Honoré de Balzac décrypte les moeurs gastronomiques du XIXe siècle dans La comédie humaine.
Gustave Flaubert nourrit les amours adultérines d'Emma Bovary (Madame Bovary) avec «de la friture d'éperlans, de la crème et des cerises».
Émile Zola nous ouvrait les portes des Halles avec Le ventre de Paris, là où un «cantal géant, comme fendu à coups de hache [...] et les roqueforts, eux aussi, sous des cloches de cristal, prenaient des mines princières [...]».
Colette se méfiait des filles qui n'aimaient ni le vin ni le fromage. À lire, toute l'oeuvre de la mère de Claudine, qui se délectait autant de liqueur d'oranges que de la compagnie des chats.
Marcel Proust, dans Du côté de chez Swann, dessine les contours de la madeleine, non pas une femme, mais bien «ces gâteaux courts et dodus [...] qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques».
Ernest Hemingway dans Paris est une fête raconte ses beuveries épiques avec Scott Fitzgerald et les pommes à l'huile et le cervelas - «une grosse saucisse de Francfort, lourde et coupée en deux» - de chez Lipp.
Avec Karen Blixen, aucun banquet, sinon celui du Festin de Babette, n'aura autant impressionné les estomacs, les plus sceptiques soient-ils, devant autant de victuailles raffinées.