Leçons d'économie pour futurs consommateurs avertis

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Laurie Richard

(Québec) Parler d'argent avec ses enfants, jadis presque tabou, est maintenant beaucoup plus facile pour maman et papa. Parfait, car mieux vaut apprivoiser les financesen grandissant. Mais les parents sont-ils vraiment bien outillés pour la tâche?

Une nouvelle étude de la société de services financiers Groupe Investors, menée en ligne en juin dernier, révèle que les parents québécois se sentent à l'aise de discuter d'argent avec leurs enfants : 94 % d'entre eux ont répondu par la positive. À titre de comparaison, ils se disent toutefois plus enclins à parler de tabagisme (97 %). L'alcool et la drogue suivent avec 92 %.

Bruno Therrien, directeur régional au Groupe Investors en Estrie, n'est pas surpris que les parents soient plus à l'aise qu'autrefois de discuter d'argent, et avec le crédit facile d'aujourd'hui, c'est très important, note-t-il.

Avec la disparition du cours d'économie du cursus de l'école secondaire et l'absence de ces enseignements au primaire, l'éducation financière repose entièrement dans les mains des parents, indique M. Therrien, aussi père de deux adolescentes. Selon lui, on devrait principalement aborder la notion de rémunération pour le travail et l'épargne en jeune âge. «Sinon, malheureusement, à l'adolescence, ils pensent que tout est facile et beau!»

Selon l'étude, 77 % des sondés ont souvent ou parfois des conversations sur les bonnes habitudes financières avec leurs enfants. Et près des deux tiers, soit 60 %, sont convaincus de pouvoir inculquer à leurs enfants de bonnes habitudes financières.

Mais, admet M. Therrien, ce ne sont pas tous les parents qui sont bien renseignés. Nombreux sont ceux qui n'ont pas de notions financières ou qui ne savent pas par où commencer!

En effet, un sondage commandé par l'Autorité des marchés financiers dont les données ont été publiées en octobre dernier concluait que les Québécois n'obtiennent pas la note de passage pour leurs connaissances en matière de finances personnelles. L'enquête CROP réalisée au printemps indique qu'en moyenne, les Québécois ont adopté 58,5 % des 40 «comportements» que l'AMF juge essentiels quand vient le temps de choisir un conseiller ou d'acheter un produit financier. Les répondants avaient des résultats plus faibles en ce qui a trait aux conseillers financiers et à la planification de la retraite.

Cinquante pour cent des Québécois se trouvent dans la catégorie des «avisés». Les jeunes adultes ont été plus souvent classés dans la catégorie «indifférents», auprès des personnes âgées de75 ans et plus.

Quand commencer?

Selon le sondage de Groupe Investors, 59 % des parents croient qu'il est préférable de commencer à parler d'argent avec leur progéniture entre quatre et neuf ans; 24 % pensent qu'il est préférable de le faire entre 10 et 12 ans et 17 % croient que c'est à 13 ans que c'est le mieux.

M. Therrien avance qu'il n'y a pas d'âge précis pour initier son enfant au monde de la finance personnelle. «C'est comme faire son lit! Il n'est jamais trop tard!» Plus tôt il en prendra l'habitude, mieux ce sera. Groupe Investors propose toutefois quelques lignes directrices pour aiguiller les parents.

L'épargne en jeu

De 6 à 12 ans, la société suggère de transformer l'épargne en jeu, avec une tirelire, et ensuite un compte bancaire pour déposer l'argent accumulé. M. Therrien assure que les enfants adorent voir le montant monter! Pour responsabiliser le nouvel épargnant, on peut lui offrir une allocation liée à l'accomplissement de certaines tâches.

On se sert aussi de l'occasion pour expliquer comment l'épargne s'accroît. En lui faisant déposer une partie de son allocation dans son compte et en lui expliquant comment les intérêts fonctionnent pour faire croître son petit butin.

De 12 à 16 ans, on introduit les notions budgétaires. On peut encourager son enfant à conserver reçus et factures de ses petits achats pour savoir où va son argent.

La période d'après-Fêtes est propice à l'exercice. Les enfants reçoivent souvent de l'argent de la parenté. Que fera-t-il avec celui-ci? Parlez-en avec votre enfant, appuie M. Therrien. «Si on lui dit : "dépensez-le comme vous voulez", ce n'est pas nécessairement un bon message que l'on envoie.» Il pourrait en dépenser une partie, et en déposer une autre pour un projet.

En voyage avec ses deux filles, M. Therrien leur a offert une allocation de 100 $ pour leurs dépenses personnelles : souvenirs, vêtements, achats soudains... Mais elles n'étaient pas obligées de tout dépenser. En fait, elles ont préféré revenir avec un peu d'argent dans leurs poches pour plus tard.

On peut faire le même exercice à l'entrée des classes, pour l'achat de nouveaux vêtements ou de fournitures scolaires. «De plus, ça nous contrôle comme parent, à respecter notre budget. Il ne faut pas succomber si ça dépasse de 20 $. Il faut se discipliner.»

Le début de l'adolescence est également le moment d'introduire des nouvelles notions comme l'intérêt composé et les placements à long terme comme le régime enregistré d'épargne-retraite (REER). Et ce, même si le concept est encore bien nébuleux pour un ado!

Lorsqu'on s'assoit avec un conseiller financier à la maison. M. Therrien suggère de «s'organiser pour que les enfants ne soient pas loin. Je prétends qu'on ne devrait pas cacher nos choses. Les enfants sont curieux de nature!» Ils pourront ainsi s'intéresser à la chose. «On a tendance à sous-estimer nos enfants!»

Vers 16 ans, c'est au tour du crédit. M. Therrien suggère aussi d'offrir à ses ados une carte de crédit, avec un petit montant, qu'ils seront obligés de rembourser en totalité à la fin de chaque mois. «On critique beaucoup le crédit facile. Mais je pense que comme parent, il faut les éduquer!» Le dossier de crédit sera un outil important dans la vie d'un jeune adulte, lorsqu'il voudra contracter une hypothèque, par exemple. On peut d'ailleurs utiliser les relevés pour discuter avec son ado de son pouvoir d'achat et ses habitudes de consommation.

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