À hauteur de banc de neige

Même à hauteur égale, les bordées de neige... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Même à hauteur égale, les bordées de neige ne s'équivalent pas toutes.

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(Québec) CHRONIQUE / «J'aimerais savoir si la quantité de neige tombée au sol est toujours proportionnelle à la quantité d'eau ayant servi à la fabriquer. Par exemple, une grosse bordée de 75 cm sur Washington à une température autour de 0 °C contient-elle une quantité d'eau trois fois plus grande qu'une tempête de 25 cm tombés à une température de - 15 °C alors que les flocons sont beaucoup plus petits?» demande Benoît Bouffard, de Lévis.

La règle du pouce qui est appliquée dans ce domaine veut que 1 cm de neige équivaille grosso modo à 1 mm de pluie - donc la densité de la neige serait d'environ 10 % celle de l'eau. C'est souvent appliqué plus ou moins par défaut à tous les types de neige, et c'est une approximation qui n'est généralement pas très loin de la vérité.

Mais il reste tout de même que la densité de la neige peut varier pour la peine, entre aussi peu que 3 % et autant que 20 à 25 % pour la «nouvelle neige» - à ne pas confondre avec la «vieille neige» tombée il y a des jours ou des semaines et qui a eu le temps de se compacter. Selon les conditions de température et d'humidité qui prévalent au moment où les gouttelettes d'eau se changent en cristaux de glace, ceux-ci peuvent prendre des formes très diverses. Lorsque l'air est plutôt sec, les cristaux ont tendance à prendre la forme de plaques ou de prismes hexagonaux; quand c'est très humide, alors les cristaux formeront des «dendrites» ou, si l'on préfère, des ramifications, qui sont d'ailleurs magnifiques. Mais ce n'est pas une règle simple : la température joue un rôle important elle aussi et un peu complexe : les cristaux font des dendrites quand le mercure est près de 0 °C, n'en font plus entre - 5 et - 10 °C environ, recommencent à en faire dans certaines circonstances lorsqu'il fait plus froid et n'en font plus du tout quand il fait vraiment très froid (sous les - 20 °C environ). Et notons qu'il existe d'autres formes de cristaux de neige (en aiguille, en triangle, etc.).

Mais quoi qu'il en soit, ces cristaux vont ensuite s'agglomérer les uns aux autres pour former des flocons plus ou moins gros. Et l'essentiel à retenir, ici, c'est que les cristaux à ramifications, quand ils s'agglutinent, ont tendance à laisser plus d'espaces libres entre eux et donc à faire une neige moins dense que les cristaux en colonnes, en plaques et en aiguilles, qui s'«imbriquent» mieux les uns aux autres.

Alors non, même à hauteur égale, les bordées de neige ne s'équivalent pas toutes. La règle du 10 pour 1 n'est pas mauvaise, mais elle une sorte de «moyenne» qui ne dit rien sur la variabilité.

Sources:

Jerry Carson et al., Evaluating the importance of crystal type on new snow instability: A strength vs. stress approach using the SNOSS model. Proc. Int. Snow Science Workshop, 2008

Trevor I. Alcott et W. James Steenburgh, Snow-to-Liquid Ratio Variability and Prediction at a High-Elevation Site in Utah's Wasatch Mountains, Weather and Forecasting, 2010. goo.gl/b6I1hC

*****

«Comment se fait-il que les informations recueillies par les "boîtes noires" des avions ne sont pas transmises continuellement à une base de réception située à proximité? Quand un avion s'écrase dans l'océan, les autorités perdent un temps fou à essayer de retrouver ces boîtes noires et, parfois, on ne les retrouve tout simplement jamais», remarque Mario Bélanger, de Rimouski.

Les écrasements des vols 447 d'Air France en 2009 (en plein  Atlantique, deux ans avant de récupérer les boîtes noires) et MH370 de Malaysia Airlaines en 2014 (mer de Chine, toujours pas retrouvé l'enregistreur de vol) ont amené une prise de conscience dans l'industrie aérienne sur la difficulté de récupérer les données de vol, dans certaines circonstances.

Mais transmettre toutes les données de vol en direct n'est pas vraiment une option praticable. En plus d'enregistrer les conversations de la cabine de pilotage, les boîtes «noires» consignent souvent plus de 2000 paramètres de vol - certains une fois par seconde, certains dix fois par seconde. Multipliez ces montagnes de données par environ 8500 vols par jour à travers le monde et vous avez une idée de la bande passante que cela représente. Or, il faudrait transmettre tout cela par satellite, et les satellites n'ont justement pas une capacité de transmission comparable au Wi-Fi, par exemple - et le Wi-Fi, lui, fonctionne seulement à courte portée. Le streaming de ces données nécessiterait de dédier une petite flottille de satellites uniquement à cela, ce qui coûterait très cher.

En outre, il faut voir que, non seulement les écrasements sont très rares (environ 0,3 à 0,5 par million de vols), mais que ceux qui surviennent dans des circonstances qui empêchent de récupérer l'enregistreur le sont encore davantage. Alors dépenser des sommes importantes pour des dispositifs qui ne seraient presque jamais utiles a peu de sens.

Dans un rapport de 2015, le bureau américain de la sécurité dans les transports proposait plutôt des technologies comme les enregistreurs qui s'éjectent de l'avion en cas d'accident ou de submersion (l'engin flotte ensuite indéfiniment en émettant un signal) ou la transmission des données seulement en cas d'urgence.




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