Le chef Jean Soulard quitte le Château Frontenac

Le chef du Château Frontenac s'envolera mardi pour... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

Agrandir

Le chef du Château Frontenac s'envolera mardi pour Londres, où il cuisinera les repas des invités du Comité olympique canadien.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Partager

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil

(Québec) Après 20 ans à diriger les cuisines du Château Frontenac, le chef Jean Soulard rend son tablier. Le 31 mars, il quittera l'hôtel le plus photographié au monde, mais pas la ville de Québec, où il entend mener des projets plus personnels, toujours sur le thème de la gastronomie.

«Je suis rendu là», a simplement laissé tomber M. Soulard, joint à son bureau lundi après-midi, quelques minutes après l'annonce de son départ. Comparant son engagement à celui d'«un moine ou une soeur qui entre au monastère», il s'est dit chanceux d'avoir «servi» le Château, un lieu mythique auquel son nom et sa personnalité sont désormais associés.

Le chef exécutif part d'ailleurs en bons termes avec son employeur. Il continue de superviser les 75 employés des cuisines de l'hôtel jusqu'à la fin mars, puis il agira comme «ambassadeur culinaire» pour une période supplémentaire de six mois.

Pour reprendre sa comparaison, Jean Soulard est entré en religion au Château Frontenac le 12 juillet 1993, l'année du centenaire de l'établissement. Travailleur fidèle, il était déjà dans la capitale depuis 14 ans, au Hilton Québec. Mais ce n'est pas l'imminence de ses 20 ans de service au même endroit, pas plus que le 60e anniversaire qu'il vient de célébrer, qui l'ont incité à quitter sa brigade. «Je ne suis pas un calculateur», insiste-t-il.

L'athlète accompli - il cumule les marathons - parle davantage d'un nouveau virage que d'un nouveau départ. Il assure d'abord qu'il restera à Québec, qu'il présente comme «sa» ville, «la plus belle du monde», à égalité dans son coeur avec le petit village de La Gaubretière, en Vendée (France), d'où il est originaire.

Il n'est pas question pour lui de lancer un restaurant, ça non. Donner des ateliers de cuisine, possiblement. Des conférences aussi. Faire de la radio, écrire un neuvième livre, autant de choses qu'il apprécie. De la télé? Il a des offres, mais se donne le temps d'y réfléchir. Passionné par l'agriculture urbaine, M. Soulard songe aussi à «mettre mes carottes devant ma maison juste pour que [le maire Régis] Labeaume dise quelque chose».

Lundi, Robert Mercure, directeur général du Château Frontenac, était triste de perdre «une institution», «un ami». Il avoue avoir eu un choc quand son employé vedette, premier chef canadien à avoir reçu la distinction de Maître cuisinier de France, lui a fait part de ses intentions. Mais le patron dit «comprendre qu'il est arrivé à un moment où il veut plus de flexibilité dans sa vie».

Diriger les cuisines de l'hôtel de la chaîne Fairmont (deux restaurants, un bar, des services de banquet et de traiteur, soit jusqu'à 3000 repas par jour) demande un investissement personnel considérable, du «six jours semaine» pour tout dire.

M. Mercure se met tout de suite à la recherche d'un successeur. Son idéal serait de trouver un Québécois rompu aux exigences de la cuisine hôtelière et ayant «la créativité, la drive, la vision et l'expérience évidemment» pour chausser les «grands souliers» de Jean Soulard.

«C'est clair qu'il faut trouver la bonne personne. C'est quelque chose d'important pour le Château, pour la destination et pour la ville en général. On va regarder ça comme il faut pour être sûr qu'on trouve la meilleure personne possible dans le monde», résume-t-il.

Réactions chez les chefs

Lundi, ce départ était le sujet de discussion dans les cuisines de restaurants de Québec. Le chef François Blais, qui a officié au Panache avant de lancer son Bistro B, a reconnu en Jean Soulard l'un des chefs qui ont permis de «mettre le Québec sur la map» de la gastronomie.

Jean LeBlond, connu comme le jardinier des chefs jusqu'à sa récente retraite, a qualifié son ami de «développeur extraordinaire». «Il a tout donné au Château. Il a rajouté à sa noblesse et à sa célébrité. Il l'a ouvert aux Québécois, aux gourmands et en a fait un endroit presque familial», a-t-il témoigné.

M. LeBlond reconnaît aussi à M. Soulard d'avoir donné la priorité aux produits régionaux. Tous deux se répétaient : «Chaque chef devrait avoir son jardinier.» M. Soulard est allé encore plus loin en devenant son propre jardinier, cultivant des fines herbes, gardant des poules et même des abeilles sur le toit du Château Frontenac.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer