2013, l'année des cyborgs?

Le terme «cyborg» décrit tout simplement un être... (Image tirée du site du New York Times)

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Le terme «cyborg» décrit tout simplement un être humain à qui on a greffé des parties mécaniques.

Image tirée du site du New York Times

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Matthieu Dugal

Les cyborgs sont parmi nous, vous ne le saviez pas? Non pas les Terminator et autres Darth Vader, mais bien votre père à qui on a implanté un stimulateur cardiaque, ou bien votre nièce qui a un implant cochléaire. Surpris? Bien que le terme «cyborg» est généralement associé à un univers de science-fiction, il décrit tout simplement un être humain à qui on a greffé des parties mécaniques. À la limite, si vous portez des lunettes, vous êtes un cyborg.

Mais bien davantage que les personnes à qui l'on greffe des parties mécaniques, notre société au complet serait semble-t-il en train d'accoucher d'une génération planétaire de cyborgs : des gens à qui on a greffé non pas un membre, mais une «extension» du cerveau, soit une tablette numérique, un téléphone de nouvelle génération ou encore un ordinateur. Nous sommes maintenant 2,6 milliards de personnes dans le monde à utiliser Internet durant 16 heures par semaine en moyenne. Le tiers de l'humanité. Et qui ne peut plus s'en passer.

Quels sont les dangers et les avantages à vivre dans ce monde où nous passons de plus en plus de notre temps greffés au grand réseau? C'est le sujet d'une passionnante discussion entre trois penseurs de ce phénomène et qu'on retrouve sur le site du New York Times. Susan Greenfield, spécialiste de la pharmacologie synaptique à Oxford, Maria Popova, chercheuse au MIT et fondatrice du célèbre site Brainpickings.org (dont je vous parle plus bas), et Evgeny Morozov, l'auteur du livre The Dark Side of Internet Freedom y vont de leurs fascinations et de leurs craintes.

Les trois experts posent de très bons constats. Les algorithmes d'Internet, disent-ils, sont très bien organisés pour nous faire découvrir des choses qu'on sait déjà qu'on aime, ce qui est le contraire de la curiosité. (Du genre, vous achetez un album de Marie-Élaine Thibert sur iTunes et le site vous propose d'acheter le dernier de Maxime Landry...)

Autre constat? Les sites comme Facebook ou Twitter favorisent la nouveauté au détriment de la pertinence. D'où l'importance, paradoxalement, d'avoir en amont de ces sites, non pas des algorithmes qui «sélectionnent» pour vous, mais bien de véritables responsables du contenu, des commissaires en quelque sorte, que ne remplaceront jamais des séries de codes. Et ce ne sont que quelques questions abordées dans cette grande et passionnante conversation sur notre destin de cyborg. Une lecture qui sert d'incipit des plus pertinents pour comprendre les changements que le réseau opère dans nos têtes.

Car, paradoxalement, plus nous deviendrons des cyborgs, plus nous aurons besoin... d'humains. Ce qui, en soi, est une bonne nouvelle.

http ://www.nytimes.com/2012/11/30/opinion/global/maria-popova-evgeny-morozov-susan-greenfield-are-we-becoming-cyborgs.html

BRAINPICKINGS, LES FEMMES QUI ONT FORGÉ L'HISTOIRE ET AUTRES DÉCOUVERTES

Parlant de «commissariat Web», que les anglophones appellent le curating, l'équipe du Flâneur s'en voudrait de ne pas vous avoir encore parlé de la passionnante Maria Popova, une commissaire/chercheuse/journaliste (mentionnée plus haut) à mettre d'urgence dans vos signets, si ce n'est pas encore déjà fait.

Maria Popova représente-t-elle le futur du contenu sur Internet? Nous le pensons. Vous voulez sortir de l'actualité québécoise, canadienne? Tanné de lire (ou d'écouter) ces jours-ci un paquet de racistes antiautochtones dont la pensée semble figée au XVIe siècle? Allez faire un tour sur le fabuleux site Brainpickings.org. Mis sur pied par Popova (une Bulgare de même pas 30 ans qui demeure maintenant à New York et dont le CV est long comme ça), Brainpickings, c'est une plongée quotidienne dans le monde de l'art, du design graphique, de la philosophie, de la musique, de la créativité. Ici pas d'algorithmes qui vous proposent des choses en fonction de vos intérêts, mais bien de vraies personnes qui font confiance à ce qui, selon eux, est paradoxalement engourdi par Internet : la curiosité. Des découvertes, en voulez-vous, en voilà.

Et comme si ce n'était pas assez, Popova vient tout juste de créer un site consacré aux femmes... pas assez célèbres. Saviez-vous que les communications sans fil (dont la technologie Bluetooth) ont été rendues possibles par les recherches d'une actrice hollywoodienne qui était aussi... mathématicienne? Son nom : Hedy Lamarr.

Chaque lundi, et tout au long de l'année, Maria Popova et sa comparse, l'illustratrice Lisa Congdon, vont mettre en vedette les réalisations de femmes d'exception dans le monde de la science, de l'art, de la politique, etc. Et pour lancer leur site, elles nous en proposent quatre d'emblée : en plus de Lamarr, vous découvrirez Anaïs Nin, Gertrude Stein et Agnès Martin. Un site qui montre que l'artisanat et la curiosité ont encore leur place dans le monde des pixels.

Bonne année, chers lecteurs!

http ://www.brainpickings.org

http ://thereconstructionists.org/

@brainpicker

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