Résolution 2013: être cinq fois plus positif que négatif

Le négatif ayant beaucoup plus d'impact que le...

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Le négatif ayant beaucoup plus d'impact que le positif, il faut être jusqu'à cinq fois plus gentil que désagréable envers notre conjoint(e) si on veut que le couple perdure.

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Yves Dalpé, psychologue
Le Soleil

(Québec) Selon la tradition, le 1er janvier, on prend de bonnes résolutions et on commence la nouvelle année du bon pied en se promettant à soi-même d'améliorer certaines situations. Si vous désirez améliorer votre satisfaction conjugale, je vous suggère cette résolution : être cinq fois plus positif que négatif envers votre conjoint ou conjointe. Voici pourquoi.

Tout d'abord, il faut reconnaître la force du négatif dans la vie. Ce qu'on appelle «le biais de la négativité» se manifeste partout en psychologie. Les Anglais disent «Bad is stronger than good» pour exprimer le fait que les événements négatifs ont un plus grand impact émotionnel que les événements positifs. Nos réactions aux menaces et aux événements déplaisants sont plus rapides, plus fortes et plus difficiles à éteindre que nos réactions aux plaisirs et aux bonnes nouvelles.

Par exemple, perdre 10 000 $ déclenche une émotion plus intense que le plaisir de gagner le même montant. Les pertes nous affectent beaucoup plus que les gains. C'est probablement un mécanisme de survie incrusté dans l'évolution de l'homme. Devant une menace, il fallait réagir vite pour sauver sa peau.

Or, un universitaire américain, le psychologue John Gottman - qui poursuit des recherches sur la vie conjugale depuis trois décennies -, a énoncé la formule du ratio 5 : 1, devenue maintenant populaire en psychologie du couple. L'une de ses méthodes d'observation des couples consiste à enregistrer sur magnétoscope des échanges verbaux entre des conjoints. C'est ainsi qu'il a découvert que les conjoints formant des couples stables au cours des années avaient des échanges entre eux cinq fois plus positifs que négatifs. Au contraire, les couples instables qui se séparent éventuellement émettent moins d'un comportement positif pour chaque comportement désagréable.

Autrement dit, la recherche de Gottman démontre qu'il faut cinq actions constructives pour réparer les dommages d'une seule critique négative ou d'une action destructrice. Le négatif ayant beaucoup plus d'impact que le positif, il faut être jusqu'à cinq fois plus gentil que désagréable envers notre conjoint ou conjointe si on veut que le couple perdure. Nous sommes donc à l'opposé de l'«oeil pour oeil, dent pour dent»!

Bien souvent, la meilleure façon d'améliorer une situation frustrante dans un couple, c'est de changer soi-même d'attitude. Au lieu de s'entêter à répéter les mêmes reproches, on y met du sien de façon positive.

D'ailleurs, il est difficile pour la plupart d'entre nous de prendre conscience de notre apport personnel dans nos conflits interpersonnels et dans nos insatisfactions conjugales. Par exemple, j'entends souvent un conjoint se plaindre du manque de communication avec l'autre. Heureusement, comme j'ai la chance d'assister au dialogue des couples qui me consultent, je constate souvent l'origine de cette plainte du manque de communication.

Une femme, par exemple, prend toute la place et monologue en déversant son fiel contre son mari. Si celui-ci tente de répliquer, elle se tient sur la défensive et réagit de façon disproportionnée. Il bat en retraite et se tait... Cette femme aurait avantage à cesser de parler et à écouter son mari. Il deviendrait peut-être volubile. Autre exemple fréquent : un conjoint se plaint du manque de libido de sa conjointe sans réaliser qu'il lui manque franchement d'égard et qu'elle se replie sexuellement en guise de protestation inconsciente. S'il devenait chaleureux envers elle, probablement que la libido de sa conjointe s'en trouverait rehaussée de façon spectaculaire.

Nous avons tous tendance à surévaluer notre propre contribution et à diminuer l'apport des autres. Des recherches montrent par exemple que dans un couple chaque conjoint surestime spontanément sa contribution aux tâches domestiques en s'imaginant en faire plus que l'autre. Ainsi, en additionnant le pourcentage que chaque conjoint s'attribuait, un chercheur est arrivé au total de 120 %. Même constat réalisé dans une autre recherche auprès d'étudiants au MBA.

En additionnant la part que chacun croyait apporter à un projet scolaire de groupe, le chercheur est arrivé à 139 %. On entend souvent les étudiants se plaindre d'être défavorisés dans les évaluations de groupe. Cela s'explique probablement par cette perception faussée d'en faire plus que les autres.

Remarquez que je ne suis pas un adepte du «être positif dans la vie» à tout prix de façon béate. Il y a des personnes qui sont trop gentilles et qui manquent d'affirmation. Elles doivent prendre leur place au lieu de chercher à trop plaire. Mais ceci doit se faire quand même dans une ambiance positive sans quoi la relation peut se détériorer.

Alors, à partir de 2013, ne restreignez plus les bisous, les caresses et les compliments. Mettez-en, ce n'est pas de l'onguent.

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