Serena Williams, championne au-dessus du lot

Serena Williams a décroché un 23e titre du... (AFP, Saeed Kha)

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Serena Williams a décroché un 23e titre du grand chelem en carrière en défaisant sa soeur Venus en deux manches de 6-4. L'Américaine a reçu une lettre pour la féliciter, ainsi qu'une paire d'espadrilles ornées du nombre 23 sur le talon, de la part de l'ex-gloire de la NBA Michael Jordan, le joueur le plus célèbre ayant porté ce numéro.

AFP, Saeed Kha

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François Bontoux
Agence France-Presse
Melbourne

Avec 23 titres majeurs, à une unité du record absolu détenu par Margaret Court, Serena Williams n'est plus très loin de devenir l'incontestable meilleure joueuse de l'histoire du tennis après sa victoire (6-4 et 6-4) contre sa soeur Venus, samedi aux Internationaux d'Australie. Un accomplissement tout naturel pour l'Américaine de 35 ans, qui a toujours été au-dessus du lot.

Depuis qu'on lui a mis dans les mains sa première raquette, peu après son quatrième anniversaire, seule sa soeur Venus a, par moments, contesté sa supériorité. C'était le cas dans leur enfance, dans le ghetto noir de Compton, à Los Angeles, car Serena était la cadette de 15 mois et attirait moins les regards que sa longiligne soeur.

Mais leur père, Richard, ne s'y est jamais trompé. Lorsqu'un entraîneur lui avait assuré qu'il tenait en Venus, alors âgée de 10 ans, «le prochain Michael Jordan au féminin», il avait répondu : «Non, je tiens les deux prochains.»

Cet ancien gérant d'une société de gardiennage a été le personnage-clé de la carrière des soeurs Williams, qu'il a façonnées depuis leur plus jeune âge. L'idée d'en faire des championnes aurait germé dans son esprit avant même leur naissance.

Alors qu'il regardait Roland-Garros à la télévision, il aurait été impressionné par le montant du chèque de la gagnante. Médisance probablement, car Richard Williams, n'étant pas du sérail, n'a jamais fait l'unanimité dans le milieu du tennis. Il avait appris le métier d'entraîneur dans des livres et des vidéos.

Repérées dès leur plus jeune âge - le New York Times en parlait déjà alors qu'elles n'avaient pas 10 ans -, les soeurs Williams ont d'abord écumé le circuit à deux. C'est Serena qui a gagné le premier titre du grand chelem de la famille aux Internationaux des États-Unis en 1999, juste avant de fêter ses 18 ans. Puis Venus est devenue no 1 mondiale en 2002, peu avant sa soeur. De Roland-Garros 2002 aux Internationaux d'Australie 2003, quatre tournois du grand chelem consécutifs se sont terminés par la même affiche : Williams contre Williams. Du jamais-vu.

L'argent aussi a rapidement afflué, des marques d'équipement sportif faisant signer aux deux soeurs dès leur préadolescence des contrats de plusieurs millions et bouleversant la vie de cette famille de neuf membres, les parents ayant eu cinq autres enfants de précédentes unions. Pour l'anecdote, rappelons que Serena a touché son premier chèque (240 $) en 1995 au Challenge Bell de Québec. Âgée de 14 ans depuis à peine quelques semaines, elle avait perdu 6-1 et 6-1 contre sa compatriote Annie Miller en première ronde des qualifications.

Puissance et confiance

Puis les trajectoires des soeurs ont divergé. Alors que Venus se spécialisait dans le gazon de Wimbledon, où elle gagna cinq fois, Serena étendait sa domination sur toutes les surfaces grâce à une tactique simple : profiter de son incomparable puissance pour frapper le plus tôt et le plus fort possible et gagner par K.-O. Pas question de se laisser entraîner dans de longs échanges où ses kilos de muscle finissent par être lourds à porter.

Ses armes? Le service, frappé parfois à plus de 200 km/h, et le coup droit. La confiance aussi. Elle est persuadée que, quand elle joue son meilleur tennis, personne ne peut la battre. Mais les circonstances ne lui ont pas toujours permis de s'exprimer.

En 2003-2004, elle avait été absente huit mois après une opération à un genou. Même si elle n'avait alors que 21 ans, on avait douté qu'elle rejoue au tennis, semblant accaparée par d'autres centres d'intérêt, la mode ou la télévision.

En 2010, elle se taillada les pieds en marchant sur du verre brisé, puis en mars 2011, une embolie pulmonaire faillit lui coûter la vie. Ses déboires, et surtout la tragédie qui a frappé sa famille en septembre 2003 lorsque sa demi-soeur Yetunde fut tuée par balle à Los Angeles, l'ont rendue plus humaine aux yeux du public, dont une partie était fatigué de la voir gagner.

Quelques mois avant, elle avait été sifflée à Roland-Garros, elle qui a pourtant toujours dit son amour de Paris, où elle possède un appartement. Ces gens n'imaginaient pas que 10 ans plus tard, entraînée par le Français Patrick Mouratoglou, elle s'exprimerait dans la langue de Molière sur le court central.

