Surprise et poursuite folle pour Harvey!

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Alex Harvey a terminé deuxième d'une poursuite complètement folle, dimanche après-midi, sur les plaines d'Abraham.

Folle, car après 15 kilomètres et 32 minutes 44 secondes d'efforts, un photo-finish a été nécessaire pour déterminer quel skieur du trio de tête a franchi la ligne d'arrivée en premier. L'image l'a clairement démontré : la jeune sensation norvégienne Johannes Hoesflot Klaebo avait quelques centimètres d'avance sur Harvey et Niklas Dyrhaug.

Folle, car avec un peu plus d'un kilomètre à faire, les trois hommes ont cessé de forcer dans un virage, s'étudiant, aucun des trois ne semblant vouloir prendre la pôle pour les dernières centaines de mètres.

Folle, car un chien s'est invité dans l'aventure à la fin du troisième de quatre tours, courant à côté des trois meneurs sur quelques mètres et faisant craindre un accident.

Folle, enfin, car les spectateurs ont été encore plus nombreux et plus bruyants que la veille. Et, dans un sens, les grands gagnants de la journée.

Leur favori, Alex Harvey, a ainsi complété une fin de semaine magique au deuxième rang du mini-tour de Québec, les trois épreuves finales de la Coupe du monde 2016-2017. «J'avais vraiment des bons skis, des bonnes jambes. Tout était là. C'était vraiment une super journée», a souligné le fondeur de Saint-Ferréol-les-Neiges, vainqueur du sprint de vendredi et quatrième au 15 km classique de samedi.

Dimanche, Harvey a su que le podium était à lui lorsque le skieur parti quatrième, Finn Haagen Krogh, a «cassé» à la fin du premier tour, après avoir rejoint le trio de tête. Épuisé par son effort, le pourtant solide Norvégien a d'ailleurs terminé 70e sur 73 participants. De son côté, le groupe de chasse n'a jamais menacé les trois meneurs.

Harvey a contourné le dernier virage au deuxième rang, derrière Dyrhaug et devant Klaebo. Les commentateurs venaient tout juste de dire que celui-ci semblait épuisé lorsqu'il s'est propulsé comme une bombe dans la dernière ligne droite, devançant ses rivaux par un fil.

Incroyable, mais vrai : les commentateurs n'avaient pas tort. «J'étais très fatigué aujourd'hui. Alors d'être capable de gagner... Je n'ai pas de mots, en fait», a dit l'athlète de 20 ans, parti 23 secondes devant Harvey et Dyrhaug en vertu de son temps après les deux premières épreuves de la fin de semaine.

Son objectif au départ était de tout donner pour éviter de se faire rattraper, mais il a vite constaté qu'il valait mieux calibrer ses énergies. Stratégie payante à la fin. «Klaebo, c'est le meilleur sprinteur au monde cette année, a dit Harvey. Se faire déborder par lui, c'est quand même pas trop plate. C'est presque prévisible.»

Saison idyllique

Pour le Québécois, il s'agit de la fin idyllique d'une saison idyllique. Dimanche, il a aussi célébré sa troisième place au classement cumulatif de la Coupe du monde. Position qui ne comprend même pas sa médaille d'or aux 50 km des Mondiaux de Lahti, sa plus grande course à vie. «C'est vraiment, de loin, ma meilleure saison en carrière», a souligné Harvey, aussi deuxième du classement en distances. «C'est sûr que le but, c'est de répéter ça l'an prochain.»

Avant de se reposer en avril, il se rendra en Corée dans les prochains jours pour visiter les installations olympiques. Sorte de première étape en vue du grand objectif de 2017-2018 : Pyeongchang. Selon son père, l'ex-fondeur olympique Pierre Harvey, Alex peut être encore meilleur. «D'année en année, il a toujours progressé. Je suis sûr que lui et son entraîneur voient des choses qu'ils peuvent encore améliorer», a dit le fier papa.

Quant à l'autre vedette de la journée, le chien, Harvey fils a préféré en rire. «Ça ajoute à l'anecdote, ça ajoute à l'histoire des finales. Il n'y a pas eu d'incident, alors tout se termine bien.»

Une stratégie électrisante utilisée en fin de course

Avant d'entamer le dernier kilomètre de la course,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

Agrandir

Avant d'entamer le dernier kilomètre de la course, les trois coureurs de tête se sont étudiés, attendant que l'un d'entre eux passe à l'attaque.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pendant quelques secondes, vers la fin de la course, les trois skieurs de tête ont ressemblé à des cyclistes sur piste qui s'étudient, attendant de voir qui passera à l'attaque. Scénario fort rare en ski de fond, selon les experts.

Une stratégie norvégienne semble être la source de ce moment étrange, étrangement électrisant. «C'était tellement bruyant que pour donner des temps de passage, nos coachs écrivaient sur une feuille de papier, a raconté Alex Harvey. Et là, dans le dernier tour, [les Norvégiens] ne donnaient plus de temps de passage, ils faisaient juste écrire plan.» Harvey savait alors que ses rivaux avaient préparé une stratégie pour la situation dans laquelle ils se retrouvaient tous.

C'est ainsi que Harvey et les Norvégiens Johannes Hoesflot Klaebo et Niklas Dyrhaug se sont observés, comme s'ils avaient d'un commun accord décidé de reprendre leur souffle. Puis, Klaebo est passé à l'attaque, forçant les deux autres à s'élancer aussi.

Le plan norvégien ne faisait que commencer. «Dans le dernier kilomètre, un y allait et c'était à moi d'essayer de couvrir l'attaque. Ensuite, l'autre y allait, c'était encore à moi de réagir. C'est sûr que ça tire un peu de jus dans les jambes. Mais c'était de bonne guerre», a expliqué Harvey.

Papa Pierre et coach Louis admettent avoir rarement vu pareille situation dans leur sport favori. «Ç'a été vraiment tactique aujourd'hui. Ça m'a surpris un peu, a dit Bouchard. Voyons ça positivement. Quand ils ont joué stratégique, il a rechargé les batteries pour aller chercher une deuxième au lieu de se retrouver troisième. Ça n'a pas joué contre lui.»

Quant à Klaebo, cette victoire dans les finales de la Coupe du monde est inespérée. «Avant le début de la saison, je pensais que j'allais regarder ce mini-tour à la télévision. [...] D'avoir pu skier avec Harvey, c'est incroyable parce que c'était tellement bruyant. C'était fantastique de skier ici», a dit Klaebo, qui comptait célébrer «en dormant pendant 20 heures».

Bjoergen remet ça

Marit Bjoergen, 37 ans, a remporté la poursuite... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 5.0

Agrandir

Marit Bjoergen, 37 ans, a remporté la poursuite de 10 km style libre pour terminer première au mini-tour de Québec, dimanche.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Marit Bjoergen a continué de surfer sur ses belles sensations, dimanche, en remportant la poursuite de 10 km style libre au terme d'une lutte à deux avec sa compatriote Heidi Weng.

La grande dame du ski de fond, 37 ans mardi, a devancé Weng par 1,2 seconde pour gagner le mini-tour de Québec. Elle avait déjà triomphé lors du 10 km classique de la veille.

«Je savais que ça se finirait par un sprint avec Heidi. Je suis 10 ans plus vieille, alors de la voir derrière moi, c'est un très bon sentiment à l'approche des Jeux olympiques», a déclaré la Norvégienne, qui était partie une seconde derrière sa cadette de 25 ans au début de l'épreuve. Elle a inscrit un chrono de 22:35,1, le meilleur de la journée. La jeune Suédoise Stina Nilsson a terminé au troisième rang, une grosse minute derrière Bjoergen.

Même si elle a donné naissance à un enfant en décembre 2015, cette dernière semble s'améliorer avec l'âge. Ses quatre médailles d'or aux derniers Mondiaux en sont une belle preuve. Une chose est sûre, elle se sent aussi bien qu'il y a trois ou quatre ans. «Oui, je pense que oui. C'est difficile de se souvenir de tout, mais j'ai très bien fait sur les longues distances cette saison. Je crois que je suis au même niveau.» Elle a d'ailleurs terminé deuxième au classement de la distance, sans même avoir participé au Tour de ski de janvier.

Elle sera des prochains Jeux olympiques. Pour s'y pointer au sommet de sa forme, elle compte se bâtir un horaire allégé. Pas question de faire toutes les épreuves qui les précéderont. Et après, poursuivra-t-elle sa carrière? «Je ne suis pas sûre, a-t-elle répondu. J'y vais une année à la fois.»

Raison de célébrer

La fondeuse norvégienne Heidi Weng a été couronnée... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 6.0

Agrandir

La fondeuse norvégienne Heidi Weng a été couronnée championne de la Coupe du monde et championne de la Coupe du monde en distances, remportant ses premiers globes de cristal à vie.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Weng avait aussi raison de célébrer. Elle a reçu les globes de cristal de championne de la Coupe du monde et championne de la Coupe du monde en distances. Ses premiers trophées glacés. Des titres déjà acquis avant la course de dimanche, mais pas encore savourés. Des membres de son équipe lui ont fait la bascule après les cérémonies du podium.

«Quand j'ai vu qu'on allait finir la saison ici, je me suis dit : oh non! D'aller si loin de la maison... Mais quand je suis arrivée : oui, c'est l'hiver! Et j'adore la piste, je savais que je pouvais faire de belles courses ici. Maintenant, j'aimerais revenir plus souvent», a déclaré Weng, plus habituée au rôle de dauphine. «Je dois travailler sur ma confiance, croire que je suis une bonne skieuse. Parce que je pense toujours que je ne suis pas aussi bonne que les autres. Je dois avoir une tête plus solide l'an prochain», a-t-elle avancé.

Car récidiver s'annonce ardu. La double championne Therese Johaug (2014 et 2016) pourrait être de retour à la suite de sa suspension de 13 mois pour dopage. La Fédération internationale de ski a toutefois demandé une peine plus longue, il y a quelques jours. À seulement 23 ans, Nilsson risque aussi de s'imposer davantage, elle qui a pris le quatrième rang du classement cumulatif. Et bien sûr, il y a la «jeune» Bjoergen.

Browne avoue avoir «manqué un peu de jus»

Cendrine Browne a franchi le fil d'arrivée des finales de la Coupe du monde en 40e place, dimanche. La fondeuse de Saint-Jérôme a admis avoir «manqué un peu de jus» en fin de parcours, terminant dans la queue du peloton avec lequel elle progressait. Elle a franchi la distance en 24:04,4. Sa 30e place essentielle à une préqualification olympique attendra donc à l'hiver prochain. Cet été, elle compte travailler davantage sur sa technique, sur les choses apprises pendant la saison, sa meilleure en carrière. «Je suis vraiment motivée pour l'année prochaine», a dit l'auteure d'une 26e place aux derniers Mondiaux. «Les 50 000 $ que j'ai dépensés cette année ont vraiment valu la peine. J'ai eu une saison de rêve. C'est de l'argent bien investi.» Emily Nishikawa a été la meilleure Canadienne avec une 38place.

Vézina plus satisfaite

«C'était tellement l'fun!» Déçue de sa sortie la veille, Frédérique Vézina était beaucoup plus satisfaite de son effort, dimanche. Partie 59e, elle a gagné deux places pour finir le mini-tour de Québec au 57échelon, tout juste devant une autre Québécoise, Katherine Stewart-Jones. «J'ai réussi à donner tout ce que j'avais, j'ai vraiment poussé jusqu'à la fin. Dans ce temps-là, même si ça ne donne pas le résultat, je suis contente de moi», a affirmé l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges, qui espérait un top 30 pendant la fin de semaine afin de recevoir une invitation dans l'équipe nationale. Pour Vézina, 22 ans, le repos attendra. Elle doit partir pour Canmore lundi afin de participer aux Championnats canadiens, qui se sont mis en branle samedi, amputés de plusieurs bons éléments.




À lire aussi

  • Une fin de semaine «de rêve»

    Sports de glisse

    Une fin de semaine «de rêve»

    Mises sur pied en deux mois, dans l'urgence, les finales de la Coupe du monde présentées à Québec se sont transformées en fin de semaine «de rêve»... »

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer