Serena Williams rattrape enfin Steffi Graf

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Serena Williams a remporté un septième titre à Wimbledon, samedi.

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Agence France-Presse
Wimbledon

Au terme d'une démonstration de force, Serena Williams a pris sa revanche 7-5, 6-3 sur l'Allemande Angelique Kerber, samedi en finale de Wimbledon, pour conserver son bien et décrocher un 22e titre majeur.

À bientôt 35 ans, celle qui détient maintenant autant de titres du grand chelem que l'Allemande Steffi Graf n'est plus très loin de devenir l'incontestable meilleure joueuse de l'histoire du tennis: un accomplissement tout naturel pour l'Américaine, qui a toujours été au-dessus du lot.

Depuis qu'on lui a mis entre les mains sa première raquette, peu après son quatrième anniversaire, seule sa soeur Venus a, par moments, contesté sa supériorité. C'était le cas dans leur enfance, dans le ghetto noir de Compton, à Los Angeles, car Serena était la cadette de quinze mois et attirait moins les regards que sa longiligne soeur.

Mais leur père, Richard, ne s'y est jamais trompé. Lorsqu'un entraîneur lui avait assuré qu'il tenait en Venus, alors âgée de dix ans, «le prochain Michael Jordan au féminin», il avait répondu : «Non, je tiens les deux prochains.»

Cet ancien gérant d'une société de gardiennage est le personnage-clé de la carrière des soeurs Williams, qu'il a façonnées depuis leur plus jeune âge. L'idée d'en faire des championnes aurait germé dans son esprit avant même leur naissance. Alors qu'il regardait Roland-Garros à la télévision, il aurait été impressionné par le montant du chèque de la gagnante. Médisance, probablement, car Richard Williams n'a jamais fait l'unanimité dans le milieu du tennis.

Repérées dès leur plus jeune âge-le New York Times en parlait déjà alors qu'elles n'avaient pas dix ans - les soeurs Williams ont d'abord écumé le circuit à deux. C'est Serena qui a gagné le premier titre du grand chelem de la famille, aux Internationaux des États-Unis, en 1999. Puis Venus est devenue no1 mondiale en 2002. De Roland-Garros 2002 aux Internationaux d'Australie, 2003, quatre tournois du grand chelem consécutifs se sont terminés par une finale Williams contre Williams. Du jamais vu.

Gagner par K.-O.

L'argent aussi a rapidement afflué, des marques d'équipement sportif faisant signer aux deux soeurs dès leur pré-adolescence des contrats de plusieurs millions de dollars et bouleversant la vie de cette famille de neuf membres, les parents ayant eu cinq autres enfants de précédentes unions.

Puis les trajectoires des soeurs ont divergé. Alors que Venus se spécialisait de fait dans le gazon de Wimbledon, où elle gagna cinq fois, Serena étendait sa domination sur toutes les surfaces grâce à une tactique simple : profiter de son incomparable puissance pour frapper le plus tôt et le plus fort possible et gagner par K.-O. Pas question de se laisser entraîner dans de longs échanges où ses kilos de muscle finissent par être lourds à porter.

Blessures et tragédie

En 2003-2004, elle avait été absente huit mois après une opération au genou. Même si elle n'avait alors que 21 ans, on avait douté qu'elle rejoue au tennis, semblant accaparée par d'autres centres d'intérêt, la mode ou la télévision.

En 2010, elle se taillada les pieds en marchant sur du verre brisé, puis en mars 2011, une embolie pulmonaire faillit lui coûter la vie. Ses déboires, et surtout la tragédie qui a frappé sa famille en septembre 2003 lorsque sa demi-soeur Yetunde fut tuée par balles à Los Angeles, l'ont rendue plus humaine aux yeux du public, dont une partie était fatigué de la voir gagner.

Quelques mois avant, elle avait été sifflée à Roland-Garros, elle qui a pourtant toujours dit son amour de Paris, où elle possède un appartement. Ces gens n'imaginaient pas que dix ans plus tard, elle s'exprimerait dans la langue de Molière sur le court central.

À la tête d'un immense palmarès, 6Internationaux d'Australie, 3Roland-Garros, 7Wimbledon, 6Internationaux des États-Unis, sans oublier ses 14 titres du grand chelem en double avec Venus et 4 médailles d'or olympique (1 en simple et 3 en double), Serena, no 1 mondiale la plus âgée de l'histoire, ne semble pas atteinte par la lassitude.

Pourquoi le serait-elle alors qu'elle est toujours la patronne du circuit? Sur les sept derniers tournois majeurs, elle en a gagné quatre. Elle avait bien sûr toutefois très hâte de retrouver le chemin de la victoire.

En septembre dernier, il y a eu une défaite surprise contre Roberta Vinci en demi-finale des Internationaux des États-Unis, la privant d'un balayage des tournois majeurs en 2015. Elle a ensuite perdu contre Kerber en finale en Australie, puis contre Garbine Muguruza en finale à Roland-Garros.

«Oui, ça devenait difficile de ne pas y penser, a concédé Williams. «J'ai eu quelques chances, mais ça rend la victoire encore plus douce quand on a travaillé si fort pour l'obtenir.»

Une quête pas tout à fait terminée

Serena Williams insistait pour dire qu'elle ne se pensait pas au 22e titre majeur. Elle refusait d'en parler même si elle passait près sans l'emporter. Maintenant que c'est fait, elle a pu s'ouvrir.

Avec les bras au ciel, Williams a levé deux doigts de chaque main sur le court central pour montrer le chiffre magique à la suite de sa victoire de 7-5, 6-3 contre Angelique Kerber, samedi en finale de Wimbledon, ce qui lui a permis d'égaler le record de 22 titres majeurs qui appartenait à Steffi Graf.

«Honnêtement, il y a eu des nuits blanches, pour plusieurs raisons, a dit Williams. Mon objectif est de gagner au moins un tournoi majeur par année. Il y avait de la pression.»

Williams a rejoint Graf pour le plus de titres majeurs dans l'ère moderne, qui a débuté en 1968. Williams aura maintenant dans son viseur le record de tous les temps : les 24 titres du grand chelem de Margaret Court.

Il s'agissait aussi pour Williams d'un septième titre à l'All England Club - seulement Martina Navratilova en a plus dans l'ère moderne avec neuf - et de son deuxième consécutif. Son triomphe à Wimbledon l'an dernier était son 21e en grand chelem en carrière et ce chiffre n'avait pas changé avant samedi.

Dans une reprise de la finale à Melbourne - marquant la première fois en une décennie que deux femmes s'affrontaient plus d'une fois en finale d'un tournoi majeur lors de la même année - la favorite a été en mesure de s'imposer contre la quatrième tête de série. .

L'Américaine de 34 ans y est parvenue en suivant une recette que l'on connaît bien. Elle a été pratiquement invincible au service avec 13 as et en gagnant 38 des 43 points disputés sur sa première balle. Elle a concédé une seule balle de bris-à 3-3 au deuxième set, marquant la seule véritable ouverture pour Kerber -, mais elle a fermé la porte avec deux puissants as.

«J'ai tout tenté à la fin, mais Serena méritait de gagner», a dit l'Allemande de 28 ans. «Elle a joué de façon incroyable.»

Plus tard samedi, Williams a ajouté un autre trophée à sa collection, quand Venus et elle ont vaincu Timea Babos, de la Hongrie, et Yaroslava Shvedova, du Kazakhstan, 6-3, 6-4. Il s'agit de leur 14e titre majeur en... 14 finales. Avec AP

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