Le marketing libertarien

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I Pencil est esthétiquement un très beau petit film. Cinq minutes où on résume, élégantes animations à la clé, la pensée controversée de Leonard Read, fondateur du plus vieux think tank libertarien des États-Unis, la Foundation for Economic Education.

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Matthieu Dugal
Matthieu Dugal, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Aussi incroyable que cela puisse paraître, ce n'est pas dans une cour de récréation, mais bien dans des médias de grandes personnes que des commentateurs québécois pilonnent actuellement les positions de leurs rivaux idéologiques à l'artillerie lourde de l'adjectif. Larguons du napalm «bolchevique», armons nos bombes intelligentes de «collabos de camps nazis». Les dommages collatéraux que sont la haine et la pensée en lambeaux font semble-t-il maintenant partie de ce qu'il faut accepter. La guerre idéologique a ses raisons. Mais comme disait l'autre (qui fut un sénateur californien isolationniste), la vérité en sera-t-elle toujours la première victime?

En ces temps troubles, revenir à une discussion respectueuse sur des principes économiques de base (ou que nous croyons être tels) serait peut-être quelque chose à privilégier, et pourquoi ne pas commencer, qui l'eut cru, par un clip d'une fondation... libertarienne? Mis en ligne la semaine dernière, I Pencil est esthétiquement un très beau petit film. Cinq minutes où on résume, élégantes animations à la clé, la pensée controversée de Leonard Read, fondateur du plus vieux think tank libertarien des États-Unis, la Foundation for Economic Education. Étonnamment, et contrairement au discours belliqueux de plusieurs tenants du Tea Party (la «branche armée» américaine de cette philosophie politique), dans ce clip, on n'attaque personne. On exprime des idées contestées, certes, mais bien résumées et d'une efficacité redoutable (certains diront que la particularité du sophisme est justement d'apparaître d'une logique sans faille).

Cela dit, les principes énoncés dans ce film (basé sur le livre du même nom écrit par Leonard Read) ont l'avantage d'être clairs. On y prend l'exemple des interactions nécessaires à la confection d'un simple crayon de plomb pour montrer comment il est «normal» que des «individus» s'assemblent «spontanément» pour mettre ensemble des sommes infinitésimales de savoir-faire «égoïste» pour un but qui sert in fine l'ensemble des hommes. Notez qu'on n'y prononce jamais le gros mot de société. Résumé : la «main invisible» d'un marché laissé à l'état naturel, donc sans intervention d'un grand planificateur, naît et est régulée par une somme d'intérêts égoïstes qu'il ne faut surtout pas réglementer.

Certains vont noter que pas une seule seconde de ce clip n'est consacrée à l'épuisement des ressources, d'autres vont applaudir à tout rompre, mais il y a dans ces cinq minutes un véritable concentré des principes qui divisent actuellement si profondément le Québec.

À regarder pour en débattre, parce qu'il est quand même plus élégant de s'attaquer à un principe.

youtube.com/IPencilMovie

*****

Au coeur de l'horreur syrienne

Hunter S. Thompson, dont on a raconté la vie au cinéma notamment dans le film The Rum Diary et Fear and Loathing in Las Vegas (dans les deux cas avec son ami Johnny Depp), est un journaliste américain qui a popularisé le style gonzo : journalisme débridé écrit à la première personne, ultrasubjectif et où on invite le lecteur à adopter les biais de celui qui écrit.

Eh bien Hunter S. Thompson (mort en 2005) adorerait le canal YouTube du magazine VICE. Magazine créé à Montréal en 1994 et devenu depuis une référence mondiale dans la manière dont il traite l'actualité par sa lorgnette trash, VICE a essaimé aujourd'hui dans près d'une vingtaine de pays.

Pourquoi faut-il aller se brancher sous perfusion sur son canal YouTube? Parce qu'on y voit une manière très rock and roll de pratiquer le journalisme à laquelle nous sommes peu habitués. Reportages sur les pratiques vaudou haïtiennes, sur les participants illuminés d'une foire d'armes à feu aux États-Unis, sur un chasseur de satellites-espions, etc.

Dernier exemple en date, un reportage de cinq minutes tourné en Syrie par le grand photojournaliste Robert King (qui travaille notamment pour la prestigieuse agence Polaris), qui a passé du temps à Alep dans l'hôpital Dar Al-Shifa, un hôpital pour enfants (vous avez bien lu) bombardé à six reprises par les troupes du dictateur Bachar Al-Assad et ses alliés du Hezbollah pro-iranien. Les images sont crues, la caméra est à la fois nerveuse et incroyablement poétique.

Les scènes? D'une violence inouïe. On y voit le docteur Osman, expliquant l'été dernier au photojournaliste comment il était devenu une cible militaire : «Un médecin mort, c'est mieux que tuer 1000 combattants.» Dans la section du reportage tournée la semaine dernière, entre le cadavre d'une jeune infirmière qui venait de se marier et un tracteur qui ramasse les décombres d'un mur éventré, parmi les êtres humains hagards couverts de cendres, il énumère les larmes aux yeux le nom de ses collègues morts, frappés par deux missiles : «Dar Al-Shifa, ce n'est pas un hôpital, c'est un message. Ce n'est pas une machine, ce sont des gens, des médecins, des infirmières. Nous n'abandonnerons pas. Nous reconstruirons cet hôpital, nous reviendrons travailler.»

youtube.com/vice

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