Les mangeuses de rive

Selon la Garde côtière, la circulation maritime n'est... (Photothèque Le Soleil)

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Selon la Garde côtière, la circulation maritime n'est pas responsable de l'érosion des rives dans les secteurs plus larges du fleuve Saint-Laurent. Le phénomène est plutôt imputable aux marées et aux courants.

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(Québec) «J'aimerais savoir si la grosseur et la vitesse des bateaux sont responsables de l'érosion des berges du Saint-Laurent. Les vagues qui frappent les berges à longueur d'année sont beaucoup plus grosses qu'il y a 30 ou 40 ans», nous écrit Maryse Aubin.

Il est vrai que le trafic maritime s'est beaucoup accru depuis 30 ou 40 ans, tant dans le nombre que dans la taille des bâtiments. Mais, de manière générale, «je ne vois pas de gros signal d'alarme au sujet de l'érosion causée par des vagues de bateau», dit d'emblée Jannette Frandsen, chercheuse en ingénierie des côtes au centre Eau, Terre et Environnement de l'INRS, et qui travaille justement avec un énorme «générateur de vagues» flambant neuf pour recréer les conditions de vagues et d'érosion des berges.

«Ce qui saute aux yeux en premier, ce sont les vagues de grande amplitude, celles qui viennent avec les tempêtes, poursuit-elle. Les vagues modérées comme celles des bateaux vont elles aussi éroder les plages, elles font leur part de dommage, mais aussitôt qu'une tempête survient, ça efface tout et ça va changer la géométrie de la plage rapidement et significativement.»

Bien sûr, tout cela dépend (pas mal) de l'endroit où l'on se trouve. Sur certains plans d'eau, comme de petits lacs ou des rivières étroites et tranquilles, il peut y avoir presque pas de vague - du moins, jamais de grosses. Dans de tels cas, si des plaisanciers commencent à circuler régulièrement avec des embarcations à moteur assez puissantes, leurs vagues endommageront les berges à coup sûr.

Mais ce n'est pas la situation qui a cours dans le Saint-Laurent, dit Mme Frandsen. En aval de Québec et dans tout le golfe, ce sont surtout les vagues créées par le vent et particulièrement les tempêtes qui grugent les rivages. «En amont de Québec et en allant vers Montréal, je ne crois pas que le vent produise des vagues problématiques», ajoute-­t-elle. Dans ce secteur, ce sont surtout les marées et les courants qui causent de l'érosion, estime la chercheuse.

D'après un document de la Garde côtière, dans les secteurs les plus larges du fleuve, le batillage n'est responsable que de 2 à 5 % de l'énergie qui gruge les rives, mais dans les chenaux les plus petits- comme ceux que l'on voit entre certaines îles, à la hauteur de

Montréal -, cela peut atteindre de 95 à 98 %.

Fait intéressant, la physique des vagues et de leurs interactions avec les rives n'est pas encore très finement comprise. Dans ses installations de Québec, Mme Frandsen génère des vagues pouvant mesurer 1,5 mètre de haut, les envoie dans un canal de 120 mètres de long sur 5 de large et de profond, puis mesure les forces de pression à l'autre bout du canal. «Et ce que l'on voit, c'est que ces pressions-là semblent aléatoires. On est littéralement incapable de prévoir jusqu'à quel point les pressions mesurées sur le mur du fond seront fortes ni à quel endroit du mur elles seront les plus fortes.»

Histoire à suivre, donc...

Autre source  

GARDE CÔTIÈRE. L'érosion des rives par le batillage, s.d. goo.gl/iJeJHh

***

 

«Selon notre calendrier, l'équinoxe d'automne 2014 était le 23septembre. Qui dit équinoxe dit aussi durée du jour égale à celle de la nuit. Alors, nous nous sommes amusés à noter la durée du jour pendant la semaine de l'équinoxe, mais nous avons remarqué que c'est plutôt le 25 septembre que la journée a duré à peu près 12 heures pile. Le 23 septembre, journée officielle de l'équinoxe, cette durée était de 12h08. Quelle en est l'explication?» demande Clément Castonguay, de Québec.

D'un point de vue purement étymologique, M. Castonguay a raison : il y a dans ce mot-là le latin aequus et nox, «égal» et «nuit». Mais l'étymologie et la définition de l'équinoxe sont deux choses entièrement différentes.

Figurons-nous, pour bien le comprendre, un fil invisible qui relierait le centre de la Terre au centre du Soleil. Comme notre planète est un peu penchée sur son orbite, ce fil passerait par un point, à la surface de la Terre, situé à différentes latitudes selon la saison. À l'arrivée des beaux jours, il «sortirait» par l'hémisphère Nord, atteindrait éventuellement sa latitude nord la plus élevée (c'est alors le solstice), puis commencerait à redescendre vers le sud et, enfin, passerait dans l'hémisphère Sud - pour y rester jusqu'au printemps suivant.

L'équinoxe, c'est simplement le moment où ce fil imaginaire croise l'équateur. Ce n'est pas une «journée» à proprement parler, remarquez bien - c'est même un moment infiniment bref, qui n'a même pas de durée. Cette année, cet instant est survenu mercredi dernier au petit matin, vers 3h21.

Si on le nomme «équinoxe» malgré tout, c'est que c'est à peu près à ce moment-là de l'année que le jour et la nuit ont des durées approximativement égales. Mais ce n'est jamais la journée même de l'équinoxe que ces durées sont les plus égales, pour deux raisons. D'abord, parce qu'on n'utilise pas les mêmes points du Soleil pour définir l'équinoxe (centre du Soleil) que pour ses levers et couchers, qui sont l'instant où la marge du Soleil apparaît/disparaît à l'horizon. Et ensuite, parce que les gaz de l'atmosphère dévient légèrement la lumière solaire, faisant apparaître le Soleil un peu plus haut dans le ciel qu'il ne l'est vraiment.

Ces deux phénomènes ont le même effet, celui d'allonger «artificiellement» de quelques minutes la durée du jour. À ce temps-ci de l'année, cela joue donc contre la tendance au raccourcissement des jours, et cela fait que la journée de durée égale à la nuit arrive avec deux jours de retard sur

l'équinoxe. Et au printemps, c'est l'inverse : cela joue dans le même sens que la tendance à l'allongement des jours, et cela devance la journée de 12 heures pile par rapport à l'équinoxe.

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