Voyez-vous des étoiles?

«Pourquoi voit-on des étoiles lorsqu'on se penche ou... (Photo 123rf/  Chornii Yevhenii)

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«Pourquoi voit-on des étoiles lorsqu'on se penche ou qu'on se relève trop rapidement?» demande un lecteur.

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(Québec) CHRONIQUE / «J'ai vu des étoiles, l'autre jour. Non, ce n'était pas des Perséides, mais plutôt les fameuses "étoiles" qui tournent autour de la tête. Je me suis levé rapidement de ma chaise pour ramasser un objet échappé. En me relevant, peut-être un peu vite, j'ai vu de minuscules étincelles tout autour de ma tête, pendant un bref moment. Que sont-elles? D'où viennent-elles?» demande Jean-Marc Fournier, de Québec.

Ces taches blanches proviennent de la rétine, soit la partie de l'appareil visuel située au fond de l'oeil. C'est elle qui est sensible à la lumière, c'est elle qui recueille les signaux lumineux (grâce aux fameux «cônes» et «bâtonnets») et les transmet à l'aire visuelle du cerveau, à l'arrière de la tête.

Maintenant, tout ce beau système consomme beaucoup d'énergie. Comme on l'a déjà vu dans cette rubrique, le cerveau humain a beau être une merveille de l'évolution, c'est une formidable machinerie qui vient avec une facture tout aussi formidable : alors que la cervelle représente environ 2-3 % de notre poids corporel, on elle brûle pas moins de 20 % de notre énergie. Bonjour la dépense!

Et la rétine, elle, est encore plus gourmande, en grande partie parce qu'elle est constamment sollicitée - tant qu'on garde les yeux ouverts, en tout cas. Des études récentes ont trouvé qu'une protéine chargée d'amener de l'oxygène spécifiquement aux neurones, la neuroglobine, est 100 fois plus concentrée dans la rétine que dans le cerveau. Cela ne veut pas dire que nos yeux consomment 100 fois plus d'énergie que notre matière grise, mais cela illustre la différence entre les deux et à quel point la rétine peut être «dépensière». Et cela signifie que le fond de nos yeux a besoin d'être constamment approvisionné en oxygène et en nutriments, faute de quoi la rétine se met rapidement à mal fonctionner.

Or que se passe-t-il quand, de la position assise ou couchée, on se lève d'un seul trait? Notre sang a beau être continuellement pompé par le coeur, il n'en est pas moins un fluide soumis à la gravité, si bien qu'un lever rapide peut causer une chute de pression à la tête. Chez une personne en santé, cette baisse sera fort brève, mais comme la rétine est un tissu extrêmement exigeant en oxygène, cela peut suffire à le faire mal fonctionner.

C'est de ce problème que naissent les signaux nerveux qui nous font voir des taches blanches, des «étoiles». Si le manque d'oxygène à la tête persiste, la rétine cesse de transmettre et l'on perd la vision- ou l'on s'évanouit.

**

Sources:

- Margaret Wong-Riley, «Energy metabolism of the visual system», Eye Brain, 2010, goo.gl/Jtodbg

- Zeiss International, Blink, Crying and Seeing Stars, Z.I., 2015, goo.gl/KI6RD2

Les craques dans le trottoir

«En allant reconduire mon fils à pied chez un ami, il m'a demandé: "Maman, pourquoi y a-t-il des craques dans le trottoir?" J'ai baragouiné qu'il y avait sûrement une raison, que les Monsieurs ne s'amusaient pas à ajouter quelque chose qui prend du temps pour le plaisir! Mais pourquoi?» demande Annie Drouin, de Charlesbourg.

En fait, il existe bel et bien des Monsieurs (et des Madames) qui ajoutent ici et là des motifs qui prennent du temps à fabriquer, juste pour le plaisir - ça s'appelle de l'art. Et il est vrai qu'a priori, cela ne semble avoir absolument rien à voir avec les «lignes» sur les trottoirs. Mais les deux sont moins éloignés qu'on le croit...

Le nom véritable de ces traits est «joint de contraction», et ils servent à éviter l'apparition incontrôlée de craques. Le béton avec lequel on fabrique les trottoirs est, comme on le sait, un mélange de ciment et d'eau. Une fois en contact, les deux ingrédients réagissent ensemble et, après un certain temps, durcissent énormément. Mais en «séchant», comme on dit, le béton ne fait pas que se rigidifier: il se contracte un peu en même temps, pouvant perdre environ 1 millième de sa longueur.

Cela peut sembler bien peu (et à petite échelle, disons-le, ça l'est). Mais à plus grande échelle, c'est une autre paire de manches: sur un tronçon de rue de, disons, 100 m de long, cela signifie qu'un trottoir peut perdre 10 cm en séchant. Et cela provoque de fortes tensions à l'intérieur du béton - qui n'est justement pas un bon matériau pour résister aux tensions, sa «spécialité» étant plutôt la compression.

Si l'on laissait le béton des trottoirs travailler tout seul, donc, il fissurerait de manière incontrôlée et aléatoire. En traçant des joints de contraction à sa surface, on crée des points de faiblesse, on contrôle les endroits où les fissures apparaissent.

On le fait pour des questions de durabilité, mais pas seulement pour cela. Comme l'explique l'Association du ciment de Portland sur son site, cette façon de faire «donne au trottoir une apparence esthétiquement agréable puisque les craques apparaissent sous la surface finie. Le béton a bel et bien fissuré, ce qui est son comportement normal, mais l'absence de fissures aléatoires à sa surface lui donne une apparence lisse».

Comme quoi il y a plus d'art qu'on le croit dans les trottoirs!

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