«C'est le plus jour de ma vie», a lancé d'entrée de jeu la nouvelle championne du tournoi lors de la conférence qui a suivi la remise du trophée. «Cela a été une année très difficile pour moi et je crois que c'est logique que toutes les émotions ressortent d'un coup, alors que je viens de remporter mon premier titre WTA. J'étais classée 260e en juin, je n'ai même pas accédé aux qualifications de Wimbledon, et là, je suis championne d'un tournoi.»
Fidèle à son tennis des dernières rencontres, Flipkens a joué de façon efficace et presque sans erreurs. En grande forme, elle n'a fait qu'une bouchée de son adversaire en première manche pour ensuite devoir s'accrocher pour enlever la seconde manche. «Je dois donner du crédit à Lucie, elle est revenue dans le second set. Mais à la fin, ce n'est pas seulement le jeu, mais qui peut contrôler le mieux ses émotions», a-t-elle souligné.
La Belge de 26 ans a tenu, dimanche comme tout au long de la semaine, un discours témoignant de sa persévérance malgré les embûches éprouvées dans les derniers mois. «J'ai perdu le soutien de ma fédération et peu de gens croyaient encore en moi, a-t-elle indiqué avec émotion. J'ai voulu me battre pour revenir et pour leur prouver qu'ils avaient eu tort. J'ai continué à croire en moi, c'était la seule chose qu'il restait à faire.»
Les yeux de la Belge se sont remplis d'eau lorsqu'elle a été questionnée sur son amie Kim Clijsters, avec qui elle venait tout juste d'échanger quelques mots au téléphone. «Kim vient de prendre sa retraite la semaine dernière et je remporte aujourd'hui [dimanche] mon premier tournoi. On dirait une coïncidence, mais je ne pense pas que c'en soit une. C'est une grande soeur pour moi, elle a toujours été présente, même dans les moments les plus difficiles, a souligné Flipkens. Quand tout va bien, tout le monde est ton ami, c'est dans les moments difficiles qu'on reconnaît nos vrais amis.»
Défaite douloureuse
Pour sa part, Lucie Hradecka semblait abattue une quinzaine de minutes après sa défaite. «C'est très, très difficile», a-t-elle lancé concernant sa cinquième défaite en autant d'occasions en finale d'un tournoi WTA. Les yeux boursouflés par les pleurs, la Tchèque a assuré que sa contre-performance en première manche n'avait rien à voir avec la nervosité, mais plutôt avec jeu de son adversaire. « Elle a bien joué, elle a servi plusieurs balles sur la ligne», a-t-elle indiqué en commentant le jeu de son adversaire.
La frappeuse en puissance n'a jamais semblé trouver le moyen pour déstabiliser Flipkens, qui brisait constamment le rythme du jeu. Elle a conclu en affirmant vouloir revenir la saison prochaine à ce tournoi de Québec que tous affirment particulièrement affectionner.
Bilan positif
Malgré la disparition tôt dans le tournoi de plusieurs favorites et l'absence de Canadiennes après la deuxième ronde, Jacques Hérisset, directeur du Challenge Bell, a dressé un bilan positif de la 20e présentation du tournoi de Québec. «Les spectateurs présents lundi, mardi ont eu droit à du tennis incroyable», lance-t-il pour diminuer l'impact de la contre-performance de plusieurs joueuses. «Tous les soirs, on sortait d'ici vers minuit tellement les matchs étaient contestés. C'est ce qu'on disait depuis le début, oui il y a de la profondeur et vous l'avez vu dès les qualifications.»
Hérriset n'a pas hésité à affirmer que la performance en seconde ronde d'Eugenie Bouchard a été le moment fort du tournoi. «C'est l'un des meilleurs matchs d'une Québécoise de l'histoire du Challenge Bell. Deux bris d'égalité et une foule aussi intense qui se levait à chaque point, c'est un beau cadeau pour notre 20e», a-t-il affirmé avant de donner rendez-vous aux amateurs de tennis pour la prochaine présentation qui se tiendra dans le tout nouveau super PEPS.