À la tête d'un immense palmarès, Serena ne semble pas atteinte par la lassitude. Pourquoi le serait-elle alors qu'elle est de nouveau la patronne du circuit? Sur les 10 derniers tournois majeurs, elle en a gagné six. Et tous ses objectifs n'ont pas été atteints. Le grand chelem, le vrai, qui consiste à gagner les quatre tournois majeurs la même année, lui échappe toujours. Pour combien de temps?  Avec Le Soleil

Des larmes de joie

Serena et Venus Williams se sont enlacées après... (AP, Dita Alangkara) - image 4.0

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Serena et Venus Williams se sont enlacées après la finale des Internationaux d'Australie. Serena a vaincu sa soeur pour la septième fois en finale d'un tournoi majeur.

AP, Dita Alangkara

Venus Williams a versé davantage des larmes de joie que de peine après avoir plié l'échine pour la septième fois devant sa soeur cadette en finale d'un tournoi majeur, samedi aux Internationaux d'Australie.

Serena a vaincu Venus 6-4 et 6-4 lors de neuvième duel entre les deux soeurs en finale d'un tournoi majeur. Lorsque la cadette de 35 ans s'est assise sur le court, les bras vers le ciel pour célébrer sa victoire, l'aînée de 36 ans s'est dirigée vers elle en contournant le filet et l'a serrée dans ses bras.

Les soeurs Williams sont proches. Elles s'entraînent encore ensemble et voyagent ensemble. Elles se sont affrontées pour la première fois dans un tournoi majeur à Melbourne Park en 1998 (Venus l'avait emporté).

Comme on s'y attendait, Serena s'est imposée facilement en 1h22, samedi. Elle n'a eu quelques problèmes qu'au début, totalement de son fait. Un peu nerveuse, elle a commis pas moins de 13 fautes dans les cinq premiers jeux avant de réagir vigoureusement : une seule erreur dans les cinq suivants pour gagner le set. Elle a fait la différence grâce à sa capacité à faire le point en un coup de raquette (10 as) ou deux en agressant la deuxième balle de Venus.

«C'était un match très difficile», a confié Serena. «J'aimerais vraiment prendre un moment pour féliciter Venus, c'est une personne incroyable. Elle m'inspire. Je n'aurais jamais gagné 23 titres majeurs sans elle. En fait, je n'en aurais jamais gagné un seul sans elle.»

La présence de Venus en finale était une surprise, favorisée par un tableau très favorable. Seulement 17e mondiale et absente des finales majeures depuis celle de 2009 à Wimbledon contre sa soeur, elle n'a rencontré que des adversaires classées au-delà de la 25e place mondiale.

«Jouer contre Venus en finale, c'est de ce genre de choses que les légendes sont faites. Je ne pourrais pas avoir écrit de meilleure histoire. Nous sommes très fières de ce que nous avons fait. [...] C'était une situation gagnant-gagnant aujourd'hui, même si j'avais perdu, car je sais combien Venus a travaillé dur. Une chose que j'ai apprise, c'est qu'il faut profiter des bons moments. C'est ce qui est bien quand on gagne l'Australie. On a quelques mois pour en profiter [avant Roland-Garros, en mai].»

«Pas de sentiment bizarre»

Venus a gagné le dernier de ses sept titres majeurs en 2008 à Wimbledon. Elle n'avait pas franchi la première semaine d'activités dans un tournoi majeur pendant quelques années alors qu'elle luttait contre une maladie qui affectait son niveau d'énergie : le syndrome de Sjogren, diagnostiqué en 2011.

«Je n'ai pas du tout éprouvé de sentiment bizarre», a souligné Venus. «Il y avait plusieurs années que je n'avais pas joué de finale de grand chelem, mais ce n'est pas quelque chose qu'on oublie. Et j'en ai joué un certain nombre. J'ai réalisé de bonnes performances ici. J'ai battu des joueuses en forme. C'est un excellent début de saison.»  AP et AFP

À un titre de Court

Avec 23 titres majeurs, à une unité du record absolu... (Infographie Le Soleil) - image 6.0

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Infographie Le Soleil

Avec son 23e titre du grand chelem, Serena Williams a désormais distancé l'Allemande Steffi Graf (22 titres) pour l'ère professionnelle, qui s'est ouverte en 1968. Elle a savouré le fait d'avoir écrit une page d'histoire à Melbourne. «Mon premier titre du grand chelem a été gagné ici et d'obtenir mon 23e ici, contre Venus, c'est quelque chose dont je me souviendrai longtemps. Je n'aurais pu écrire un meilleur scénario.» Toutes époques confondues, l'Américaine n'est plus qu'à une victoire de Margaret Court (24), qui prenait place dans la tribune présidentielle du stade Rod Laver pour la finale. La légendaire joueuse de tennis australienne a signé 13 de ses victoires avant 1968.  AFP et AP

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