L'histoire se déroule à Saint-Georges de Beauce dans les années 50. Étienne se prend d'amitié pour Samuel, un jeune Noir, et ensemble ils enchaînent les mille et un petits projets qui forment les souvenirs de jeunesse. «Mon père était gérant de la Banque Nationale et nous vivions au 2e étage, au-dessus. À côté, il y avait une pharmacie tenue par un Allemand, qui venait des États-Unis et qui avait adopté un enfant mulâtre. C'est devenu mon ami», raconte M. Langlois. Lorsque l'on parle avec l'auteur, le roman prend soudainement une autre dimension, puisqu'il a vraiment vécu 90 % des évènements racontés dans le roman.
Une autre époque
C'est d'ailleurs ce qui fascine les lecteurs qu'il va rencontrer dans les écoles. «Ils sont étonnés de se faire raconter que lorsque nous voulions faire un cerf-volant, on se faisait donner gratuitement du papier, de la corde, par les commerçants du coin», indique M. Langlois, qui se fait aussi une joie de leur énumérer tous les divertissants gadgets (iPod, ordinateurs) qui n'existaient pas encore lorsqu'il était enfant et de raconter les premières télédiffusions des matchs du Canadiens, présentés, à l'époque, seulement à partir de la deuxième période. Il leur montre aussi des photographies anciennes des lieux mentionnés dans son roman, des draveurs, des inondations qui ont marqué l'histoire du village...
La lecture devient une porte d'entrée sur une autre époque, et souvent l'amorce d'échanges mémorables avec les grands-parents, note l'auteur, qui a fait carrière aux Archives nationales à Québec et a écrit entre autres le Dictionnaire biographique des ancêtres québécois. Le passage à la fiction lui a permis de transmettre les informations qu'il connaissait à fond de manière plus libre, plus ludique, mais toujours avec un souci d'exactitude.
«Pour écrire une saga, il faut connaître le contexte à fond et faire toute sorte de tableaux de filiation. C'est sûr que mon travail de généalogiste a aidé pour ça. Quelqu'un qui n'est pas historien et qui veut écrire une saga historique, je lui souhaite bonne chance. Moi, ça m'a sauvé», explique M. Langlois en riant.
Il tenait aussi à ce que l'histoire soit racontée par le jeune héros, «qui raconte d'abord gauchement, puis qui se perfectionne au fur et à mesure des entrées. J'ai fait vraiment attention, parce que j'ai lu tellement de romans où on fait parler des enfants et où ils sonnent comme de grands philosophes.»
Un deuxième tome, titré Le pensionnat, est paru ce printemps aux Éditions Hurtubise. «Je voulais surtout montrer comment on se débrouillait pour ne pas s'ennuyer. C'était difficile de passer 10 mois sans notre famille. Il y a encore une bonne partie de mon vécu qui passe là», indique l'auteur.