Ceux qui défient la fidélité conjugale sont souvent surpris des réactions dramatiques du conjoint trompé. Le titre de mon livre L'infidélité n'est pas banale reflète en partie la gravité de ces réactions typiques. Les conjoints trompés vivent très souvent un choc émotif comparable au choc post-traumatique. Ils se trouvent propulsés du jour au lendemain dans un univers chaotique qui leur enlève la joie de vivre et la tranquillité d'esprit. Une dépression majeure est fréquente à la suite de la découverte d'une infidélité. Même les enfants qui ne savent pas ce qui se passe en ressentent les contrecoups.
C'est tout cela que pressentent d'emblée les conjoints heureux dans leur vie de couple et c'est pourquoi ils se restreignent dans leurs désirs de séduction malgré l'importance de certaines tentations qui se présentent dans leur vie. Et quand il y a infidélité, la grande majorité des infidèles sont mal à l'aise avec la situation et se sentent la plupart du temps coupables. D'ailleurs, les infidèles n'éprouvent pas que des jouissances dans leurs infidélités; ils en sont la plupart du temps tourmentés pour toutes sortes de raisons.
Mais il existe une sorte d'infidèles, majoritairement des hommes, pour qui les souffrances du conjoint ne comptent guère. Ce sont les sexaoliques qui s'imaginent d'ailleurs que tous les hommes trompent leurs femmes comme eux. Ces dépendants d'une sexualité outrancière se permettent une liberté sexuelle débridée sans se soucier des répercussions sur leur famille. Ces hommes vont d'une partenaire sexuelle à une autre sans attache affective et la quantité de leurs activités sexuelles peut être considérable. Ils sont généralement en couple cependant et tiennent à leur vie familiale qui leur apporte réconfort et sécurité affective. C'est pourquoi ils peuvent réagir avec désarroi quand ils se font prendre, non pas parce qu'ils ont du regret, mais parce qu'ils ne veulent pas de séparation ni d'humiliation. Cependant, une fois la tempête passée, une fois la séparation écartée du paysage, ils retournent vite à leurs habitudes sexuelles en espérant ne plus se faire prendre.
Ces infidèles impénitents ont besoin de liberté sexuelle, comme un alcoolique a besoin d'alcool, pour soulager leurs angoisses et leur mal de vivre. Ces individus sont souvent habités par un sentiment de vide qu'ils cherchent à combler par la séduction et les émotions fortes. Ce sont souvent des carencés affectifs qui ont été mal traités durant leur enfance. Et leurs diverses activités sexuelles dénuées d'engagement amoureux leur servent d'automédication sans qu'ils le réalisent. Selon moi, nous avons affaire ici la plupart du temps à des gens qui ont des troubles de personnalité comme la personnalité narcissique, la personnalité borderline et la personnalité antisociale.
Que faire si vous identifiez cette sorte d'infidélité chez votre conjoint? Le confronter. Dans certains cas, des sexaoliques se laissent toucher et se repentent. Une psychothérapie s'impose alors pour ces hommes. Malheureusement, rares sont ceux qui ont l'humilité et la motivation de s'y soumettre.
En terminant, je souligne que ce comportement est très marginal. Et je déplore que trop souvent on associe tous les hommes à l'infidélité et même à cette sorte d'infidélité qui est la plus néfaste. En ce qui concerne DSK, Berlusconi, Tiger Woods, Bill Clinton et John Kennedy, je ne peux leur attribuer de diagnostics, car je ne les ai jamais rencontrés. Je peux dire au moins que ce qui est rapporté dans les médias concorde avec cette sorte d'infidélité qu'est la dépendance à une sexualité débridée. Et d'après ce que j'ai déjà lu sur notre René Lévesque national, il tomberait peut-être aussi dans cette catégorie.