Eh bien, il y a en effet quelqu'un, Raymond Julien, un homme qui s'intéresse aux pigeons depuis plus de 55 ans, qui me fait part de sa théorie sur notre ami Tag.
D'abord, je vous rappelle l'hypothèse des gens de la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) qui ont observé Tag dès qu'il a mis les pattes dans l'île. À cause de la situation géographique d'Anticosti, au beau milieu du golfe du Saint-Laurent, relativement loin des côtes, on a supposé que Tag n'était pas arrivé par la voie des airs. On a plutôt pensé qu'il avait profité de la barge qui transporte régulièrement du bois de l'île vers Cacouna.
Après plusieurs jours autour de l'auberge de Port-Menier, Tag a finalement disparu et, à ce moment, on a supposé qu'il avait été victime d'un renard. Voilà pour la première version.
Celle de Raymond Julien est complètement différente, mais elle se tient du commencement à la fin.
Voici ce qu'il me raconte dans un courriel : «Je suis un amateur de pigeons depuis 55 ans. Pendant de nombreuses années, j'ai participé à des courses de pigeons voyageurs. Je suis donc à même de vous expliquer ce qui s'est passé dans le cas de ce pigeon voyageur qui s'est retrouvé sur l'île d'Anticosti.
«Il a participé à une course, la deuxième bague qu'il porte l'indique bien. C'est une bague de course. Il s'est perdu, probablement à cause d'une mauvaise température en cours de route. Cela arrive de temps en temps. Il devait venir de l'Est, car il ne peut pas avoir traversé l'océan. Comme il était très fatigué et qu'il se voyait au bout d'une route sans issue (vers l'est), il est resté sur l'île pour se reposer, manger et boire, refaire ses forces en un mot et dès qu'il s'est senti capable de retourner chez lui, c'est ce qu'il a fait. Si on avait le numéro complet de la bague, il me serait très facile d'obtenir le nom de l'éleveur et de lui faire confirmer le retour de son pigeon. J'ai présentement en main une bague officielle de pigeon voyageur. Elle indique CU CPVQ 7019 97 [CU pour Canadian Racing Pigeon Union (www.canadianracingpigeonunion.com), CPVQ pour Club de pigeon voyageur de Québec, 7019 pour le numéro qui l'identifie toute sa vie, et 97 pour l'année de sa naissance].
«Cela m'est arrivé à plusieurs occasions. Un pigeon perdu s'est retrouvé maintes fois à plusieurs centaines de kilomètres de chez moi, de son pigeonnier. La plupart du temps, il suit d'autres pigeons voyageurs et entre dans un autre pigeonnier pour manger et refaire ses forces. L'amateur consciencieux fait alors quelques recherches et trouve le propriétaire pour l'en avertir. On lui demande alors de garder le pigeon enfermé pour environ une semaine et de le libérer un matin ensoleillé. Souvent, dans la même journée, le pigeon est revenu à son pigeonnier.
«Si vous désirez plus de renseignements, n'hésitez pas à me contacter.»
C'est donc là l'hypothèse de Raymond Julien.
Après avoir lu ce courriel, j'ai contacté M. Julien et je lui ai fait parvenir la photo de Tag prise par Jean-Marie Denis, un employé de la compagnie de Produits forestiers Anticosti (PFA). La photo a une excellente résolution et on peut l'agrandir suffisamment pour lire au moins en partie les numéros sur la bague que le pigeon porte à la patte droite. Il y a d'abord clairement les chiffres 2007 et aussi 70 et peut-être aussi le chiffre 3, ce qui ferait 703.
Après mon téléphone, M. Julien n'a pas perdu de temps et j'ai reçu copie de deux courriels qu'il a fait parvenir d'abord au Canadian Racing Pigeon Union (CRPU) et ensuite à un membre du Club de pigeon voyageur de Québec. Chacun de ces organismes a maintenant la photo de Tag en main. Peut-être pourrons-nous en apprendre un peu plus sur ce mystérieux visiteur de l'île d'Anticosti?
C'est à suivre.
Astucieux goéland
Quand j'étais à l'île Nu, dans l'archipel de Mingan, je me suis amusé à photographier un goéland qui, après avoir plongé dans la mer, en est ressorti avec un oursin dans le bec. Le goéland s'est alors dirigé vers les rochers et du haut des airs a laissé tombé son oursin, qui s'est fracassé sur les rochers. Après, il s'est posé et a dégusté son repas.
Le goéland n'a pas le bec assez puissant pour briser la carapace d'un oursin. Il se sert donc du rocher pour la casser pour ensuite manger ce qu'il trouve à l'intérieur.