Nouveau chapitre d'une amitié improbable

La Québécoise Geneviève Demers n'a pas vraiment de... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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La Québécoise Geneviève Demers n'a pas vraiment de rôle défini avec la Slovaque Kristina Kucova. Elle est à la fois sa conseillère, sa psychologue et son amie.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Comme elle l'a fait à Montréal, la Québécoise Geneviève Demers accompagnera la Slovaque Kristina Kucova à l'Omnium des États-Unis, dans deux semaines. Nouveau chapitre d'une amitié improbable.

Demers a fait sensation pendant la Coupe Rogers. La favorite de la foule, Eugenie Bouchard, affrontait alors une joueuse inconnue issue des qualifications en troisième ronde. Dans les estrades, Demers était la seule à encourager l'inconnue. Finalement, cette dernière est revenue de l'arrière pour l'emporter. Elle a ensuite atteint les demi-finales. La meilleure semaine de tennis de sa carrière.

Pas de fausse modestie chez Demers: à Montréal, sa présence a aidé Kucova à mieux jouer. «Joueuse de parc» depuis ses 20 ans, elle n'a rien d'une entraîneure. Mais comme assistante, elle permet à Kucova d'oublier les à-côtés distrayants. Et comme amie, elle lui permet aussi d'oublier un peu... le tennis.

Avant un de leur premier entraînement ensemble, à Washington, Demers a demandé à l'athlète quels étaient ses passe-temps. «Elle est partie à pleurer», raconte la Québécoise, rencontrée dans sa résidence de Neufchâtel. «Elle ne le savait pas. C'était juste, tennis, tennis, tennis. Je pense que ça prend un certain équilibre dans tout, dans la vie, pour être capable de bien fonctionner.»

Une joueuse «fragile»

«[Mon rôle] c'est un peu de la psychologie. De la faire ventiler, de la faire parler, de sortir les émotions. Et de lui changer les idées le soir, quand c'est fini. Partager un bon souper, prendre un verre de vin, prendre une marche. Qu'elle ne soit pas seule à se mettre à penser à plein d'affaires.»

À Washington, Demers rejoint une joueuse «super fragile». «Une petite phase de remise en question, des petits bobos qui ne finissent plus de guérir. Je ne la sentais pas forte.» Kucova songe même à bouder Montréal, mais Demers la convainc du contraire.

Après la Coupe Rogers, Demers permet à Kucova de goûter à de simples petits bonheurs, comme se réunir autour d'un feu. «Elle n'avait jamais fait un feu dehors! On l'a fait trois soirs en ligne», raconte-t-elle.

Elle agit aussi comme conseillère. Kucova souhaitait reprendre le collier à New York. Demers lui a suggéré de participer au tournoi de New Haven, la semaine avant l'Omnium des États-Unis. La Slovaque l'a écoutée.

Leur relation semble forte. Après sa victoire contre Bouchard, Kucova a enlacé Demers dans les estrades. Deux amies d'enfance, aurait-on juré. «On s'entend super bien. On a vraiment des valeurs qui se ressemblent énormément malgré les différentes cultures. Et c'est une fille très intelligente.»

Rencontre récente

Leur rencontre ne remonte pourtant qu'à avril 2014, lors d'une manche de la Fed Cup à Québec. Bénévolement, Demers s'occupe alors de l'équipe slovaque. Elle tisse des liens avec les joueuses et leur entourage. Mais sans plus.

En avril dernier, Demers et Kucova se croisent par hasard au tournoi de Charleston, où la Québécoise est venue faire du tourisme avec son copain. Demers assiste alors à deux victoires de la Slovaque, dont une spectaculaire contre Kateryna Bondarenko après avoir tiré de l'arrière 0-6, 0-2, 0-40. Depuis ce temps, elles gardent contact. Leur véritable union a commencé dans un tournoi à Washington, mi-juillet, puis s'est poursuivie à Montréal.

New York sera le théâtre de leur troisième rendez-vous. Le plus gros. Malgré sa 77e place au classement mondial, Kucova devra passer par les qualifications, à partir du 23 août. C'est son classement pré-Montréal, 121e, qui compte pour le quatrième tournoi du grand chelem de la saison. Les tâches de Demers y seront toujours informelles.

Aucun contrat n'est signé, aucun titre officiel ne lui revient. Pour l'instant, elle n'est qu'une bonne amie. «Je m'organise pour que ce soit simple pour elle. Je prends tous les tracas», résume-t-elle.

Les résultats avant les sentiments

Kristina Kucova ne jouera pas à la Coupe Banque Nationale. Même si sa nouvelle amie habite Québec. Et même si cette amie est la conjointe du directeur du tournoi, Pierre-Luc Tessier.

Comme quoi Geneviève Demers et Kucova ne laissent pas les sentiments dicter leurs décisions sportives. L'absence de la Slovaque s'explique ainsi: «C'est un calvaire pour elle de jouer à l'intérieur. Et elle n'aime pas les surfaces rapides. Elle ne se sent pas prête pour ça. En plus, ce n'est pas une grosse serveuse», énumère Demers.

Kucova participera donc à deux tournois à Tokyo, une décision logique pour la suite de sa carrière. «Honnêtement, elle aurait aimé mieux venir à Québec...» Dans l'espoir de fouler un jour les courts du PEPS, elle aurait d'ailleurs promis de travailler sur son service, raconte Demers en riant. Celle-ci tient d'ailleurs à le souligner: son copain, un ex-entraîneur, n'est pas impliqué dans les affaires de Kucova. «On a séparé complètement les choses. C'est important de le dire. Il n'y a pas eu de sous-coaching

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