Maria Sharapova testée positive

Maria Sharapova a annoncé lundi à Los Angeles... (Photo Robyn Beck, AFP)

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Maria Sharapova a annoncé lundi à Los Angeles qu'elle avait fait l'objet d'un contrôle antidopage positif lors des Internationaux de tennis d'Australie en janvier.

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Jérôme Rasetti
Agence France-Presse
Los Angeles

L'ancienne numéro un mondiale Maria Sharapova a annoncé lundi qu'elle avait fait l'objet, aux Internationaux d'Australie, d'un contrôle antidopage positif résultant de la prise d'un médicament, le meldonium, apparu en janvier 2016 sur la liste des produits prohibés et au coeur de plusieurs affaires retentissantes.

Alors que les amateurs de tennis redoutaient qu'elle annonce, à 28 ans, la fin de sa carrière en raison de la blessure à un avant-bras qui l'empoisonne depuis des mois, Sharapova a pris tout le monde à contrepied.

«Si j'avais décidé d'annoncer la fin de ma carrière, je ne l'aurais pas fait dans un hôtel du centre-ville de Los Angeles avec une moquette aussi particulière», a-t-elle, timidement, souri.

Le visage fermé, la Russe aux cinq titres du Grand Chelem a révélé que la Fédération internationale de tennis lui avait notifié le 2 mars qu'un de ces échantillons prélevés le 26 janvier à Melbourne était positif.

«Depuis dix ans, je prends un médicament sur prescription de mon médecin de famille [...], ce médicament n'était pas sur la liste des produits prohibés par l'Agence mondiale antidopage, mais le règlement a changé le 1er janvier dernier et ce médicament est devenu un produit prohibé, ce que je ne savais pas», a-t-elle poursuivi.

«Je suis pleinement responsable»

Sharapova n'a pas rejeté la faute sur son médecin ou sur tout autre membre de son entourage.

«Je suis pleinement responsable, j'ai fait une énorme erreur, j'ai reçu un courriel de l'Agence mondiale antidopage fin décembre et je n'ai pas contrôlé la liste pour voir si ce médicament figurait maintenant sur la liste des produits prohibés», a-t-elle admis.

«Je suis responsable de ce que j'ingère, je me targue depuis mon plus jeune âge d'être très professionnelle, mais j'ai fait une énorme erreur, j'ai déçu mes admirateurs, j'ai laissé tomber mon sport», a regretté Sharapova qui a amassé 29 millions de dollars en gains en 2015, dont sept seulement sur les courts.

Le médicament en question, le meldonium ou mildronate, lui est prescrit depuis 2006 pour «traiter des problèmes de santé récurrents, un déficit en magnésium, une arythmie cardiaque et des cas de diabète dans [sa] famille».

Principalement utilisé dans la prévention des infarctus, il est classé parmi les hormones et modulateurs métaboliques (groupe S4) depuis le 1er janvier 2016.

Suspendue à titre provisoire

Le meldonium, mis au point dans les années 1970 dans l'ex-URSS, agite depuis plusieurs semaines les autorités antidopage: la Suédoise Abeba Aregawi, championne du monde 2013 du 1500 m (athlétisme), le couple russe Ekaterina Bobrova (patinage artistique), la biathlète ukrainienne Olga Abramova, le coureur de la formation cycliste russe Katusha Edouard Vorganov ont tous été contrôlés positifs à cette substance.

La Fédération internationale de tennis a annoncé quelques minutes après la fin de cette conférence de presse que Sharapova était «suspendue à titre provisoire à partir du 12 mars en attendant le déroulement de la procédure».

À court terme, cette suspension ne change pas le programme de Sharapova: la septième joueuse mondiale a déclaré forfait pour le tournoi d'Indian Wells qui commence mercredi.

Elle n'est plus apparue sur le circuit depuis les Internationaux d'Australie justement où elle s'était inclinée en quarts de finale face à sa grande rivale, l'Américaine Serena Williams.

«Je sais que je m'expose à des conséquences, mais je ne veux pas finir ma carrière de cette façon», a-t-elle reconnu.

«J'espère que je vais avoir la chance de rejouer», a conclu celle qui avait quitté la Russie, enfant, sans parler le moindre mot d'anglais pour devenir aux États-Unis la première numéro un mondiale russe et une femme d'affaires avisée et richissime.

Finie l'image de la femme parfaite...

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Maria Sharapova

AFP, Robyn Beck

Avec cinq titres du grand chelem à son palmarès, Maria Sharapova ne peut prétendre à une place parmi les plus grandes championnes de l'histoire, mais grâce à son physique hollywoodien et à son goût des affaires, elle est devenue «LA» référence du sport-business.

«Si j'avais décidé d'annoncer la fin de ma carrière, je ne l'aurais pas fait dans un hôtel du centre-ville de Los Angeles avec une moquette aussi particulière», a-t-elle, timidement, souri lors d'une conférence de presse, dont l'annonce avait déclenché une vague de rumeurs.

Sharapova n'a pas raccroché sa raquette, mais son contrôle positif aux Internationaux d'Australie au meldonium écorche une image jusque-là parfaite, ou presque.

La Fédération internationale de tennis a annoncé que Sharapova était «suspendue à titre provisoire à partir du 12 mars en attendant le déroulement de la procédure». Selon son avocat John Haggerty, elle pourrait être suspendue jusqu'à quatre années, mais cette suspension pourrait, selon lui, être limitée à deux ans, voire quelques mois, si la commission antidopage de l'ITF prend en compte les explications et la bonne foi de sa cliente. 

De son côté, le manufacturier Nike a annoncé qu'il suspendait son partenariat avec Sharapova, lundi soir. «Nous sommes attristés et surpris de la nouvelle à propos de Maria Sharapova. Nous avons décidé de suspendre notre partenariat avec Maria pendant que l'enquête suit son cours», a indiqué Nike par communiqué.  

29 millions $

La Russe a été la sportive la mieux payée au monde en 2015, selon le magazine Forbes, avec plus de 29 millions de dollars de gains, dont moins de sept sur le court, le reste provenant des revenus publicitaires et de ses différentes activités, dont les sucreries Sugarpova.

Elle a amassé cette saison-là plus d'argent que Serena Williams, sans avoir gagné de tournois majeurs, contre trois pour l'Américaine. Sa fortune est estimée à plus de 200 millions de dollars. 

Bien sûr, le bilan sportif de Sharapova, 28 ans, est loin d'être négligeable. Si elle n'arrive qu'au 22rang au nombre de titres majeurs, elles ne sont que six dans toute l'histoire du tennis à avoir gagné, comme elle, les quatre tournois du grand chelem. Elle compte aussi à son palmarès 30 autres trophées.

Privée de sa mère 

Sa soif de réussite, y compris matérielle, se comprend aisément quand on jette un coup d'oeil à son parcours. Sharapova n'a pas vu le jour avec une raquette en argent dans la main.

Née à Nyagan, en Sibérie, en 1987, un an après le déménagement de ses parents, chassés de Biélorussie par la catastrophe de Tchernobyl, elle a passé sa petite enfance à Sotchi, sur la Mer noire, où elle a tapé ses premières balles.

C'est la championne tchèque Martina Navratilova qui a convaincu son père Youri de l'envoyer aux États-Unis. Âgée de sept ans, Maria quittait définitivement la Russie en compagnie de son père pour la Floride. Elle ne verrait pas sa mère Elena pendant deux ans.

Avant qu'une agence, impressionnée par son potentiel, ne prenne en charge le coût de sa formation dans l'académie de Nick Bollettieri, son père, parti avec 700 $ en poche, avait multiplié les petits boulots.

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