La première expérience d'emploi a souvent lieu à 14 ans, note Tanya Colangelo, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de la Capitale-Nationale. En ces temps matérialistes, les jeunes veulent les derniers gadgets et vêtements à la mode, ce que leurs parents ne peuvent pas toujours leur offrir, explique-t-elle.
Il faut toutefois s'assurer que le jeune souhaite vraiment occuper un boulot, sinon la relation professionnelle pourrait mal se terminer. «Souvent, ils veulent des sous, mais ils ne veulent pas travailler les soirs ou les samedis! Quand on n'est pas prêt à faire des concessions, on n'est pas prêt à travailler», prévient Jeanne Cyr-Forgues, intervenante Idéo 16-17, un programme d'accompagnement individuel, au même CJE.
Plus de la moitié des emplois disponibles ne sont jamais affichés, affirme Mme Cyr-Forgues. Il ne faut donc pas hésiter à poser sa candidature spontanément dans les endroits qu'on aime fréquenter. L'accessibilité est aussi importante; maman et papa ne pourront pas toujours assurer le transport.
On peut éplucher les petites annonces, consulter des moteurs de recherche comme celui d'Emploi-Québec et examiner les babillards des CJE, pour voir les postes à pourvoir. On peut trouver la succursale la plus près au www.cjereseau.org.
Mme Cyr-Forgues rappelle d'ailleurs la force des réseaux de contacts. Mentionner sa recherche de travail à ses «amis» Facebook - de façon courtoise et sans faute d'orthographe - est une technique sous-estimée à exploiter.
Le rôle des parents
Avant qu'il ne parte à la chasse, on doit inviter son ado à faire un petit travail d'introspection. Quels sont ses intérêts, ses expériences? «Un jeune a toujours des expériences à mettre sur son CV, même s'il n'a jamais eu d'emploi stable», souligne Mme Cyr-Forgues. Les activités parascolaires, le bénévolat, des rénovations, le gardiennage; tout ça peut très bien figurer sur le document. «Ça prouve des engagements, des responsabilités», complète Mme Colangelo.
Plongeur, caissier, commis... les ados doivent s'attendre à occuper des emplois au salaire minimum, soulignent les intervenantes. D'où l'importance de cibler ses intérêts. «Personne n'a de passion pour la plonge, illustre Mme Cyr-Forgues. Mais, si la restauration l'intéresse, il peut s'agir d'une bonne opportunité!»
Les parents doivent demeurer des «coachs», ne pas trop prendre de place dans les démarches. On peut accompagner son enfant, mais il doit remettre lui-même son CV au patron. Question de mettre l'accent sur son indépendance, remarquent les conseillères. «Pourquoi veux-tu travailler chez nous? Pourquoi je t'engagerais, toi?» Les futurs salariés doivent également être capables de répondre à ces questions facilement.
Attention aux adresses courriel mentionnée]s sur les CV. Les formules peu sérieuses n'ont pas leur place. Mme Cyr-Forgues propose aux ados de se créer un nouveau compte «professionnel» gratuit, sans frivolités, pour la recherche d'emploi. Il faut aussi penser à demander son numéro d'assurance sociale auprès du gouvernement, nécessaire pour être rémunéré.
La ponctualité, l'autonomie, le respect et l'ouverture à la critique et savoir travailler en équipe sont des qualités recherchées par les employeurs. Il faut d'ailleurs être clair avec eux au sujet des disponibilités. Ce premier emploi servira de référence pour les prochaines embauches... ou pourrait même se transformer en boulot à temps partiel lors de la rentrée.
Coopératives jeunesse de services
Les Coopératives jeunesse de services (CJS), un programme estival qui s'adresse aux 12 à 17 ans, sont un bon moyen pour acquérir une première expérience et développer des aptitudes appréciées sur le marché du travail. Les jeunes choisis forment une coopérative de menus travaux et sont accompagnés par des animateurs. Ils décident ensuite ce à quoi ils vont se consacrer: la promenade de chiens, la peinture, le ménage... «Ça donne du vécu, des aptitudes transférables l'année suivante à des emplois réguliers», souligne Tanya Colangelo, conseillère en emploi au Carrefour jeunesse-emploi (CJE) de la Capitale-Nationale.
Deux CJS seront formées dans la région de Québec cet été. Une rencontre d'information se tiendra demain 19h au Patro Roc-Amadour (2301, 1re Avenue) pour le CJS La Cité-Limoilou. Une autre aura lieu mercredi à 19h, 6300 boul. de l'Ormière, local 12 pour le CJS des Rivières.