Ne laissez pas l'insomnie vous rendre insomniaque

Petit conseil très important qui peut vous sauver... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Petit conseil très important qui peut vous sauver : résistez au désir de reprendre le manque de sommeil de la nuit précédente en dormant durant le jour suivant.

Photothèque Le Soleil

Partager

Sur le même thème

Yves Dalpé, psychologue
Le Soleil

(Québec) Voilà plusieurs années, je me cherchais un bon livre sur l'insomnie afin de bien conseiller mes clients. En bouquinant dans la section psychologie de la librairie de l'Université Laval, je suis tombé sur un excellent livre que j'ai conseillé à mes clients durant plusieurs années. Il s'agissait du livre Insomnia, écrit par un professeur d'une université américaine et chercheur sur l'insomnie de réputation internationale. Imaginez-vous qu'un jour j'ai découvert la traduction française de ce livre et j'ai appris que l'auteur, le psychologue Charles Morin, était maintenant professeur à l'Université Laval et qu'il était un Québécois «pure laine».

Ce que j'aime de son livre (Insomnie), c'est qu'il procure informations et conseils judicieux sur l'hygiène du sommeil basés sur la recherche. De plus, il dénonce chez les gens, en parlant spécifiquement de l'insomnie, «le fait de se percevoir comme une victime n'ayant aucune ressource pour s'en sortir».

Par exemple, il attire l'attention sur des agents nocifs sur le sommeil comme le café, l'alcool et la cigarette. Et il préconise la régularité des horaires de coucher et de lever quotidiens. Il déconseille aussi de passer trop de temps au lit et de faire de l'exercice violent juste avant le coucher. Par contre, il suggère de faire de l'exercice en fin d'après-midi ou tôt en soirée comme moyen d'assurer un bon sommeil. De mon côté, je pense qu'un des meilleurs conseils qu'on puisse donner à un insomniaque, c'est de faire une marche d'une heure au début de la soirée.

Autres conseils du Dr Charles Morin parmi bien d'autres : réservez-vous au moins une heure avant le coucher pour relaxer, levez-vous à la même heure chaque matin, peu importe l'heure du coucher de la veille ou l'insomnie de la nuit précédente. Au lit, ne lisez pas, ne regardez pas la télé, n'écoutez pas la radio et ne cherchez pas à résoudre des problèmes. La température de la chambre à coucher compte aussi. Ni trop chaude ni trop froide.

Petit conseil très important qui peut vous sauver : résistez au désir de reprendre le manque de sommeil de la nuit précédente en dormant durant le jour suivant. Ça pourrait être fatal pour la nuit suivante. Attendez tout simplement votre heure habituelle du coucher. Vous aurez alors plus de chances de vous endormir comme un bébé.

En 2009, le psychologue Morin a publié les résultats d'une recherche sur le traitement de l'insomnie dans le journal de l'American Medical Association. Son équipe de recherche et lui ont conclu que si les somnifères sont utiles dans des cas d'insomnie aiguë à la suite des événements spéciaux, ils sont moins efficaces que la psychothérapie pour l'insomnie chronique.

Les somnifères devraient servir exclusivement à dépanner temporairement dans les cas d'insomnie aiguë, tandis que l'insomnie chronique devrait être traitée par l'approche psychologique qui donne des résultats à long terme. Le chercheur Morin met en garde contre l'utilisation régulière et prolongée des somnifères en expliquant que ces hypnotiques affectent la physiologie du sommeil et peuvent rendre somnolent le lendemain, en plus de développer de la tolérance et de la dépendance. Il est important de connaître aussi l'existence du phénomène d'insomnie de rebond après l'arrêt des somnifères.

De son côté, Geneviève Belleville, professeure elle aussi à l'École de psychologie de l'Université Laval, a publié dans la Revue canadienne de psychiatrie les résultats de sa recherche auprès de 14 000 Canadiens. Entre autres inconvénients importants, les médicaments contre l'insomnie augmenteraient de 36 % le risque de mortalité par accident, chute, etc., en plus d'aggraver certains problèmes respiratoires, comme l'apnée, d'altérer le jugement et d'augmenter le risque de suicide.

En passant, tous ces conseils sont judicieux, mais vous savez probablement que le sommeil de qualité va de pair avec la sécurité affective. Pour dormir profondément, les gens ont besoin de se sentir suffisamment en sécurité dans leur relation intime de base. Pas surprenant que les gens dorment si mal quand ils appréhendent une séparation conjugale. On sait aussi que la dépression provoque généralement de l'insomnie. Il faut donc aller à la source des malaises pour venir à bout de l'insomnie dans ces cas-là.

Mon dernier conseil : faites confiance à votre organisme et ne paniquez pas s'il vous arrive à l'occasion de passer une mauvaise nuit. La pire attitude, c'est de faire en sorte que des insomnies passagères vous obsèdent au point de vous rendre insomniaque pour de bon. D'habitude, le corps reprend son dû tôt ou tard et tout se replace. D'ailleurs, il est faux de penser que nous avons toujours besoin d'une nuit parfaite pour bien fonctionner.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer