Il est vrai que l'idée que l'on entend à l'occasion de freiner notre consommation d'eau sous prétexte que d'autres pays en manquent tient en grande partie de la morale. Après tout, laisser un robinet couler 24 heures sur 24 au Québec n'enlèverait pas une goutte d'eau aux pays où sévit la sécheresse - ce qui ne rendrait pas le geste moins indécent, remarquez.
Comme le subodore M. Bérubé, c'est surtout pour des raisons économiques que l'on évite le gaspillage. «C'est bien certain que gaspiller l'eau, au Québec, a moins d'impact que dans d'autres endroits où il y a un manque réel», dit Frédéric Lasserre, géographe de l'Université Laval et spécialiste de la question de l'eau. «Ceci dit, ce n'est pas une raison pour laisser couler son robinet dans la mesure où plus la demande en eau d'une ville augmente, plus elle est obligée de dépenser d'argent pour la potabilisation. Et à partir d'un certain seuil où la capacité de filtration d'une usine est atteinte, il faut en construire une deuxième, et ce sont tous les contribuables qui doivent payer.»
En outre, ajoute son collègue Alexandre Brun, il y a quand même un coût environnemental à gaspiller l'eau - bien que, admet-il volontiers, il existe des types de pollution infiniment pires.
«D'abord, plaide-t-il, de l'eau qui est passée par un processus de potabilisation, ce n'est déjà plus de l'eau naturelle. C'est quand même important. [...] Ensuite, les réseaux urbains ne correspondent pas nécessairement aux bassins versants. Alors, vous avez une eau qui est détournée des endroits où elle s'écoulerait naturellement.»
«Un de mes collègues de travail prétend pouvoir observer la Station spatiale [SSI] dès la tombée du jour et pratiquement toute la nuit. J'ai observé un objet presque stationnaire dans le ciel direction nord et se dirigeant vers l'est très lentement, selon moi il s'agit d'une planète. Comme la station file à plus de 27 000 km/h, il me semble qu'elle ne pourrait pas être vue toute la nuit. [De plus] sur les trackings disponibles sur Internet, il semble que la station se trouvait à passer au large de Vancouver et de la côte ouest des États-Unis à ce moment...» écrit André Lemieux, de Beauport.
Il est en effet impossible d'observer la SSI pendant toute une nuit, puisqu'elle fait le tour de la Terre une quinzaine de fois par jour. En outre, selon les sites de la NASA et de l'Agence spatiale européenne, on ne peut l'apercevoir à l'oeil nu que dans certaines circonstances. Il faut à la fois que le ciel soit suffisamment sombre et que la Station soit éclairée par le Soleil - ce qui ne se produit que peu après le coucher du soleil ou un peu avant son lever, quand la SSI passe au bon endroit (assez bas dans le ciel) au bon moment.
Cela n'en fait pas un événement rare pour autant, remarquez : d'après l'instrument SkyWatch sur le site de la NASA (http://spaceflight.nasa.gov/realdata/sightings/index.html), la prochaine fois que la Station sera visible à l'oeil nu de Québec sera le mardi 2 février entre 6h20 et 6h30 environ, en direction sud-sud-est. Il sera ensuite possible de l'apercevoir tous les jours jusqu'au 24 février, avant que nous la «perdions» de nouveau jusqu'au 3 mars.
Mais même si elles sont souvent réunies, les conditions particulières qui la rendent observable sont très fugaces, durant généralement moins de cinq minutes. Il faut donc savoir où et quand regarder, mais pour peu qu'on le sache, le gros «satellite» est dur à manquer, car ses immenses panneaux solaires en font un des objets les plus brillants du ciel.