Google, votre guide culturel du XXe siècle

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Qu'est-ce que le Google Cultural Institute? Selon Google, l'objectif du portail est de permettre aux internautes de découvrir plus de six millions d'archives sur l'histoire du XXe siècle. Juste ça.

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Matthieu Dugal
Matthieu Dugal, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Il faut avouer que, sous plusieurs aspects, l'omnipotence de Google fait peur. Que ce soit par les menaces que la compagnie fait planer quant au droit d'auteur alors qu'elle numérise des petabytes de livres en cinquième vitesse avec son projet Google Books. Ou encore des questions soulevées à propos de la vie privée dans le sillon de la multiplication des services englobants et tellement cools que la compagnie offre : courriels, agendas, cartographie, etc. Oui, tout ceci fait, au bas mot, sourciller.

Mais voilà, Google a aussi ses bons côtés. Et si vous trouvez qu'Internet est menacé par une surdose de futile, vous aussi vous aimerez Google, à tout le moins certains de ses aspects.

En ligne depuis l'automne dernier, s'enrichissant un peu plus chaque jour, le Google Cultural Institute est sûrement un des plus beaux musées virtuels existants. Et s'il est toujours un peu dommage de constater qu'un musée virtuel, aussi beau soit-il, ne procurera jamais le plaisir physique ressenti quand on passe dans les halls dessinés par Hadid ou Pei, force est de constater que, dans ce nouvel institut culturel, le contenu répond quand même «présent».

Qu'est-ce que le GCI? Selon Google, l'objectif du portail est de permettre aux internautes de découvrir plus de six millions d'archives sur l'histoire du XXe siècle. Juste ça. Un work in progress pharaonique monté en partenariat avec 17 musées et instituts du monde : la Maison d'Anne Frank, la Mairie de Paris, l'Institut Luce Cinecitta, le Centre Nelson Mandela, Getty Images, etc.

Comme c'est son habitude, Google ne crée pas à proprement parler de contenu «original» sur cette plateforme. Ce que la compagnie fait plutôt, c'est un formidable travail de commissariat, c'est-à-dire qu'elle regroupe, compile crée un sens à partir d'une multitude de documents éparpillés un peu partout. Des documents souvent inestimables. Comme le fameux Album d'Auschwitz, un recueil de 200 photos qui constitue la seule preuve visuelle témoignant de l'horreur vécue au jour le jour avant la libération dans ce lieu dont, ne l'oublions pas, l'existence est encore niée par beaucoup trop de gens. Une visite qui, comme toujours, dérange profondément.

Autre élément important de l'histoire allemande : une exposition sur la réunification montée par le musée berlinois de l'Allemagne de l'Est. Un document qui va ravir les ostalgiques, ces nostalgiques de l'imaginaire de l'ex-Allemagne de l'Est. Sous forme d'un journal intime auquel se greffe une foule de documents visuels, cette exposition nous fait entrer dans l'espoir et la crainte suscités lors de ces années cruciales qui virent tomber l'étouffant «rideau de fer».

La présentation de son côté est tout simplement réussie. Sous forme d'une ligne de temps, chacun des éléments de ce musée se présente de manière très intuitive. Les «artefacts» sont ici magistralement mis en valeur au moyen d'un design épuré et franchement efficace. Autre bon point, Google rend l'accès à ses «sources» très facile, il est donc aisé de «basculer» du GCI vers les institutions qui lui ont fourni la matière première. Google cite ses sources. D'un point de vue marketing, soulignons aussi qu'il s'agit d'une aubaine pour ces musées qui bénéficient d'une formidable locomotive.

Pour le moment, les expositions sont très centrées sur l'histoire européenne, la période 1939-1989 étant particulièrement fournie. Mais on sort aussi du Vieux Continent, grâce notamment à une collaboration avec le Centre Nelson Mandela, qui permet de littéralement plonger (le terme n'est pas trop fort) dans une des plus formidables épopées de résilience du XXe siècle. Être professeur d'histoire au secondaire...

Et Québec là-dedans? La ville est là. Partiellement. Par l'entremise de la collection de photos du magazine LIFE, on peut notamment accéder à 87 clichés de l'histoire de la ville. Des photos de la visite de Churchill ou encore un magnifique coucher de soleil sur la basse ville pris en 1942. On est cependant très loin de la richesse de collections comme celles du Musée de l'Amérique française ou encore du Musée de la civilisation. La visibilité de notre patrimoine partout dans le monde passe-t-elle par des ententes avec un tel géant? La question vaut la peine d'être posée. Disons seulement qu'en matière de visibilité, il est difficile de faire mieux que de se retrouver sur un portail d'une aussi grande qualité signé Google...

Les îlots de réel contenu sont si ténus quand on les compare aux mers d'insignifiances qui recouvrent la quasi-totalité de la planète Web qu'on ne peut qu'accueillir à bras ouverts ceux qui les maintiennent émergés. Google Style contre Gangnam Style, chacun son truc.

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