Car j'ai bien aimé les «cochonneries» bonnes et bien faites de ce bistro-burger, même si j'en garde une micro-insatisfaction. Moi qui rêvais d'escalader un Tom Pouce - ce burger triple étagé dont la recette est la dot de Jean-Philippe Letellier, copropriétaire et petit-fils de la célèbre Marie-Antoinette -, j'ai dû ronger mon frein. Car le dimanche midi, jour de ma visite et du brunch, la carte se resserre autour des petits déjeuners et des «valeurs sûres». Avoir su, j'aurais insisté comme mes voisins de table, qui l'ont eu, «les maudits», leur «géant»!
Mon fils - le cinquième Beatles en raison de son toupet carré, selon un client - aura eu ses crêpes, le chum, son deuxième petit déjeuner sous forme d'oeuf bénédictine au porc effiloché et fromage suisse, et «l'ado» qui n'en est plus une, son burger Original Trois Garçons. J'ai penché pour la salade César, mais j'étais intriguée pour la carnée Originale Trois Garçons avec ses garnitures «viriles» de boeuf haché, oeuf mollet frit, lardons, oignon rouge et vinaigrette crémeuse au bleu. En souvenir d'une Grèce qui n'existe plus, la Mykonos avec dés de féta chaud et tomates miniatures sera l'objet d'un prochain saut, à moins que la curiosité pour Le Petit Julien (pour Julien Hamel, copropriétaire), un burger végé constitué de falafel et nappé de mayo menthe et basilic, ne l'emporte. Car vous l'aurez compris, il y aura d'autres visites.
D'une part parce que l'ancien Café Tatum a de la gueule. Le gène Gauthier (Cochon dingue, Café du Monde, etc.) doit être fort, puisque Francis Gauthier, le troisième larron, a visiblement hérité de «l'oeil familial» en matière d'aménagement. À la fois masculine et urbaine, la salle à manger, avec ses banquettes rouges, la céramique blanche incrustée ici et là et le mobilier noir fait jeune et moderne, sinon que les laits frappés à la carte trahissent une pointe de nostalgie pour le diner d'autrefois.
Le côté «gars» de l'adresse, je le note aussi dans l'exécution de la salade César, où la vinaigrette crémeuse n'épargne aucune parcelle de romaine. C'est son seul gros défaut, ce trop-plein de vinaigrette. Car les copeaux de parmesan qui salent la verdure, les éclats de bacon en chair et les câpres bien calculées émaillent la laitue déchiquetée parsemée aussi de croûtons - que je remplumerais en plus gros morceaux - frottés à l'ail confit.
Mais sachez que le véritable argument du retour réside dans le burger avec six onces de viande hachée - pas compactée et à la forme volontairement imparfaite -, dont le jus de cuisson fuit dans un pain kaiser de chez Paillard. Histoire d'asseoir sa nature «terroir», du cheddar Perron y fond, aidé par les oignons caramélisés tièdes, sans autres patentes inutiles. Ce caractère «local», on le retrouve aussi dans les frites dorées taillées dans des patates de la Ferme Valupierre de l'île d'Orléans. De là, un burger «sûr de lui» qui n'a pas l'air de sortir de «l'usine». J'achète!
Au menu
Les Trois Garçons Bistro - Burger
1084, rue Saint-Jean, Québec
Tél. : 418 692-3900
Ouvert tous les jours
Burgers, salades et plats
Bouteille de vin à compter de 24 $
Le midi, le prix d'un plat inclut l'entrée du jour ou le potage ainsi que la boisson
Petit déjeuner tous les jours
Entrée de 4 $ à 11 $ (pour le caquelon de brie fondant)
Burger de 12 $ à 17 $ (pour le trio de miniburgers)
Salade repas de 12 $ à 18,25 $
«Incontournables» (hot chicken, tartare de saumon, etc.) de 11 $ à 17 $
Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 42,50 $ (incluant un burger, une salade repas et deux petits déjeuners)
Stationnement : dans la rue
On aime : un coup de jeune sur la rue Saint-Jean intra-muros et de vrais bons burgers «artisanaux». Très bons petits déjeuners qui évoquent la signature du Cochon dingue. Service sympa.
On n'aime pas : le fait qu'un dimanche, à l'heure du lunch - dans un secteur touristique -, la carte complète ne soit pas offerte.
Suggestion : les glaces du Bilboquet sont délicieuses, mais tant qu'à encourager les voisins, pourquoi ne pas offrir celles de Paillard?