Karatantcheva : «le temps arrange tout»

Dans un match chaudement disputé, Sesil Karatantcheva s'est... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

Agrandir

Dans un match chaudement disputé, Sesil Karatantcheva s'est inclinée devant Paula Kania, 6-3, 6-3, mercredi, au PEPS.

Le Soleil, Caroline Grégoire

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Roland-Garros, printemps 2005. Une jeune sensation de 15 ans bat Venus Williams en troisième ronde, en route vers une présence en quarts de finale. Elle atteint le 35e rang mondial dans la foulée, fait beaucoup d'argent. Quelques mois plus tard, le monde apprend qu'elle a échoué à deux tests antidopage cet été-là. Elle est bannie pour deux ans, perd beaucoup d'argent. Sesil Karatantcheva s'est entretenue avec Le Soleil, mercredi, après sa défaite en deuxième ronde de la Coupe Banque Nationale.

«À cet âge, tu pleures, tu dis quelques mauvais mots, fais quelques mauvais coups. Tu vas prendre de la crème glacée. Et la vie est belle à nouveau», illustre la sympathique Bulgare, reconnue pour ne pas avoir la langue dans sa poche. «J'étais bouleversée, évidemment, mais j'ai continué à pratiquer. Et j'ai décidé qu'il n'y avait rien d'autre que je voulais faire. Deux ans, ça passe en un clin d'oeil.»

Karatantcheva a toujours soutenu qu'elle était enceinte au moment où elle a subi un de ces fameux tests, ce qui expliquerait son haut niveau de nandrolone, un stéroïde anabolisant. La Fédération internationale de tennis (ITF) n'a visiblement pas cru cette version de l'histoire, puisque la joueuse a subi ses foudres. La sentence est tombée au début de 2006. Elle sera deux ans sans jouer de matchs sur les circuits de l'ITF et de la WTA.

Karatantcheva reconnaît aujourd'hui qu'elle a sans doute eu trop de succès trop vite. «Peut-être... Le rythme sur le circuit, les voyages, toute cette pression qui vient des entraîneurs, des parents. Ça peut avoir une mauvaise influence. Je ne crois pas que ton esprit est complètement mature. Tu n'es pas un adulte. Vous ne devriez pas avoir tant de responsabilités à cet âge.»

Lorsqu'elle dit au revoir au circuit, début 2006, elle fait une prédiction : «mon retour sera tonitruant».

Des étincelles

Ce ne fut pas le cas. Elle a causé quelques étincelles, comme cette victoire contre Jelena Jankovic en première ronde à Roland-Garros, cet été, mais pas le coup de tonnerre anticipé. Son meilleur classement de fin d'année demeure une 93e place, en 2012. Elle occupe présentement le 110e rang mondial.

Elle ne croit toutefois pas que sa longue absence lui nuit encore en 2015. Depuis son retour sur les courts, en 2008, elle a joué quelques 25 tournois en moyenne chaque année. Elle a aussi participé aux 30 derniers grands chelems. Bref, elle a rattrapé le temps perdu. «Ç'a peut-être été dur mentalement au début. Mais le temps arrange tout. Je n'ai pas eu le temps de penser au passé.»

Ce passé, c'est comme une autre vie pour la Bulgare. Elle vient d'avoir 26 ans, et joue contre de jeunes sensations, un peu à son image, une décennie plus tôt.

«Quand j'avais 15 ans et que j'affrontais une fille de 23, 24 ans, je me disais : "Mon dieu! Je joue contre une grand-mère!" À l'époque, je pensais sûrement qu'à 26 ans, je serais à la retraite, à Bora Bora, à suivre des cours de plongée. Mais les priorités ont changé. Et la trentaine ne semble plus très loin. Mais tant que je sens que je produis quelque chose avec ce sport et que je ne fais pas que suivre le courant, je continuerai à jouer», dit Karatantcheva.

Aujourd'hui, elle a trois jeunes soeurs, dont la plus vieille, à 15 ans... se débrouille plutôt bien au tennis. Elle dit conseiller à ses parents d'y aller une étape à la fois avec elle. «Elle est très mature pour son âge. Plus que je ne l'étais. Mais je sens qu'elle est trop jeune [pour sauter les étapes]. Je crois que c'est bien de prendre son temps, de passer par les juniors, par une saine période au cours de laquelle tu te bâtis en tant qu'athlète et femme.»

Lors du premier match de la journée, mercredi au PEPS, Karatantcheva s'est inclinée 6-3, 6-3 contre la Polonaise Paula Kania (150e). Le pointage n'indique toutefois pas l'allure de cette rencontre chaudement disputée, qui a duré près de deux heures.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer