Pour que le Web ne ressemble pas à un resto-lounge

La page à Roger dénonce une certaine «naïveté»... (Photo tirée du site www.lapagearoger.com)

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La page à Roger dénonce une certaine «naïveté» du Web des débuts. Et ce Web, heureusement, existe encore aujourd'hui au Québec.

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Matthieu Dugal

(Québec) La musique lounge est une plaie, et l'uniformisation du design sur le Web y fait parfois penser. Ne parlons pas ici des chefs-d'oeuvre de Lalo Schiffrin ou d'Henry Mancini, mais plutôt de ces compilations insipides, équivalent musical d'une discussion d'Occupation double qu'on entend dans ces restos dont la déco semble tout droit sortie d'Occupation double. Le Web, dans sa dégaine donc, a tendance de nos jours à être dominé par des créateurs certes cool, qui ont fréquenté les bonnes écoles, qui font du bon travail, mais qui font souvent dans le même registre. Lapalissade : le Web souffre d'être moderne, il souffre de coolitude.

Preuve à l'appui : La page à Roger, une initiative québécoise qui se présente comme «un répertoire de sites Web médiocres du Québec». Ses créateurs précisent que «le but de lapagearoger.com n'est aucunement de rabaisser les propriétaires des sites ainsi que leurs créateurs»; on y pointe cependant des sites jugés «médiocres» pour montrer aux designers quels écueils éviter. Qu'est-ce qu'on y dénonce? Une certaine «naïveté» du Web des débuts. Comme ces sites datant de 1997, codés en langage html, remplis de GIF animés criards sur fond turquoise. Un Web qu'on appelle en langage savant le «Web vernaculaire».

Comme le soulignait récemment l'essayiste russe Olia Lialina, ce Web des débuts était «chatoyant, riche, personnel, lent et en construction. [...] Les pages étaient construites dans l'espoir du lendemain, de connexions meilleures et d'ordinateurs plus puissants. Ce Web des indigènes ou des barbares était un Web d'amateurs qui allaient bientôt être dégagés par les ambitieux dotcom, les outils professionnels et le design des experts». Lors d'une rétrospective dans une galerie parisienne l'an dernier, on a souligné fort à propos que «des experts qui jugeaient cette production triviale et de mauvais goût ont imposé leurs normes et standards en réaction justement à ce folklore». Un monde bien intentionné auquel appartiennent manifestement les créateurs de La page à Roger.

Et ce Web, heureusement, existe encore aujourd'hui au Québec. Outre les pages pas si «médiocres» répertoriées par Roger (et qu'il faut visiter pour en comprendre toute la saveur), on trouve ce «Web vernaculaire» au sein de l'industrie la plus à l'abri des effets de mode de toute notre société : celle de la musique country. Tapez Québec et country dans votre moteur de recherche et vous serez illico transporté dans ce Web sans prétention. Une époque où on écoutait la radio sur Realplayer, une époque où le Web était en quelque sorte plus naïf, un Web à qui on n'avait pas encore enseigné qu'il fallait coordonner la couleur de ses cadres avec celle de la moquette.

En fait, visitons en masse La page à Roger, non pas pour rire de ces «Roger», mais bien pour en admirer le travail. Le monde manque de country, pas de musique lounge.

www.lapagearoger.com

www.quebec-country.com

UN HOMMAGE À THE SHINING

Ne jouons pas les difficiles : même bien lisse, le Web contemporain recèle son lot de perles. Parmi celles-ci, les sites de maniaques. Dont Lee Unkrich, un maniaque pas dangereux, qui n'est pas seulement le réalisateur de l'excellent Toy Story 3. Unkrich voue un culte au légendaire The Shining de Stanley Kubrick, et il lui rend bien. On le sait, ce chef-d'oeuvre absolu (qui soit dit en passant n'a jamais remporté de prix) a fait l'objet de bien des hommages. Mais le site entretenu par Unkrich, loin de se présenter comme la référence en matière de réflexion sur le sens à donner au sourire carnassier de Nicholson dans une des dernières scènes, constitue une plongée quotidienne plus que nourrissante dans un univers qu'on ne se lasse pas de redécouvrir.

www.theoverlookhotel.com

VISITER LA VOIE LACTÉE AVEC GOOGLE

Sur l'échelle des choses chouettes, l'équipe de recherche et développement de Google développe des applications de haute volée. Une de ses plus récentes créations est une application permettant de visiter notre galaxie un peu à la manière dont on le ferait avec Google Maps, mais à une échelle qui donne littéralement le tournis. 100 000 Stars est une plongée dans le «voisinage» de notre Soleil, réalisée conjointement avec la NASA et l'Agence spatiale européenne. Logiciel simple qui propose de découvrir de manière très visuelle notre univers, 100 000 étoiles propose de découvrir une infime fraction des 200 à 400 milliards d'étoiles que compte la Voie lactée. Tout y est : facilité d'utilisation, qualité de la vulgarisation, le tout pour apprendre en s'amusant, et en ayant aussi un peu le vertige. Nous vivons parfois à une époque fascinante.

workshop.chromeexperiments.com/stars/

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