L'éternel second devient patron

Andy Murray a fait son entrée à l'AccorHotels... (AFP, Franck Fife)

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Andy Murray a fait son entrée à l'AccorHotels Arena comme numéro 1 mondial du tennis après le forfait de Milos Raonic.

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Agence France-Presse
Paris

Le tennis a un nouveau patron. Andy Murray est parvenu samedi à la première place mondiale pour la première fois de sa carrière... sans jouer. Un paradoxe pour un champion ayant toujours forcé le respect par sa ténacité sur le court.

Depuis la défaite de Novak Djokovic en quarts vendredi, l'Écossais de 29 ans n'avait plus que la demi-finale du Masters 1000 de Paris-Bercy contre Milos Raonic à gagner. Touché à la cuisse (déchirure musculaire) la veille contre Jo-Wilfried Tsonga, le Canadien a toutefois déclaré forfait.

«Évidemment, je ne pensais pas que ça allait se passer comme ça! Mais cette place de numéro un ne s'est pas jouée en une semaine. J'aurais aimé l'obtenir sur le court, mais c'est l'aboutissement de nombreuses années de travail», a réagi Murray, qui succède à Djokovic - son cadet de sept jours -, sur le trône depuis juillet 2014. Le Serbe a occupé le premier rang pendant 122 semaines consécutives et 223 semaines au total.

Murray est le 26e numéro un mondial du tennis - et le premier Britannique - depuis la création du classement ATP en 1973. Seul l'Australien John Newcombe était plus âgé (30 ans) que lui lorsqu'il atteignit pour la première fois le sommet (en 1974).

Longue attente

Personne n'a attendu plus longtemps que Murray pour passer de la deuxième à la première marche. Devenu numéro deux en août 2009, il l'était resté pendant 76 semaines, en plusieurs tronçons, alternativement derrière Roger Federer, Rafael Nadal et Novak Djokovic.

En cinq mois, l'accélération de l'histoire a été fulgurante pour Murray, qui avait à peine la moitié des points du Serbe à la mi-juin. Depuis, il n'a presque plus perdu: 45 matchs gagnés sur 48 (18 d'affilée, série en cours), 6 tournois remportés sur 8, dont son deuxième Wimbledon et ses deuxièmes Jeux olympiques.

Il peut s'enorgueillir d'avoir laissé sa trace dans une période dominée par trois des plus grands joueurs de l'histoire du tennis. Federer, Nadal et Djokovic ont en effet accumulé 43 titres majeurs sur 54 possibles depuis la mi-2003 et détenu tour à tour la première place mondiale depuis 2004. Pas facile d'être joueur de tennis au XXIe siècle!

Dominé dans ses duels par Federer (14-11), Nadal (17-7) et, surtout, Djokovic (24-10), l'Écossais a longtemps été étiqueté «perdant», avant de se débarrasser de la pression qui étouffait son talent. Les Britanniques avaient pourtant vu très tôt en lui le joueur capable de mettre fin à l'interminable attente d'un successeur à Fred Perry, leur dernier vainqueur en grand chelem, en 1936 avant la victoire de Murray à Wimbledon en 2013.

Chez lui, Murray est depuis belle lurette une idole qui compte parmi ses fans quelques Écossais célèbres, dont l'acteur Sean Connery, souvent présent à ses matchs. Ailleurs au contraire, le courant a longtemps eu du mal à passer.

De gaffeur à héros

Timide face à la presse, le visage toujours fermé, Murray a souvent distillé un discours sans fantaisie. Et lorsqu'il se risquait à l'humour, c'était la gaffe, comme en 2006 avant le Mondial de soccer, quand il avait lancé qu'il soutiendrait «tous les adversaires de l'Angleterre». «Nous haïssons Murray», avait alors attaqué un tabloïd, mettant en doute son patriotisme britannique.

C'était pourtant bien avant qu'il ne se déclare en faveur de l'indépendance écossaise au référendum de 2014, dans un tweet qui fit encore couler beaucoup d'encre. Mais tout est oublié depuis la victoire en Coupe Davis en novembre 2015, la première de la Grande-Bretagne depuis 1936, qu'il a gagnée presque à lui seul.

Avec l'âge et les succès, Murray s'est un peu déridé, même s'il ne peut s'empêcher de continuer à éructer des propos parfois orduriers sur le court. Son émotion palpable aux Internationaux d'Australie, à quelques semaines de l'arrivée de son premier enfant, a contribué à le rapprocher du public, comme les larmes versées sur le court central de Wimbledon après sa défaite en finale face à Federer, en 2012.

Après Paris, Murray essaiera de profiter de son élan pour remporter un premier titre au Masters de Londres, à partir du 13 novembre. Il ne pourra se permettre aucun relâchement devant son public, car son avance sur Djokovic au sommet ne sera que de 405 points s'il gagne à Paris-Bercy, dimanche, contre un invité-surprise: le géant américain John Isner (2,06 m), vainqueur 6-3 et 6-4 du Croate Marin Cilic.

L'enfance d'Andy Murray marquée par une terrible tragédie

Né le 15 mai 1987, Andy Murray a grandi à Dunblane, une petite ville d'Écosse, dans une famille de sportifs. Sa mère Judy, ancienne joueuse de tennis, a fait faire ses premiers pas de joueur au nouveau numéro un mondial. Mais «sans jamais le forcer», selon son frère Jamie, joueur de double, titré aussi en grand chelem dans sa spécialité (Internationaux d'Australie en 2016). Adolescent, Murray a poursuivi sa formation à Barcelone.

Son enfance a été marquée par une terrible tragédie. En 1996, un forcené a abattu 16 enfants et un enseignant dans l'école primaire de Dunblane. Âgé alors de 8 ans, Murray se trouvait dans l'établissement au moment du drame et en est resté traumatisé. Il n'évoquera publiquement le sujet qu'en 2013 dans un documentaire sur sa vie diffusé par la BBC. «On ne peut pas imaginer à quel point ce genre de choses est dur. Je suis content de faire quelque chose dont Dunblane puisse être fier», dira le champion, en maîtrisant difficilement son émotion.

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