De montagnes russes et d'OVNIS...

Cette drôle de formation de nuages a été... (Fournie par Claude Bélanger)

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Cette drôle de formation de nuages a été photographiée près de Parisville, dans le sud du Québec.

Fournie par Claude Bélanger

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(Québec) CHRONIQUE / «Je traversais un champ cultivé pour me rendre à mon petit lot à bois près de Parisville, quand j'ai aperçu une drôle de formation de nuages. Ceux-ci, comme le montre la photo, ressemblaient à des soucoupes volantes. Pourriez-vous m'expliquer comment les nuages de ce type se forment?» demande Claude Bélanger.

Il s'agit de nuages orographiques- donc «en lien avec la topographie» - et il n'est pas étonnant que notre lecteur n'en ait jamais vu auparavant, car les conditions ne sont pas réunies, dans la région, pour qu'il s'en forme souvent, explique le météorologue d'Environnement Canada, André Cantin.

«Généralement, ça se forme par ascendance au-dessus des montagnes», indique-t-il, et disons que le sud du Québec n'est pas particulièrement réputé pour ses cordillères...

Quand le vent souffle en direction d'une chaîne de montagnes, ou même seulement vers un sommet assez haut, l'air chaud et chargé d'humidité au niveau du sol est alors forcé de gagner en altitude. À mesure qu'il s'élève, pour peu que les montagnes soient hautes, sa température se refroidit pour la peine, parfois suffisamment pour lui faire atteindre son «point de rosée», où son contenu en vapeur d'eau commence à se condenser. C'est ainsi que le relief d'une région peut carrément générer des nuages.

Maintenant, une fois que l'air a franchi cet obstacle, une fois qu'il arrive sur l'autre «versant» de la chaîne de montagnes, il peut arriver qu'il soit plus dense que son milieu. Il commencera alors à redescendre jusqu'à ce qu'il atteigne une altitude où il peut «flotter» - c'est-à-dire une altitude où sa densité est égale à celle de l'air ambiant.

«Altitude de flottaison»

Mais voilà, cette poche d'air qui descend ne s'arrêtera pas là, du moins pas immédiatement. Comme elle a déjà un erre d'aller, elle se comportera plutôt comme un bouchon qu'on lance à l'eau et qui oscille quelques fois autour de son point de flottaison avant de se stabiliser. La poche d'air va donc passer en dessous de son «altitude de flottaison», remonter et même repasser par-dessus ce point, redescendre encore, etc.

Or comme la température diminue à mesure que l'on gagne en altitude, ce petit jeu de montagne russe peut à l'occasion - selon les conditions de température et d'humidité du moment - faire passer l'air alternativement au-dessus et en dessous de son point de rosée. L'humidité du courant d'air va alors se condenser lorsqu'il passera par-dessus, et cesser de le faire lorsqu'il retourne en dessous. C'est de cette manière qu'on obtient des nuages comme ceux qu'a photographiés notre lecteur. Remarquez qu'au fil des conditions locales du moment, ils peuvent prendre plus d'une forme - rouleaux ou «soucoupes volantes». Notons aussi que cet effet peut également se produire plus haut en altitude, car les masses d'air au niveau du sol qui se soulèvent pour passer par-dessus un obstacle doivent nécessairement déplacer la ou les couches d'air qui circulent au-dessus - ce qui signifie que cette «montagne russe» peut parfois s'observer jusqu'à beaucoup plus haut que les montagnes.

Très rare au sud

Maintenant, on n'a justement pas de grandes montagnes ou cordillères dans les environs, si bien qu'il est très rare d'en voir dans le sud du Québec.

Mais on peut imaginer, par exemple, que «par vents assez forts du sud, au-dessus des Appalaches, des nuages orographiques puissent se former dans la vallée du Saint-Laurent», dit M. Cantin. Difficile de savoir dans quelle direction soufflait le vent en cette journée du printemps 2015 où notre lecteur a pris ses photos. Mais on peut supposer qu'il venait du sud, puisque Parisville se trouve justement sur la rive sud des Basses Terres, entre Fortierville et Deschaillons.

D'ailleurs, fait remarquer M. Cantin, «on peut même voir juste au-dessus du nuage le plus près une autre zone de nuages plus petits créés par l'onde gravitationnelle générée par la topographie. Le fait qu'il n'y en ait pas plus est probablement le signe que l'air était relativement sec de façon générale cette journée-là. Il y avait peut-être dans le secteur une source d'humidité ayant permis la formation de ces nuages localement.»

Autre source : CoVis Project, «Orographic Clouds», World Weather 2010 Online Guides : Meteorology, Université de l'Illinois, 1999, http://goo.gl/5t12zG

***

«Lors du premier quartier de lune, la lune a la forme de la lettre «D» et l'inverse lors du dernier quartier. Mais lors d'un récent voyage dans les Caraïbes, j'ai constaté que le quartier avait plutôt la forme d'un «U». Pourquoi donc?» demande Gaétan Germain.

C'est simplement parce que la Terre est ronde et que, selon la latitude où l'on se trouve, on ne voit pas les choses du même angle.

La Lune elle-même ne change pas, on en voit le même côté où que l'on se trouve sur Terre et elle est éclairée de la même façon par le Soleil. Mais imaginons un peu ce que voient les gens qui habitent, disons, en Nouvelle-Zélande ou à l'extrême sud de l'Argentine. Par rapport à nous, ils ont en quelque sorte «la tête en bas» et voient la Lune «à l'envers».

C'est le même principe avec les Caraïbes : l'angle n'y est pas changé de façon aussi dramatique, mais suffisamment pour changer un «D» en «U».

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