Le scénario fou de Kerber

Angelique Kerber peinait à croire qu'elle tenait le... (AFP, Greg Wood)

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Angelique Kerber peinait à croire qu'elle tenait le trophée des Internationaux d'Australie, son tout premier titre en grand chelem.

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Agence France-Presse
Melbourne

Le scénario de la finale des Internationaux d'Australie était pourtant limpide : Serena Williams l'emportait et elle rejoignait Steffi Graf dans l'histoire avec son 22e titre majeur. Angelique Kerber a toutefois réécrit le script à sa façon en devenant la première Allemande à remporter un tournoi du grand chelem depuis... Graf, en 1999.

Kerber (6e mondiale) a créé une énorme surprise en s'imposant 6-4, 3-6 et 6-4 au bout d'un superbe match de deux heures et huit minutes de jeu. Pour sa première finale en grand chelem à 28 ans, on ne lui donnait pourtant guère de chance face à l'incontestable patronne du circuit, qui participait à sa 26e finale d'un tournoi majeur.

«Mon rêve est devenu réalité. Je suis championne de grand chelem. C'est incroyable!» a lancé l'Allemande au public en retenant avec difficulté ses larmes.

Kerber est loin d'être une débutante. En 12 ans de carrière, elle avait remporté sept tournois, dont quatre tout de même la saison dernière. En grand chelem toutefois, elle n'était jamais allée plus loin que les demi-finales des Internationaux des États-Unis (2011) et de Wimbledon (2012). Elle atteindra dès lundi la deuxième place mondiale.

Williams, âgée de 34 ans, cale de nouveau devant l'histoire. En septembre, l'Américaine avait échoué en demi-finales des Internationaux des États-Unis contre Roberta Vinci. La sensation avait été encore plus forte, car l'Italienne n'était que 43e mondiale. Et la déception plus grande, car Williams était passée à côté du grand chelem.

«On s'attend toujours à ce que je gagne tous mes matchs, mais je ne suis pas un robot», a confié l'athlète de 34 ans, qui n'avait pas échappé de set au fil de ses six matchs avant la finale de samedi.

«Je suis un peu folle»

Bien décidée à ne pas se laisser impressionner par l'événement, Kerber a été héroïque en défense. Ramenant un nombre incroyable de balles, elle a poussé la cadette des Williams à commettre une quantité considérable d'erreurs dans les deux sets qu'elle a gagnés (23 dans le premier, 18 dans le troisième), alors qu'elle faisait presque un sans-faute. Six erreurs en tout dans ces deux manches, une performance digne de Graf, la dernière Allemande sacrée en grand chelem, à Roland-Garros, en 1999, l'année où Serena Williams avait ouvert son palmarès aux Internationaux des États-Unis.

Six fois titrée à Melbourne, l'Américaine a été surprise par le début de match de sa rivale, qui lui a rapidement posé des problèmes avec sa couverture de terrain et avec les angles étonnants qu'elle trouvait avec sa patte gauche. Elle a réussi quelques coups de grande classe, en particulier des amorties un peu téméraires. «Je suis un peu folle! C'est comme ça!» a dit la future numéro deux mondiale.

Au bout du suspense, le bras de Kerber a tremblé au moment de servir pour le titre à 5-3. Mais contre toute attente, Williams a craqué au jeu suivant, offrant le match sur une 46e faute directe, une volée trop longue. Du coup, Kerber devenait la première Allemande à soulever le trophée à Melbourne depuis Graf, en 1994.

«Je suis réellement contente pour elle», a dit Williams. «Elle est là depuis longtemps et elle a une attitude dont plusieurs pourraient s'inspirer, c'est-à-dire de rester positive et de toujours persévérer.»

Pour Williams, l'espoir d'un grand chelem disparaît pour au moins une saison supplémentaire. Mais la course au record de Steffi Graf reprendra dès le mois de mai à Roland-Garros. Et l'Américaine a promis de revenir à Melbourne en 2017.  Avec AP

«Il était temps! Steffi Graf, cela commence à faire»

La presse et l'opinion publique allemandes ont salué dans l'euphorie samedi la victoire de Kerber. «Angie, tu es une bombe du tennis!», s'emballait le tabloïd Bild sur son site, utilisant le surnom de la joueuse de 28 ans, le même dont est souvent affublée la chancelière Angela Merkel. Celle-ci a d'ailleurs réagi dans un communiqué, félicitant Kerber pour avoir «réalisé non seulement son rêve, mais aussi celui de millions de fans de tennis». «Il était temps! Steffi Graf, cela commence à faire», a commenté sur Twitter le président du Comité international olympique, l'Allemand Thomas Bach. «Tu es incroyable, je veux t'épouser», a aussi réagi sur le réseau social la joueuse de tennis Andrea Petkovic. Kerber avait promis de faire un plongeon dans la rivière Yarra, qui traverse Melbourne, si elle gagnait la finale, un pari que beaucoup d'internautes lui rappelaient samedi.  AFP

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