Sylvain Bruneau: Capitaine Canada

Sylvain Bruneau... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Sylvain Bruneau

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Derrière chaque grande femme se cache un grand homme, dirait-on. Et derrière les meilleures joueuses de tennis au Canada se trouve Sylvain Bruneau, capitaine de l'équipe canadienne en Coupe Fed. Immense passionné de la balle jaune, même s'il n'y a joué que très peu. Lumière sur un acteur de l'ombre.

«Quand on m'a offert le poste, j'ai refusé!» révèle-t-il, cinq ans après avoir remplacé Rene Simpson à la barre du quatuor unifolié féminin. «Les gens de Tennis Canada avaient pris cette décision sans me consulter. Je voulais conserver la situation qu'on avait, c'était parfait et ça se passait bien. Mais ils n'ont pas voulu. Puis j'ai parlé beaucoup avec Rene et en fin de compte, j'ai accepté le changement proposé.»

Cet épisode charnière de sa carrière témoigne de la modestie d'un entraîneur dont l'ascension personnelle concorde avec la montée du tennis canadien sur la scène internationale. Cinquantenaire en mai, sa première collaboration avec Tennis Canada remonte à 1987.

Bruneau a décroché le poste d'entraîneur au sein de l'équipe de Coupe Fed en 2004. L'entraîneur est l'adjoint du capitaine, celui-ci étant en réalité l'entraîneur en chef. L'entraîneur planifie la préparation et les entraînements; le capitaine décide de qui joue où et intervient auprès des joueuses durant les matchs. L'entraîneur actuel est Simon Larose.

Bruneau se plaisait comme bras droit. Simpson a joué pour l'équipe canadienne avant d'en devenir la capitaine, en 2001. Sur le terrain, elle a atteint le 70e rang mondial. Admise au Temple de la renommée du tennis canadien en 2011. Décédée d'un cancer du cerveau en 2013, à 47 ans. Avant tout, elle était la grande amie de Bruneau.

Lancée en 1963, la Coupe Fédération ou Coupe Fed est devenue la plus grande compétition par équipe dans le sport féminin avec 99 nations en lice cette année. Les Canadiennes participent depuis les débuts et évoluent dans le cercle restreint des huit meilleures équipes du Groupe mondial I pour la première fois en 20 ans.

Les prouesses d'Eugenie Bouchard y sont pour beaucoup, bien qu'elle soit absente cette fois-ci. Mais l'impulsion discrète de Bruneau n'y est pas étrangère non plus. Sous sa gouverne, l'équipe montre une fiche de 10 victoires et de 4 défaites.

PASSION INSTANTANÉE

Il est responsable de l'élite du tennis féminin au Canada. «J'ai fait plusieurs sports étant jeune, mais je me suis mis au tennis assez tard, vers 17 ans. J'ai commencé pour le fun, avec des amis. Et j'ai accroché dès le début, ç'a été très rapide. Ç'a été une passion instantanée.

«J'ai commencé à regarder beaucoup de tennis à la télévision et à jouer, à jouer, à jouer. J'étais quelqu'un qui aimait la compétition. J'aurais d'ailleurs aimé commencer plus tôt et pouvoir en faire plus», regrette-t-il encore un peu.

Très tôt, le métier d'entraîneur happera ce bachelier en éducation physique de l'Université McGill. Un an et demi après ses premières balles frappées au club de Repentigny, sa vile natale, on lui confie les cours aux enfants. L'équipe de compétition du club ne tardera pas non plus à échoir sous sa responsabilité.

«On sortait des bons joueurs», atteste le premier maître des Marie-Ève Pelletier et Jocelyn Robichaud. Très vite, André Martin, de Tennis Québec, puis Louis Cayer et Pierre Lamarche, de Tennis Canada, font appel aux services de ce jeune coach «ultra motivé». 

À 22 ans, on lui demande de suivre deux juniors très prometteurs, Greg Rusedski et Sébastien Lareau. Il prend aussi sous son aile Marc-André Tardif, fils de l'ancien des Nordiques Marc Tardif et longtemps la meilleure raquette sortie de la région de Québec. «J'avais déjà une bonne connexion avec les athlètes», réalise-t-il, avec du recul.

ÉGAL DES MAURESMO ET COURIER 

Si sa crédibilité d'entraîneur n'en souffre plus, Bruneau admet que de ne pas avoir joué au plus haut niveau nécessite quelques efforts supplémentaires. «Il faut vraiment que tu fasses tes preuves», reconnaît-il.

Surtout à la tête d'une équipe nationale comme en Coupe Fed où, advenant une victoire contre la République tchèque en fin de semaine, le Canada pourrait affronter une équipe de France dirigée par Amélie Mauresmo, en avril. Dans le pendant masculin de la Fed, Jim Courier est capitaine des États-Unis en Coupe Davis.

«Quand tu as gagné des grands chelems et tout ça, les gens ont automatiquement confiance que tu connais le tennis. Du moins le côté tactique du tennis, tout le volet compétitif et la pression. Leur approche est peut-être un peu moins technique, mais ils apportent beaucoup par leur expérience et ç'a beaucoup de crédibilité. Ça vaut beaucoup.

«Mais quand ça fait plusieurs années que tu es autour des grands tournois avec les joueurs, même si tu n'as pas joué, gagner un grand chelem ou des trucs comme ça, tu finis quand même par avoir une bonne idée de ce que c'est», fait valoir celui qui est opposé aujourd'hui et demain au Tchèque Petr Pála, bon joueur de double au tournant des années 2000.

Bouchard bien accueillie en Australie

Sylvain Bruneau était aux Internationaux d'Australie, en janvier. Il a vu l'accueil bonifié à l'endroit d'Eugenie Bouchard. Demi-finaliste à Melbourne en 2014 et passée de 32e à 7e au monde en 12 mois, la reine de la Genie Army a cette fois eu droit à tous les égards. «L'année passée, son premier match avait été joué sur le terrain numéro 15 [les archives du tournoi indiquent 17!], à l'autre bout du site. Tu ne pouvais pas jouer plus loin. C'est sûr que cette année, son statut avait changé. Elle pouvait s'entraîner sur Rod-Laver [court central] et ils ont mis deux de ses matchs en soirée sur Margaret Court, leur nouveau terrain.» 

Surface différente, mêmes repères

La moquette de jeu pour la Coupe Fed n'est pas la même que pour la Coupe Banque Nationale, aussi jouée au PEPS, en septembre. Les règles de l'ITF exigent une surface utilisée dans au moins trois tournois du circuit. Tennis Canada déroule donc son propre tapis, rangé à Montréal en attendant coupes Fed ou Davis. Les trois principales joueuses du Canada connaissent déjà l'amphithéâtre-gymnase de l'Université Laval, un avantage selon leur entraîneur. Encore plus dans le cas de Françoise Abanda, qui y avait vécu la grande foule en affrontant Venus Williams, il y a moins de cinq mois. 

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