiseau blessé et eux se chargent du reste. Après l'avoir stabilisé, ils le dirigeront vers la Clinique des oiseaux de proie de Saint-Hyacinthe où il sera traité et remis en liberté si sa condition le permet. S'il ne peut être remis dans la nature, il pourrait devenir un oiseau de démonstration pour l'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP). Tout ça se fait gratuitement.
Par contre, si vous recueillez un oiseau ordinaire blessé, ça ne s'applique plus. Dans un récent courriel, la Dre Marie-Pierre Rainville, chez Lesage Robin Tousignant, m'explique que leur clinique est parfaitement bien équipée pour soigner les oiseaux domestiques de ses clients, mais on n'étend pas aux autres espèces le service qui s'applique aux oiseaux de proie.
Vous avez le choix de leur apporter l'oiseau, mais il vous faudra débourser les frais encourus comme si c'était un oiseau domestique. La règle est claire, il est donc inutile d'enguirlander la téléphoniste, elle ne fait qu'appliquer les règles. Pour un rapace, il en va de soi, c'est gratuit; pour les autres, si vous voulez absolument le faire traiter, ce sera donc à vos frais.
Souvent, on s'attriste de voir un oiseau blessé, mais la nature, c'est la nature et sa loi est implacable!
Changements climatiques? Oh, que oui!
Les changements climatiques, on a souvent beau faire semblant de ne pas y croire, mais si on regarde le moindrement ce qui se passe dans le mouvement migratoire des oiseaux, force est d'admettre qu'ils sont bel et bien là et que la planète est sérieusement menacée.
Oh surprise! Le 19 novembre, étaient découverts dans l'Altaï, région du sud de la Sibérie, six pélicans roses (Rufescens pelecanus) comme on les appelle en Europe - ce seraient plutôt des pélicans gris, comme leur nom latin l'indique. Peu importe, ils étaient dans un endroit où on ne les avait jamais vus à cette période de l'année.
Ces pélicans migrent généralement vers l'Afrique, mais cette fois, à cause du temps chaud, ils ont été désorientés et se sont retrouvés en Russie, bien loin de leur territoire d'hiver.
Cette nouvelle publiée la semaine dernière sur le site Internet Nouvelobs.com raconte que les oiseaux ont été recueillis par des paysans du petit village de Souslovo.
D'après le reportage, à leur arrivée, les oiseaux étaient complètement épuisés, "ils ne tenaient plus sur leurs pattes". On leur a donné du poisson, ce qui leur a permis de retrouver leurs forces, mais ils demeuraient tout de même vulnérables au temps froid qui afflige cette région durant la saison hivernale. Ils ont été pris en charge par les autorités du zoo local.
Selon les experts, les pélicans viennent à l'occasion en été seulement dans le delta de la Volga sur la mer Caspienne, mais ce sont des oiseaux qui, à l'automne, se dirigent vers le nord de l'Afrique.
Il semblerait donc qu'à cause des anomalies climatiques - une masse d'air chaud qui venait de l'Asie centrale - , les oiseaux ont pris la direction de la Sibérie plutôt que celle de l'Afrique.
Et des phénomènes comme ça, on n'a pas fini d'en voir. Les aires de nidification des oiseaux, leurs aires de retraite en hiver, sont considérablement bouleversées. Il y a des oiseaux qui migrent jusqu'à 200 ou 300 km plus loin que leurs aires habituelles, ce qui contribue à un déséquilibre incroyable.
Quand une espèce arrive dans un territoire qui n'est pas le sien, c'est souvent au détriment des espèces qui sont déjà là. Rappelons-nous juste l'introduction de certaines espèces dans nos régions (étourneaux et moineaux) qui ont pratiquement fait disparaître le merlebleu de l'Est.