Critique

Patente et Machin: une belle patente!

Patente et Machin est une sorte de L'Affaire... (Photothèque Le Soleil, Andréanne Lemire)

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Patente et Machin est une sorte de L'Affaire est ketchup numéro 2 qui prend place dans le local qui abritait Chez Jeannine.

Photothèque Le Soleil, Andréanne Lemire

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Stéphanie Bois-Houde, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Puisque L'Affaire est ketchup, victime de son succès, est souvent «complet», François Jobin et Olivier Lescelleur St-Cyr se devaient de réagir pour «nourrir» la demande! Résultat : Patente et Machin, une sorte d'Affaire 2 où ça fait déjà la file pour les oignons frits avec copeaux de vieux cheddar...

Pas fous, les gars ont mis la main, avec Benoît Fortin Lyonnais, sur le local qui abritait Chez Jeannine. De l'institution qui donnait dans l'authentique petit déjeuner (lire deux oeufs tournés, bacon et un ordre de toasts beurrés), ils ont gardé l'enseigne avec la tête de «madame rétro», une déco brute ainsi qu'une indéniable générosité.

La cuisine s'y avère «très gars» dans le sens de «c'est beau, pis pas inutilement compliqué». Je ne m'étonne pas du buzz qui entoure l'établissement situé dans «Saint-Sau» à l'heure où le «nouvo» Saint-Sauveur est secoué par une réelle révolution gastronomique. Le Pied bleu s'y est doté récemment d'un bouchon et L'Alambic vient de séduire The Wall Street Journal. J'y reviendrai dans les prochaines semaines.

Comme je l'écrivais plus haut, chez Patente et Machin, la directive est claire: bons plats et bons vins (pas chers!) versés à des prix à peine plus élevés qu'à L'Affaire. À l'ardoise, il y a des petits machins à grignoter (huîtres, acras, etc.), de plus gros (porcelet Turlo, pâté chinois, pétoncles géants, fish & chips de morue, etc.) et de «grosses patentes» comme la longe d'agneau et la pintade (l'oiseau entier) en cocotte pour trois fourchettes.

L'atmosphère est cool, avec Fred Fortin dans le piton. La faune mixte réunit des familles - avec poussette -, des jeunes qui mangent au bar, des artistes du coin et des journalistes qui - ouch pour l'ego - se font refouler, faute de réservation... Et ce n'est pas nous! Pierre avait réservé. J'y vais avec lui, car l'ami a testé trois fois le produit. Après une description bavante de l'ardoise du jour, nous y allons pour les oignons en mise en bouche - friture fine, réduction sucrée et fromage pour des notes salées atypiques et jouissives -, le tartare de boeuf et le ris de veau pop corn en entrée.

D'abord, je dois préciser que les portions s'illustrent par leur virilité. On suit la philosophie «quand il n'y en aura plus, il y en aura d'autre!». Bavette et macreuse en dés réguliers composent le hachis carné qui a du coffre. La qualité du boeuf se goûte, car elle n'est pas tassée au second rang par un char d'assaut de garnitures (cornichons, câpres et échalote) exacerbées ou un trop-plein de moutarde. Point final. On va à l'essentiel et c'est bien exécuté.

Plus sophistiqués, les ris de veau en friture de polenta sont impeccables, légers même. Sauf que les champignons qui sont associés aux bouchées d'abats sont enrobés d'une réduction de sauce soya déconcertante tant elle est salée. Y a-t-on goûté en cuisine? Pas sûre.

Ce petit manque de fini - notez que la soirée était extrêmement achalandée -, je le retrouve dans le rösti de mon pâté chinois de bajoue de veau. À la limite d'être brûlée, la galette de pomme de terre n'aurait pas dû sortir de la cuisine. C'est le serveur qui s'est retrouvé avec «la patate chaude» à gérer devant mon coup de fourchette inquisiteur. À sa décharge, il propose de le changer, mais je le garde puisque Pierre a reçu ses gnocchis volontairement plus volumineux que nature et moelleux. Ceux-ci, nappés d'une sauce crémeuse, ont été garnis de succulente chair d'agneau braisée, de pleurotes sautés et d'une poignée de roquette. Ni plus ni moins que voluptueux.

Malheureusement, mon pâté chinois ne comptait pas qu'une seule infraction: la crémeuse de maïs qui fait le lien avec le plat mythique d'origine s'apparente à quelques grains plutôt secs. Bien que la viande soit tendre, elle aurait aussi mérité d'être dégraissée. Je vois un exutoire sublime dans le riz au lait parfumé à la vanille.

Cela dit, malgré ces réserves, Patente et Machin mérite amplement son capital de sympathie. Suffit s'être plus attentif en cuisine.

Au menu

Patente et Machin

82, rue Saint-Joseph Ouest, Québec

Tél. : 581 981-3999

- Ouvert du lundi au dimanche de 14h à 22h

- Cuisine bistro

- Bouteille de vin à compter de 31 $

- Grignotines (petits machins) de 2,50 $ à 4 $

- Entrée (machins) de 9 $ à 12 $

- Plat (patente) de 14 $ à 18 $

- Plat à partager (grosse patente) de 28 $ à 45 $

- Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 80 $ (incluant une grignotine, les entrées, les plats et un dessert partagé)

Stationnement : dans la rue

On aime : la carte évolutive, les vins pas chers et le côté «gourmand» assumé des portions.

On n'aime pas : le service (débordé) était relativement lent le soir de notre visite. Il faudrait aussi freiner sur la salière!

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