Lucic-Baroni rattrape le temps perdu

La Croate Mirjana Lucic-Baroni célèbre sa victoire contre... (AP, Aaron Favila)

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La Croate Mirjana Lucic-Baroni célèbre sa victoire contre l'Américaine Jennifer Brady aux Internationaux d'Australie.

AP, Aaron Favila

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Agence France-Presse
Melbourne

La Croate Mirjana Lucic-Baroni rattrape le temps perdu à Melbourne, où elle s'est qualifiée pour les quarts de finale des Internationaux d'Australie, son meilleur résultat en grand chelem depuis 18 ans.

La joueuse de 34 ans a éliminé l'Américaine Jennifer Brady, issue des qualifications, lundi, mais c'est au deuxième tour qu'elle a réussi son grand exploit en battant la Polonaise Agnieszka Radwanska, 3e mondiale, avant de bénéficier d'un tableau favorable.

Lucic-Baroni était, à la fin du siècle dernier, un des grands espoirs du circuit, où elle avait débarqué très tôt à un très jeune âge : 15 ans lors de sa première participation à un tournoi du grand chelem (US Open en 1997) et 17 lorsqu'elle joua la demi-finale de Wimbledon contre Steffi Graf. En 1998, elle avait gagné le double en Australie aux côtés de Martina Hingis.

Vie personnelle dramatique

Mais cette réussite sportive cachait une vie personnelle dramatique, à cause d'un père abusif qui la battait régulièrement, comme elle le révèlera des années plus tard.

Sa mère avait fini par fuir son pays pour les États-Unis avec ses quatre enfants. La carrière de Mirjana allait en pâtir, les problèmes financiers rendant les voyages inabordables. En 2003, elle disparaissait du circuit. Une énigme à cette époque, puisqu'elle n'évoquera sa véritable histoire que trois ans plus tard.

N'ayant «jamais envisagé de renoncer définitivement», Lucic a tenté un retour au haut niveau à partir de 2007, mais les résultats ont tardé. Sa vie dans les tournois de deuxième et troisième catégories n'avait alors «rien de glamour».

55 $ par match gagné

«C'était difficile. Beaucoup de pleurs, beaucoup de déceptions. Parfois, il n'y a pas de ramasseurs de balles, pas d'arbitre. Les choses ne se passent pas toujours comme ici [aux Internationaux d'Australie] où tout est si bien organisé. Il arrive qu'on joue pour 55 $ par match gagné», a-t-elle raconté.

Lucic est d'autant plus fière d'avoir finalement réussi à revenir. «Beaucoup auraient abandonné. Je n'ai bénéficié d'aucune faveur particulière. Il a fallu que je fasse tout moi-même et que je me batte très dur. Ça exige beaucoup de caractère et de force mentale», a-t-elle estimé.

Les résultats ont commencé à revenir à partir de 2011, quelques mois après son mariage avec l'Italien Daniele Baroni, avec qui elle vit à Sarasota, en Floride, et n'ont fait que s'améliorer depuis.

Titre à Québec

En 2014, elle a fini la saison dans le top 100 pour la première fois depuis 15 ans après avoir joué les huitièmes de finale du US Open et avoir remporté un titre à Québec, le troisième de sa carrière, 16 ans après le premier.

Aujourd'hui 79e mondiale, elle apprécie bien plus les victoires que lorsqu'elle était adolescente. «À l'époque, c'était ce qu'on attendait de moi. Je gagnais beaucoup en juniors. C'était en quelque sorte normal. Maintenant, c'est bien plus amusant!» a-t-elle dit.

À Melbourne, elle a battu un record : celui des années passées entre son premier match gagné, en 1998, et son deuxième, au premier tour contre la Chinoise Wang Qianq, dans un même tournoi du grand chelem : 19 ans. Elle affrontera en quart de finale la Tchèque Karolina Pliskova, 5e mondiale.

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