Un traitement simple pour reformer la tête des bébés

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Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) Bébé présente un côté de la tête aplati ou carrément plat? Pas de panique. Des traitements simples existent, dont le port d'un casque en plastique pour reformer sa tête avant que les os se soudent de façon définitive.

Les deux types de têtes plates les plus souvent vus chez les bébés sont la plagiocéphalie (aplatissement d'un côté du crâne) et la brachycéphalie (tête carrément plate à l'arrière du crâne). Une combinaison des deux est aussi remarquée chez certains bébés. Charles, âgé de deux ans, fils de Caroline Dupont, et Antoine, aujourd'hui âgé de trois ans, fils de Stéphanie Léger, avaient tous les deux cinq mois lorsqu'ils ont été diagnostiqués avec une plagiocéphalie.

Issus chacun d'une naissance multiple, ils ont tous les deux porté un casque moulé à leur tête le temps de la replacer dans sa forme. «Ils ont essayé avec les traitements d'une ostéopathe pendant quatre semaines, raconte Caroline Dupont. Comme ma pédiatre ne voyait pas de changements assez rapides, elle ne voulait pas perdre sa fenêtre d'opportunité pour le casque. Ce n'était pas pour des raisons esthétiques, mais plutôt à long terme. Tous les casques de sport que Charles aurait eu à porter plus tard auraient dû être fabriqués sur mesure afin qu'il soit capable de les porter convenablement.»

«Comme une plante...»

Pour le jeune Antoine, c'est sa maman qui s'est rendu compte que sa tête n'était pas très mobile et que, par conséquent, elle était aplatie d'un côté. «Ç'a été un traitement rapide, car il était en pleine croissance, mentionne Stéphanie Léger. Il a gardé son casque huit semaines.» Le jeune Antoine a aussi eu droit aux manipulations d'une ostéopathe une fois par semaine pour régler un torticolis qu'il avait depuis la naissance. Pour la plupart des enfants présentant une plagiocéphalie, un torticolis y est associé.

Les deux enfants, Charles et Antoine, n'ont eu aucune difficulté à s'adapter au port de l'orthèse, même s'ils devaient la porter 23 heures sur 24 - sauf une heure lors de la période du bain. «C'est comme une plante», illustre Stéphanie Léger, maman de trois enfants, dont des jumeaux. «Ça prend un tuteur pour que ça pousse dans la bonne direction.» Une image qu'aime bien la Dre Marie-Danielle Boucher, pédiatre qui travaille auprès des enfants présentant la plagiocéphalie et la brachycéphalie à l'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ). «Comme je dis aux parents inquiets, le casque n'exerce aucune pression sur la tête de l'enfant, explique-t-elle. L'image du tuteur est excellente, car on ne fait que guider la nature. Cette dernière est juste mal partie, et on la réoriente avec le casque. Il est bien toléré par les enfants, et les résultats sont éloquents.»

Agir tôt

L'IRDPQ fabrique jusqu'à 400 casques par année pour les bébés. Le traitement est d'environ trois mois. La Dre Boucher souligne que l'âge idéal pour mettre le casque est entre cinq et sept mois. «Dix, douze mois, c'est tard. J'ai même eu des parents qui sont venus me voir avec leur enfant de deux ans, et il était trop tard. Les os sont fusionnés. Le succès du casque est basé sur les poussées de croissance du crâne. Plus on commence le traitement tôt, mieux c'est. On ne peut toutefois pas le commencer avant quatre mois et demi, car l'enfant doit être capable de tenir sa tête.»

Quatre catégories déterminent la plagiocéphalie et la brachycéphalie, soit léger, léger à modéré, modéré et sévère, précise la pédiatre qui s'occupe de tout l'est de la province pour ces problèmes. «Les cas légers ne valent pas la peine d'être traités. Il faut laisser aller la nature.» Le coût du casque est de 1500 $ et il est remboursable par la Régie de l'assurance maladie du Québec ou par les assurances privées. La Dre Boucher tient à se faire rassurante auprès des parents. «Il n'y a rien qui démontre dans la littérature qu'il y a une association entre retards de développement et plagiocéphalie, soutient-elle. Par contre, le contraire est vrai. Les enfants qui présentent un retard de développement vont développer une plagiocéphalie, parce qu'ils sont encore beaucoup sur le dos à cinq ou six mois étant immobile.»

Ces déformations bénignes sont mieux diagnostiquées, mais l'orthésiste et enseignante en technique d'orthèses et de prothèses orthopédique au Collège Mérici, Isabelle Couture, estime que les parents pourraient être mieux informés sur ce sujet. «Il ne faut pas embarquer dans la perfection de la tête, soulève-t-elle. Il faut juste redonner une forme acceptable à la tête. Redonner de la rondeur, ça fait une différence.»

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