Les ronfleurs s'entendent-ils?

Selon le Dr Charles Morin, «habituellement, on ronfle quand... (123RF/Cathy Yeulet)

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Selon le Dr Charles Morin, «habituellement, on ronfle quand on se trouve dans un stade de sommeil assez profond, où on est plus difficile à réveiller», ce qui expliquerait pourquoi les ronfleurs ne se font pas réveiller par leur propre vacarme.

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(Québec) CHRONIQUE / «J'ai une question toute simple, mais à laquelle je n'ai jamais trouvé de réponse. Mon mari souffre d'insomnie et se réveille au moindre bruit. Pourtant, le bruit assourdissant de ses ronflements ne le réveille pas. Comment le cerveau fait-il la différence?» demande Sylvie Goulet, de Québec.

«Il est assez rare que les ronfleurs se plaignent de leurs propres ronflements», confirme d'emblée le spécialiste du sommeil de l'Université Laval Charles Morin. Typiquement, les dormeurs passent tous par un premier stade de sommeil, très léger et qui dure autour de 10 minutes, où la simple mention de son nom suffit à s'éveiller. Vient ensuite le stade 2, qui est une transition vers le sommeil le plus profond (les stades 3 et 4), pendant laquelle il devient beaucoup plus difficile de tirer quelqu'un de son sommeil.

Il peut arriver, dit le Dr Morin, qu'une personne s'entende elle-même ronfler quand l'épisode survient lors des phases les plus légères du sommeil. C'est possible. «Mais habituellement, on ronfle quand on se trouve dans un stade de sommeil assez profond, où on est plus difficile à réveiller», précise-t-il.

Une étude publiée l'année dernière a comparé les épisodes de respiration bruyante (20 décibels et plus) et les ronflements (plus de 50 dB) de 78 personnes faisant de l'apnée du sommeil et de 43 autres sujets n'ayant pas ce diagnostic. Les auteurs, menés par Ariel Tarasiuk de l'Université Ben-Gurion, en Israël, ont trouvé plus de ronflements pendant les stades de sommeil profond (14 % des respirations étaient des ronflements chez les femmes, et 16 % chez les hommes) que pendant le stade 2 (9 et 13 %). Chez les patients qui faisaient de l'apnée du sommeil, les valeurs étaient plus élevées - autour de 25 % des respirations qui étaient des ronflements pendant les stades 3 et 4! -, mais la tendance était la même.

Bref, même s'il est possible de ronfler dans toutes les phases du sommeil, c'est plus souvent pendant le sommeil profond, toutes proportions gardées, que cela arrive. Et une bonne partie de la réponse à notre lectrice tient simplement à cela: si les ronfleurs semblent pour la plupart totalement inaffectés par leur propre vacarme, c'est parce qu'ils ronflent surtout pendant des phases du sommeil dont il est difficile de s'extirper.

L'autre partie de l'équation réside possiblement chez les gens qui doivent dormir avec un ronfleur. Car les stades du sommeil sont les mêmes chez tout le monde et devraient donc, en principe, protéger notre lectrice au même titre que son conjoint. Alors pourquoi n'est-ce pas le cas? On peut penser que ses cycles du sommeil ne sont pas toujours bien synchronisés avec ceux de son mari. Mais «il y a aussi des gens qui sont plus vulnérables à faire de l'insomnie. Il y a chez ces personnes-là une hypervigilance, leur cerveau va continuer de traiter de l'information, dont les bruits de ronflement, même pendant le sommeil», explique M. Morin. C'est une autre possibilité.

Cela dit, cependant, il est aussi possible qu'il y ait autre chose. Il est évidemment hors de question de poser un diagnostic dans cette rubrique, puisque le Dr Morin n'a pas vu le ronfleur en question et que l'auteur de ces lignes n'est absolument pas qualifié pour ce genre de chose, mais le fait est que les guides diagnostics font généralement la distinction entre le «ronflement primaire», sans grande conséquence sur la santé, et les ronflements causés par des problèmes de respiration, comme l'apnée du sommeil. Le premier type ne s'accompagne généralement pas d'insomnie, mais c'est le cas du ronfleur dont on parle ici, nous dit notre lectrice. Il pourrait valoir la peine de consulter pour tirer cela au clair...

Autre source: Asaf Levartovsky et al. «Breathing and Snoring Sound Characteristics during Sleep in Adults», Journal of Clinical Sleep Medicine, 2016, goo.gl/K3bm3Z

***

Que se passe-t-il avec les corneilles?

«Que se passe-t-il avec les corneilles cette année? Je demeure sur le plateau de Sainte-Foy et il me semble que c'est la première fois que je vois les corneilles en volées de plus d'une centaine se percher sur les arbres du voisinage au coucher du soleil principalement, parfois le matin. Si toutes les corneilles décident de s'accoupler sur le plateau, on va avoir tout un concert cet été», nous écrivait Guy Carrier, de Sainte-Foy, au mois de mars dernier.

De telles volées de corneilles peuvent certainement être impressionnantes, mais il n'y a heureusement pas lieu de s'inquiéter pour la quiétude du plateau de Sainte-Foy cet été : «Ce n'est pas anormal, c'est typique de ce qu'on appelle le groupe des oiseaux noirs, donc les corneilles, les carouges, les étourneaux. Ce sont des oiseaux qui, en hiver, vont avoir ce qu'on appelle des dortoirs. Donc ils vont se regrouper pour dormir pendant la nuit», dit le chercheur en ornithologie de l'Université Laval Gilles Gauthier.

Les causes de ce comportement sont encore méconnues. Il y a sans doute une question de sécurité qui entre en ligne de compte, dit M. Gauthier, puisque l'hiver est une saison où les arbres n'ont pas de feuilles, ce qui réduit les cachettes et accroît le risque de prédation. Il est aussi possible que certaines corneilles, surtout les plus inexpérimentées, en profitent pour suivre les plus vieilles et leur «voler» les meilleurs endroits pour trouver de la nourriture.

Mais quoi qu'il en soit, «il suffit des fois que quelques individus commencent à utiliser un secteur pour que ça en attire d'autres, et ça peut être un peu fortuit, au sens où les premiers oiseaux avaient peut-être simplement trouvé un endroit avec quelques arbres, plutôt à l'abri du vent, pas trop exposé à la prédation. Et de là, ces dortoirs-là peuvent attirer plusieurs centaines d'individus dans le cas des corneilles, et parfois même plusieurs milliers dans le cas des carouges», dit M. Gauthier.

Mais cela ne signifie pas que la population des corneilles est supérieure à la norme - simplement que cette année, un dortoir s'est adonné à se trouver proche de chez notre lecteur. Car une fois que la saison de la reproduction arrive, tout ce beau monde se sépare, précise notre ornithologue.




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