Nouveau papa à 50 ans

Sur le même thème

Les papas tardifs sont parfois plus disponibles pour...

Agrandir

Les papas tardifs sont parfois plus disponibles pour leur enfant qu'ils auraient pu l'être plus tôt dans leur vie d'adulte.

Laurie Richard

Laurie Richard
Le Soleil

(Québec) À l'âge où certains deviennent grands-parents, des hommes se lancent pour la première fois dans la paternité. Les couches, les nuits blanches et les purées après 50 ans? De plus en plus de Québécois se laissent tenter par ce nouveau souffle de vie.

Au cours des 30 dernières années, le rôle du père a beaucoup évolué, souligne Carl Lacharité, psychologue et directeur du Centre d'études interdisciplinaires sur le développement de l'enfant à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Les papas ne sont plus considérés comme des pourvoyeurs, les femmes les ont invités à s'impliquer davantage auprès de leur progéniture, explique-t-il.

«Ce n'est plus un projet juste social, mais un projet affectif, d'avoir un enfant. On se laisse transformer par la présence de cet enfant, ajoute le psychologue. Les hommes perçoivent cette charge émotionnelle.» Certains sont trop pris par leur carrière et d'autres n'ont pas trouvé la bonne conjointe pour s'embarquer dans ce projet avant d'avoir 50 ans, note-t-il.

Charles, de Charlevoix, a eu son premier et unique enfant à 51 ans. Sa fille a aujourd'hui 12 ans. «J'ai toujours été célibataire. Quand j'ai rencontré ma compagne d'aujourd'hui, les enfants, c'était passé!» Mais sa conjointe, 17 ans plus jeune que lui, a un jour remis sa décision en cause. Charles y a pensé pendant un an, tous les ­­­­­­­­­­jours. Une des choses qu'il regrettait le plus de sa vie de célibat était de ne pas avoir eu d'enfant. Il a donc décidé de plonger.

Charles a toutefois tenu à s'assurer auprès d'un professionnel qu'il était en bonne forme. «On s'engage quand même pas comme pour des paiements de voiture!»

«Quand on est plus jeune, on peut courir plus longtemps, mais je pense que quand on a des enfants jeunes, on n'a pas toujours eu l'occasion de faire toutes les choses qu'on voulait faire», avance-t-il, philosophe. «Plus vieux, on se sent davantage conscient de ce qui nous entoure. On est plus porté à laisser tomber la poussière. On est plus patient.»

Retraité aujourd'hui, cet ancien fonctionnaire municipal a beaucoup de temps pour sa fille. Bicyclette, badminton, ping-pong, baignade... son âge plus avancé pour un jeune papa ne l'a jamais empêché de faire des activités avec elle.

Second départ

D'autres hommes se sentent prêts à se réinvestir dans un nouveau projet alors que leurs enfants plus âgés ont quitté le nid, affirme Carl Lacharité.

Pierre Lemieux, 62 ans, de Saint-Jean-Port-Joli, a eu sa petite dernière, Maude, il y a bientôt quatre ans. Juste un peu avant, Prudence, cinq ans, était entrée dans sa vie. Mais ce n'était pas sa première expérience de papa. Il avait déjà deux filles, aujourd'hui âgées de 25 et 22 ans, d'une union précédente.

Sa conjointe actuelle, Patricia Cloutier, 36 ans, voulait fonder une famille. M. Lemieux ne s'est pas posé de questions avant de se lancer dans la paternité une deuxième fois. «J'ai toujours voulu des enfants. J'en aurais eu 10! Mais c'est pas moi qui les porte!» lance-t-il.

Ses filles plus âgées n'étaient pas d­­­­u tout chaudes à l'idée au début. «Mais quand leurs soeurs sont arrivées, l'union a été très fluide. Elles sont en adoration les unes envers les autres!»

La deuxième fois est beaucoup moins inquiétante, souligne M. Lemieux. Il savoure davantage les petits moments en famille, comme l'heure du souper. C'est un nouveau souffle pour lui: «Les enfants amènent tellement de vie!»

Projet identitaire

«T'es avec ton grand-père aujourd'hui?» On a souvent posé la question à la fille de Charles, en public. À l'aise avec la situation, ils se sont toujours contentés d'un sourire complice, sans commenter.

De son côté, Pierre Lemieux avoue toutefois être dérangé par ceux qui croient qu'il est le grand-papa, lors des rencontres à la maternelle, par exemple. «Mais mes filles ne voient pas la différence!»

Charles craignait toutefois que sa fille se fasse taquiner à l'école à cause de son père «plus vieux». Une grosse part de sa réflexion était basée sur cette peur. Mais jamais sa petite n'a mentionné de telles remarques, dit-il, soulagé.

Celui qui a connu Bobino et Bob l'Éponge se trouve «hyper-chanceux». Dans la soixantaine, «je sais c'est quoi un iPod, une DS et c'est qui Coeur de pirate!» Il ne faut pas, selon lui, se priver trop tôt de ce grand bonheur que sont les enfants.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer