Patinage artistique: grande journée pour le Canada

Les Canadiennes Gabrielle Daleman (bronze) et Kaetlyn Osmond... (Archives, AFP)

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Les Canadiennes Gabrielle Daleman (bronze) et Kaetlyn Osmond (argent) ont rejoint la Russe Evgenia Medvedeva (or) sur le podium des Mondiaux de patinage artistique, vendredi, à Helsinki en Finlande.

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Lori Ewing
La Presse Canadienne
Helsinki

Grande journée pour le patinage artistique canadien, vendredi à Helsinki. Pour la première fois de son histoire, le Canada a vu deux de ses patineuses monter sur un podium des Mondiaux.

À l'issue du programme long, la Terre-neuvienne Kaetlyn Osmond a mérité la médaille d'argent avec un total de 218,13 points et l'Ontarienne Gabrielle Daleman (213,52) a obtenu la médaille le bronze. C'est la Russe Evgenia Medvedeva (233,41) qui a triomphé. C'était également un premier podium canadien depuis l'argent de Joannie Rochette en 2009. Avant cela, Elizabeth Manley était la dernière Canadienne à avoir obtenu une médaille aux Mondiaux, en 1988.

La confiance d'Osmond avait été ébranlée à la suite d'un grave accident survenu à l'entraînement. Elle a raté une saison et demie après s'être fracturé le péroné de la jambe droite à deux endroits lorsqu'elle a vacillé pour éviter quelqu'un à l'entraînement en septembre 2014.

Les tests d'imagerie par résonance magnétique ont révélé que les os s'étaient déplacés, comme des cure-dents brisés. Elle a subi deux opérations, avant d'entamer une longue période de rééducation. Debout sur la deuxième marche du podium vendredi, elle a eu l'impression que le doute qui persistait dans sa tête s'était finalement dissipé.

«Lorsque je me suis fracturé la jambe, je croyais que je ne pourrais plus jamais patiner, alors je n'imaginais surtout pas me retrouver sur un podium aux Mondiaux», a indiqué la patineuse de 21 ans, qui était particulièrement satisfaite d'avoir marqué l'histoire canadienne du patinage artistique.

«J'ai dû réapprendre à patiner, réapprendre à me tenir debout sur une seule jambe. J'ai dû aussi réapprendre toute la technique», a ajouté Osmond. Et elle a dû apprendre à performer de nouveau.

«J'ai tellement douté de mes capacités la saison dernière», a-t-elle reconnu. «J'ai douté de ma capacité à performer de nouveau à un niveau si élevé, et finalement, cette année, ce doute s'est lentement dissipé. La dernière trace est finalement disparue aujourd'hui.»

Absente des trois derniers Mondiaux, Osmond monte sur son premier podium planétaire. Quant à Daleman, neuvième aux Mondiaux il y a un an, il s'agit de sa première médaille mondiale, elle qui avait terminé, deuxième des Championnats des Quatre continents, il y a un peu plus d'un mois.

«Que Kaetlyn soit à mes côtés sur le podium, ma coéquipière, ça signifie que nous avons maintenant trois laissez-passer pour les Jeux olympiques, ce qui est une sensation incroyable», a confié Daleman. «Je n'ai que 19 ans, je grandis encore et j'apprends toujours de nouvelles choses, non seulement comme personne, mais comme patineuse. C'est tout simplement incroyable.»

Kostner ramenée à l'ordre par son coach

Vice-championne du monde il y a un an à Boston, l'Américaine Ashley Wagner ne termine que septième. Juste derrière la revenante italienne Carolina Kostner, médaillée de bronze européenne fin janvier pour son premier grand championnat depuis 2014.

Âgée de 30 ans, la championne du monde 2012 était notamment passée à côté d'une de ses pirouettes, ce qui lui avait coûté cher lors du programme court de mercredi, où elle avait terminé au 8e rang (66,33 pts). «Bien sûr, ce n'est pas agréable d'être ici et de faire une erreur, mais l'important, c'est d'être capable de continuer à se battre», avait-elle relativisé, «un peu fâchée» de son programme court.

Quelques minutes plus tard, elle était sèchement rappelée à l'ordre par son entraîneur, l'intransigeant Alexei Michine, alors qu'elle répondait aux journalistes en italien, en allemand, en anglais et même en français : «Moins de bavardage, plus de patinage! Et plus de pirouettes!», lui avait-il lancé.  Avec AFP

Medvedeva seule au monde

À seulement 17 ans, l'aérienne Russe Evgenia Medvedeva a conservé la couronne mondiale, vendredi à Helsinki, une performance qui n'avait plus été accomplie depuis 16 ans et la légendaire Américaine Michelle Kwan en 2001. Sur la glace finlandaise, comme à chacune de ses sorties ou presque depuis son passage chez les seniors à l'hiver 2014-2015, la fine silhouette de Med­vedeva, robe pailletée grise et rose, a éclaboussé de sa grâce. Tout en légèreté. À la clé : un nouveau record du monde de points (233,41), deux mois seulement après celui établi lors des Championnats d'Europe.

Pas de quoi la rendre euphorique pour autant. «Comme il y a un an, je me sens tout à fait calme. J'ai toujours voulu pleurer de joie dans le "kiss and cry", mais ça n'arrive jamais!» a-t-elle plaisanté. «Mais je suis aux anges!» À moins d'un an des Jeux olympiques de Pyeongchang (Corée du Sud), voilà l'adolescente moscovite double championne d'Europe et double championne du monde en titre, victorieuse aussi des deux dernières finales du Grand Prix. Seule au monde.

Tessa Virtue et Scott Moir... (AP, Ivan Sekretarev) - image 3.0

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Tessa Virtue et Scott Moir

AP, Ivan Sekretarev

Une difficile cohabitation

Après deux ans d'absence, les Canadiens Tessa Virtue et Scott Moir sont pratiquement assurés de repartir d'Helskinki avec un troisième titre mondial en danse libre. Grâce à une récolte record de 82,43 points vendredi aux Mondiaux de patinage artistique, ils devancent par plus de cinq points les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron... leurs compagnons d'entraînement à Montréal.

Les quatre patineurs s'entraînent sous la direction de Marie-France Dubreuil et de Patrice Lauzon. La question revient sans cesse tant la situation intrigue les observateurs : comment gère-t-on une telle situation?

«C'est quelque chose qu'on travaille beaucoup parce que l'animosité, c'est mauvais, on ne veut pas la créer. Quand je dis travailler, c'est ne pas laisser les mauvaises énergies se placer dans nos têtes, ne pas laisser la jalousie s'installer dans notre état d'esprit», a expliqué Papadakis, plus tôt cette semaine. «Nous quatre, on arrive très bien à faire la différence entre les concurrents et les partenaires d'entraînement», estime la patineuse de 21 ans.

Son partenaire de 22 ans, un brin lassé que les questions se concentrent sur ce thème, y voyait du positif. «Ça n'handicape pas, c'est toujours une source d'émulation [...] On ne peut qu'apprendre de cette situation, devenir de plus en plus forts. Ça nous permet de grandir.»

Le duo français, double champion du monde et triple champion d'Europe en titre, souligne que la situation n'est pas inédite dans l'univers du patinage artistique. Deux des trois meilleurs patineurs mondiaux - le Japonais Yuzuru Hanyu, champion olympique en 2014, et l'Espagnol Javier Fernandez, double champion du monde en titre - travaillent ainsi à Toronto sous la houlette de Brian Orser.

La tension monte d'un cran

Toujours est-il que le retour cette saison après deux ans de pause des Canadiens, sacrés champions olympiques en 2010 et vice-champions olympiques en 2014, a rebattu les cartes au sommet de la danse sur glace. Virtue (27 ans) et Moir (29 ans) sont invaincus depuis le début de l'hiver. Et ont infligé au passage aux Français leurs deux premiers revers depuis fin 2014.

Difficile pour autant d'y déceler avec certitude une éventuelle fébrilité liée à la gestion de cette cohabitation nouvelle. Ou même un possible complexe face au retour de concurrents de haut vol au palmarès bien garni.

Papadakis reconnaît toutefois qu'en compétition, la présence des Canadiens, synonyme d'une concurrence renforcée, fait monter la tension d'un cran. «En compétition, on arrive et on n'est pas les seuls favoris, c'est quelque chose à gérer, on n'avait pas l'habitude de ça, c'est quelque chose auquel il faut s'habituer.»

Virtue et Moir sont bien placés pour savoir que la cohabitation avec ses principaux rivaux n'est pas toujours évidente à gérer. Dépossédés de leur couronne olympique à Sotchi en 2014 par leurs partenaires d'entraînement d'alors à Detroit, les Américains Meryl Davis et Charlie White, ils avaient déclaré avoir «eu parfois le sentiment» que leur entraîneur de l'époque, Marina Zoueva, n'était pas dans leur camp».  AFP




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