Eric Olivier, le feu sacré de la danse

Eric Olivier, danseur au studio Party Time... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Eric Olivier, danseur au studio Party Time

Le Soleil, Yan Doublet

(Québec) Ballerine, chanteuse, hockeyeur professionnel... Les enfants rêvent souvent de transformer leur loisir de jeunesse en métier. Une fois adultes, plusieurs déchantent et se découvrent d'autres champs d'intérêt, mais certains conservent la flamme et réussissent à vivre de leur passion. Le Soleil a rencontré Eric Olivier, que rien n'a dissuadé de gagner sa vie en dansant.

Il a la parole aussi rapide que ses pas quand il danse du hip-hop. Eric Olivier, 21 ans -presque 22 -, a mis le projet d'aller à l'université en veilleuse, mais ce n'est pas pour chômer. Ce qu'il fait de sa vie, c'est danser.

«Je ne me vois pas faire autre chose que ça. Avec le temps qu'on investit, ça ne peut pas ne pas marcher», affirme le jeune danseur au style urbain.

Eric Olivier, qui a toujours habité à Saint-Rédempteur, est un vétéran au Studio Party Time. L'école de danse de Québec a ouvert ses portes en septembre 1995, lui y était déjà en janvier 1996, à cinq ans. «Ma soeur et moi, on avait déjà commencé à danser. Mes parents savaient que j'aimais beaucoup ça. L'horaire de la famille était fait en fonction de la danse», se remémore-t-il.

Vers 15 ans, quand il se met à donner des cours, ses parents ne peuvent plus douter de son sérieux. Après un DEC en langues, Eric Olivier décide de parier sur le métier de danseur pour gagner sa vie. «Mon père m'a toujours dit : "Fais ce que tu veux dans ta vie, tant que t'es fier de toi, je vais être fier de toi." À certains moments, ça a été difficile, mais ils m'ont toujours fait confiance», dit-il.

Aujourd'hui, Eric Olivier enseigne au Studio Party Time de cinq à six jours par semaine, en plus d'y répéter comme membre de la troupe P&T, constituée d'autres professeurs, qui a d'ailleurs remporté une quatrième place au World Hip Hop Dance Championship à Las Vegas, en juillet 2010.

Il travaille aussi avec Geneviève Dorion-Coupal, chorégraphe pour Star Académie. Il a dansé trois fois aux côtés de Marie-Mai durant sa tournée. Présentement, il répète pour l'enregistrement du gala Célébrations 2012. «Il y a plein de contrats qui viennent comme ça, il faut les prendre quand ça passe!» philosophe-t-il.

Il compte aussi parmi ses faits d'armes majeurs sa participation à l'élaboration des chorégraphies du jeu The Black Eyed Peas Experience, créé à Québec par Ubisoft.

Non, Eric Olivier ne chôme pas, même s'il n'a pas choisi un métier «traditionnel». «C'est sûr qu'il faut aimer ça plus que tout et être dédié. Il faut être prêt à travailler. Mais au bout du compte, ça m'apporte tellement que je n'ai même pas besoin de compter mes heures», analyse-t-il.

Cela ne l'empêche pas d'avoir un plan B et de se garder un emploi à temps (très) partiel en dehors de la danse, pour parer aux périodes creuses. «Tu ne peux pas être danseur jusqu'à 40 ans, je suis réaliste. Je voudrais éventuellement faire un bac en langues ou en linguistique, mais pour le moment, je n'ai ni le temps ni les énergies à mettre là-dedans», confie-t-il. «Mais il y a toujours moyen de vivre sa vie en danse, même si c'est derrière les projecteurs. Avec la danse, j'acquiers déjà un oeil artistique. J'apprends à voir qu'est-ce qui fait un bon show ou pas. Mes propres parents sont devenus très critiques quand ils me voient danser», souligne le jeune homme.

Expériences déterminantes

C'est une chose d'avoir une passion; c'en est une autre d'en vivre. Pour y arriver, il faut beaucoup de volonté, mais surtout, savoir saisir les occasions, selon Eric Olivier.

Son premier contrat professionnel, le jeune danseur l'a obtenu à 19 ans, dans un film français tourné à Montréal, Fatal, qui mettait en vedette Stéphane Rousseau. «C'est à ce moment-là que je me suis dit que je pourrais faire ça de ma vie», raconte-t-il. «C'était une grosse production de plusieurs millions de dollars. J'ai rencontré beaucoup de monde, je me suis fait des contacts à Montréal, à Paris, en France! J'ai aimé ça, j'ai capoté. Après avoir commencé, je me suis dit que je ne pouvais pas arrêter», déclare Eric Olivier, des fourmis dans les jambes.

Après Fatal vient un autre coup de chance. En 2010, le contrat pour le jeu The Black Eyed Peas Experience, une compétition de danse virtuelle pour la console Wii, tombe entre les mains d'Ubisoft à Québec. Guildo Griffin, le directeur du Studio Party Time, est approché pour participer. Il confie la tâche à des membres de sa jeune troupe P&T, dont Eric Olivier.

«C'était tellement gros, on avait de la difficulté à croire ça, mais on a embarqué», dit-il. Un été intensif de danse, partagé entre ses cours, ses pratiques pour les Mondiaux de danse hip-hop - où le groupe a remporté sa quatrième place - et l'élaboration du jeu, en collaboration avec la chorégraphe des Black Eyed Peas, Fatima Robinson, l'a convaincu qu'il est possible de vivre de son art à Québec. «Je suis beaucoup inspiré par notre coach, Nicolas Bégin. Il a déjà participé à America's Best Dance Crew et So You Think You Can Dance Canada [des compétitions télévisuelles de danse]. Et il vit toujours à Québec», s'enthousiasme Eric Olivier, qui aimerait suivre ses pas, même si le milieu est moins favorable ici qu'à Montréal. Mais peu importe, au fond. Tant qu'il le pourra, il dansera.

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