On reconnaît les chaussures signées John Fluevog au premier coup d'oeil. Talons bobines sculptés qui ont fait sa signature, plateformes vertigineuses et design aristocratique qualifient ses créations les plus excentriques. Mais le designer basé à Vancouver dessine aussi, et surtout, des chaussures de tous les jours, confortables et conçues pour marcher pendant plusieurs années. Voilà justement le premier ingrédient.
«Pour chaque collection, je revisite les classiques, je propose des styles plus audacieux, mais aussi des indémodables. C'est un mélange de tout ça qui fait l'équilibre», dit-il dans la langue de Shakespeare.
Une signature distincte
Il fuit aussi les modes éphémères. Et ce, même s'il admet toutefois suivre certains courants, comme la chaussure à plateforme si populaire cette année ou encore celle à bout pointu, qui amorce un retour parmi les tendances. «Mais je fais ces styles depuis plusieurs années, bien avant qu'ils soient à la mode», se défend-il.
Designer indépendant, John Fluevog réclame aussi la liberté de créer les styles qui lui plaisent, et ce, même s'il s'attire parfois de mauvaises critiques. Il y a quelques années, l'une de ses créations avait même reçu le titre de la chaussure la plus laide selon un magazine de mode. Ce qui n'a pas découragé le créateur pour autant. «Mes chaussures ne font pas l'unanimité et je suis bien à l'aise avec ça. Je ne crée pas pour copier les autres, ni pour plaire à tout le monde», affirme-t-il.
Un marché en émergence à Québec
Portées sur la scène par plusieurs personnalités, dont Madonna, Cyndi Lauper et même les Scissor Sisters, les créations de John Fluevog défilent d'abord et avant tout dans la rue. «Ce sont les gens comme vous et moi, des hommes et des femmes de tous les âges, qui achètent mes chaussures», insiste-t-il, ajoutant du même souffle que la clientèle québécoise est «ouverte aux nouveautés et friande de styles distincts».
Dans sa prochaine collection, il fait d'ailleurs un clin d'oeil à la culture québécoise, qu'il avoue encore mal connaître, en ajoutant une fleur de lys brodée sur une botte haute féminine. «J'ai ouvert une boutique à Québec par coup de coeur pour la culture. Je suis un artiste, pas un gestionnaire», soutient ce passionné d'histoire et d'architecture, qui découvrait la ville de Québec pour la première fois.
Retour aux sources pour l'automne
Hormis la botte portant l'effigie québécoise, c'est surtout l'Ouest qui a inspiré la prochaine collection du créateur. L'Ouest nord-américain, plus précisément, avec des notes western, des cuirs bruts vieillis, des lacets faussement usés et quelques modèles plus théâtraux tout droit sortis des cabarets.
«Après un printemps aux couleurs sorbet, on revient à des styles plus sobres, à des couleurs neutres et à des cuirs classiques», dit celui qui cherche constamment à se renouveler.
Mais, au bout du compte, les clients fidèles, appelés les «Fluevoggers», reconnaîtront encore la signature de la marque canadienne et ce style qui fait sa personnalité.