La mort subite du poisson

Les poissons capturés par les oiseaux semblent «se... (123RF/Tatiana Thomson)

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Les poissons capturés par les oiseaux semblent «se cabrer», c'est-à-dire contracter les muscles de leur queue, mais uniquement d'un côté, ce qui pouvait donner l'illusion d'une proie morte.

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(Québec) «Comment se fait-il qu'un poisson semble mourir aussitôt qu'il entre dans la bouche d'un oiseau pêcheur, alors que lorsqu'il est pêché par quelqu'un, il gesticule longtemps au bout de la ligne et dans le fond du bateau avant de s'immobiliser ? Il semble que le bec de ces oiseaux ait un effet paralysant. Intrigant n'est-ce pas?» demande Jean-Pierre Marsolais, de l'île d'Orléans.

Commençons par une confession: l'auteur de ces lignes a longtemps eu cette impression, lui aussi. À vrai dire, il l'a eue et l'a gardée jusqu'à ce qu'il commence à travailler sur le texte que vous avez sous les yeux en ce moment...

Or cette impression est tout simplement fausse. Il existe nombre de vidéos sur le Web montrant des poissons qui se débattent frénétiquement dans le bec de hérons ou d'autres oiseaux pêcheurs. On en trouvera d'ailleurs dans ce montage vidéo plusieurs exemples convaincants.

Il n'est pas facile de comprendre d'où peut venir cette impression. Une hypothèse qui vient spontanément à l'esprit est que ces oiseaux sont peut-être un peu charognards sur les bords et prendraient des poissons déjà morts, mais il n'en est absolument rien, tranche Magella Guillemette, chercheur en ornithologie à l'Université du Québec à Rimouski. «Hormis les parties de poisson rejetées par les pêcheurs, les oiseaux piscivores vont presque toujours essayer d'attraper des poissons vivants», nous a-t-il écrit lors d'un échange de courriels.

Mais ici s'arrêtent les certitudes, car pour comprendre d'où peut venir cette idée que les poissons meurent instantanément dans le bec des oiseaux, on n'a vraiment rien d'autre que des hypothèses. «Peut-être que cette impression de votre lecteur vient du fait que le poisson est souvent tenu par son centre gravité de façon très ferme par le bec [dont la pression peut être considérable, je le sais pour avoir manipulé quelque oiseaux dans ma carrière]», suppute M. Guillemette.

Dans certaines vidéos que nous avons vues, les poissons se débattaient, mais semblaient surtout «se cabrer», c'est-à-dire contracter les muscles de leur queue, mais uniquement d'un côté, ce qui pouvait donner l'illusion d'une proie morte. Les oiseaux peuvent également les secouer violemment, ce qui peut les étourdir ou les assommer. Peut-être aussi que les réactions varient d'une espèce de poisson à l'autre - tout pêcheur sait très bien que ferrer un doré n'est que marginalement plus excitant que d'accrocher une branche morte, car comparé aux salmonidés et à l'achigan en particulier, il n'offre presque pas résistance. Peut-être, peut-être...

Il y a bien quelques caractéristiques communes aux oiseaux piscivores - comme le fait d'avoir un bec allongé, avec ou sans crochet au bout, ou encore l'habitude d'avaler sa proie la tête la première pour éviter qu'elle ne descende dans l'oesophage «à rebrousse-écaille». Mais rien qui permette de croire que les poissons ne se débattent pas ou peu.

***

Sources des vidéos :

Cycle de l'eau

«Certains aimeraient bien exporter l'eau que nous avons [en très grande quantité] au Québec, et le sujet revient souvent dans l'actualité. Mais il y a un élément que je ne saisis pas bien : le cycle de l'eau n'est-il pas assez puissant pour faire en sorte que l'eau que l'on exporterait nous revienne continuellement, en précipitations ? Il me semble qu'il faudrait des quantités astronomiques d'eau exportée pour qu'on puisse en ressentir les effets, non? [...] Mais je dois me tromper, car beaucoup semblent préoccupés et en désaccord avec cette possibilité», écrit Luc Fournier, de Sainte-Foy.

Si l'on ramène les quantités exportées sur l'ensemble de l'eau douce du Québec, alors oui, on peut a priori penser qu'il faudrait exporter des quantités monstrueuses d'eau pour que cela fasse une différence. Mais tout, ici, est une question d'échelle de l'exploitation, de l'endroit où on la réalise, et de la manière de s'y prendre.

Si on prend l'eau dans le Saint-Laurent à la hauteur de Québec, où le débit annuel moyen est de 12300 mètres cubes par seconde, il semble en effet impossible de trop en prélever. Mais si l'eau vient d'une rivière plus petite, l'assèchement est une possibilité. Notons à cet égard que le fleuve Colorado, aux États-Unis, n'a pas atteint la mer depuis les années 60, toute son eau étant détournée pour l'agriculture et les besoins des villes environnantes avant de se rendre jusqu'à l'océan.

Et le détail du projet peut aussi être important. Il y a quelques années, l'Institut économique de Montréal proposait de vendre de l'eau des Grands Lacs aux États-Unis et de compenser en détournant des rivières du Nord québécois, qui se jettent actuellement dans la baie James, vers la rivière des Outaouais.

Peut-être que cela en vaudrait la peine. Peut-être que l'on pourrait s'arranger pour que les conséquences sur les écosystèmes touchés soient minimes. Ou peut-être que non. Mais le point, ici, est que l'impact d'un tel projet ne se mesurerait pas seulement en m3 détournés, mais aussi en rivières et lacs abaissés, en territoires drainés ou inondés et écosystèmes chamboulés.

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