Affichant complet, le défilé initialement prévu dans une plus petite salle a été déplacé dans la salle de bal, vu la réponse en grand nombre des clientes. Parmi elles (et aussi quelques hommes), plusieurs duos mères et filles ont assisté à la soirée, signe que la designer plaît à plusieurs générations. «En 25 ans, j'ai ajusté mes coupes et modernisé mes créations», a confié la créatrice en entrevue. «Mais les clientes ont aussi changé. Elles restent jeunes plus longtemps, autant dans leur style vestimentaire que dans leur vie en général.»
Un parcours unique
Il y a 25 ans, Marie Dooley signait sa première collection. Quelques années plus tard, en 1993, elle ouvrait sa boutique de prêt-à-porter sur le boulevard René-Lévesque et, en 1997, l'agrandissait avec Le Salon, réservé aux tenues de soirée.
Rencontrée quelques jours avant son défilé, dans sa boutique signature, elle semblait à la fois surprise et satisfaite d'avoir franchi le cap du quart de siècle. «Je n'ai pas étudié en design de mode, ni en comptabilité. Mais, petit à petit, j'ai avancé et j'ai présenté une collection, puis une autre. La clientèle s'est agrandie et j'ai pris confiance en mes capacités», relate-t-elle, toute souriante.
Et c'est d'ailleurs avec un large sourire qu'elle préparait son défilé, dans une atmosphère détendue. «Avec les années, on devient plus calme et serein. Ma collection printemps-été est prête depuis un moment et j'ai fait appel à trois mannequins d'expérience pour la mettre en valeur.»
En fait, contrairement à d'autres couturiers, Marie Dooley a opté pour une présentation sobre en réduisant à trois le nombre de ses mannequins et, surtout, en les choisissant plus âgées. Les trois ont plus de 30 ans. «Il faut une certaine maturité pour endosser ma collection. Ces trois femmes sont élégantes et représentent bien ma clientèle», explique-t-elle simplement.
Une collection comme les autres
Si elle a d'abord jonglé avec l'idée de présenter une collection rétrospective pour ses 25 ans, elle a plutôt décidé de «faire comme à l'habitude» en présentant son interprétation des tendances du printemps.
«Après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion que 25 ans est une période trop courte dans la mode. Certains de mes vêtements, comme les petits tailleurs, sont revisités chaque année. On ne refait pas la mode en si peu de temps», constate-t-elle.
Les habituées ont tout de même pu remarquer le retour de certains classiques. La designer a notamment mis de côté le cardigan fluide pour mieux renouer avec le veston. En version blazer ou tailleur. «On revient avec des formes plus structurées», estime-t-elle.
Les invités au défilé ont également aperçu des hauts rétros à basques, des robes à rayures géométriques et de longues robes de soirée. Enfin, à l'image des grands créateurs français, la designer a dessiné pour la finale une robe de mariée directement inspirée de sa création exclusive pour le Musée national des beaux-arts du Québec.