La naissance de la minute

L'idée de diviser la journée en sous-parties remonte...

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L'idée de diviser la journée en sous-parties remonte au temps des Égyptiens, qui ont érigé les premiers obélisques, en quelque sorte les ancêtres des cadrans solaires, vers 3500 av. J.-C. , et qui auraient mis au point les premières horloges à eau dès 1500 av. J.-C.

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(Québec) «Ma question concerne de possibles anachronismes que l'on trouve dans des livres ou des films : à quel moment a-t-on vraiment inclus les notions de seconde et de minute - comme dans "attends une seconde" - dans notre discours?» demande François Landry, de Rimouski.

L'idée de diviser la journée en sous-parties remonte à très, très loin dans l'histoire. Les Égyptiens ont érigé les premiers obélisques, sorte de cadrans solaires avant la lettre, vers 3500 av. J.-C., et auraient mis au point les premières horloges à eau dès 1500 av. J.-C. Ces engins, ainsi que les «vrais» cadrans solaires, resteront les principaux instruments de décompte des heures jusqu'à la fin du Moyen Âge. Cependant, d'après un texte récent de Michael Lombardi, de l'Institut américain des standards et de la technologie, les notions de minutes et de secondes ont été imaginées plus tard et proviennent de la géométrie, et non de la mesure du temps proprement dite.

C'est le Grec Claude Ptolémée qui, dans un traité célèbre de l'histoire des sciences, l'Almageste (IIe siècle de notre ère), fut le premier à diviser les degrés d'angle en 60 «minutes primaires» et à rediviser celles-ci en 60 «minutes secondaires» - appellations qui deviendront par la suite minutes et secondes.

Avant de passer dans le langage courant, cependant, il faut bien sûr qu'une notion ait un minimum de pertinence dans la vie quotidienne de monsieur et madame Tout-le-monde, ce qui, dans le cas que nous soumet notre lecteur, ne pourra pas arriver avant que l'usage des horloges se répande. Il faudra pour cela attendre l'invention de l'horloge mécanique, au XIVe­ siècle, et ensuite attendre encore que son usage se dissémine dans une proportion minimalement grande de villes et de villages en Europe - et en cette ère hyper connectée où les gadgets derniers cris sont lancés simultanément sur toute la planète, il n'est sans doute pas inutile de rappeler qu'à la fin du Moyen Âge, la technologie «voyageait» encore très lentement.

Ceci dit, malgré les meilleurs efforts de votre humble serviteur, il n'a pas été possible de trouver un expert ou une source qui mettrait une date précise pour l'entrée des minutes et des secondes dans le parler de tous les jours. Heureusement, il existe tout de même un outil qui permet de s'en faire une idée : le Books Ngram Viewer, une application lancée en 2010 par Google - et auquel un étudiant québécois alors âgé de seulement 21 ans, Adrian Veres, a d'ailleurs contribué. Il s'agit d'une énorme base de données regroupant la version numérisée de 5,2 millions de livres publiés en six langues entre 1500 et 2008, ce qui représente près de 5 % de tous les livres depuis l'invention de l'imprimerie. Rien que ça...

Le Ngram Viewer permet de sélectionner un mot et d'en connaître la fréquence d'utilisation annuelle, exprimée en pourcentage du lexique total utilisé dans les livres pour une année donnée. Comme on le voit dans nos deux graphiques plus bas, les noms minute et seconde n'étaient pratiquement pas utilisés en français et en anglais vers l'an 1500, qui marque le début de la base de données. Ils «apparaissent» dans la deuxième moitié du XVIe siècle et se répandent par la suite, passant d'environ 0,002 % de tous les mots utilisés en français en 1600 à environ 0,006 % en 1900.

Un outil imparfait

Il faut toutefois faire attention de ne pas prendre ces statistiques comme une réponse très tranchée et très précise à la question de M. Landry. Gardons en effet à l'esprit que ces données ne concernent que la langue utilisée dans les livres et que pendant une très grande partie de la période illustrée sur nos graphiques, une majorité de gens étaient analphabètes. Pour un passé relativement lointain, donc, Ngram Viewer ne peut nous donner qu'un aperçu du vocabulaire d'une certaine élite particulièrement instruite et qui était certainement en avance sur la moyenne des ours dans l'usage des notions de minute et de seconde. En outre, si le Ngram Viewer permet de séparer les adjectifs des noms communs - et donc d'éliminer seconde au sens de «deuxième», par exemple -, il ne fait pas la distinction entre les différents sens d'un même nom, de sorte que le mot minute inclut ici les sens qui lui sont donnés en archivistique (c'est-à-dire «l'original d'un document»), en géométrie et en cartographie.

Il s'agit donc d'un outil bien imparfait, mais si l'on garde ces réserves à l'esprit, il peut quand même nous donner une idée grossière de la «démocratisation» des mots minute et seconde.

Autres sources :

MICHAEL A. LOMBARDI. «Why Is a Minute Divided Into 60 Seconds, an Hour Into 60 Minutes, Yet There Are Only 24 Hours in a Day?», American Scientist, 2007. http://bit.ly/kTbfB

NATIONAL INSTITUTE OF STANDARDS AND TECHNOLOGY.

A Walk Through Time. The Evolution of Time Measurement Through the Ages. NIST, 2002.

http://bit.ly/13mYJ85

«Il y a un phénomène qui m'intrigue depuis quelque temps, au sujet du bois qui brûle. Étant donné que rien ne se perd et que rien ne se crée, comment se fait-il qu'un morceau de bois de 2 kg, par exemple, ne pèsera plus que quelques grammes après avoir brûlé?» demande Stéphane Gohier, de Mirabel.

C'est parce que le reste aura été transformé en gaz et en fumée. Quand on brûle quelque chose, la chaleur brise les liens chimiques qui tiennent ensemble les molécules composant le combustible. Les atomes et les bouts de molécules qui en résultent vont alors se recombiner avec l'oxygène de l'air pour former, en majeure partie dans le cas du bois, du gaz carbonique (CO2) et de la vapeur d'eau (H2O).

Si l'on pouvait recueillir ces gaz et les autres résidus à l'aide d'une hotte, par exemple, le poids de tout le matériel (cendres incluses) après le feu serait égal au poids de la bûche, auquel on devrait ajouter celui de l'oxygène qui a servi à la combustion.

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