Frédérique Vézina en quête du grand coup

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Frédérique Vézina espère un top 30 dans l'une ou l'autre des trois épreuves de la Coupe du monde de ski de fond présentée à Québec, ce qui lui ouvrirait les portes de l'équipe nationale.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Pendant que les yeux seront tournés vers Alex Harvey, sa concitoyenne Frédérique Vézina pourrait frapper un grand coup pour la suite de sa carrière, en fin de semaine, sur les plaines d'Abraham.

La pétillante athlète de 22 ans espère un top 30 dans l'une ou l'autre des trois épreuves de la Coupe du monde de ski de fond présentée à Québec. Ce succès lui ouvrirait les portes de l'équipe nationale, financement gouvernemental et présence dans la prochaine Coupe du monde à la clé.

«Je pense que c'est réaliste si j'ai les bons skis, si j'ai une bonne journée», estime la fondeuse de Saint-Ferréol-les-Neiges, pas trop nerveuse à l'idée d'une performance devant des dizaines de milliers de spectateurs. «J'ai juste hâte. Je pense que ça va être le fun d'entendre mon nom sur le bord de la piste et d'entendre les cris. Je carbure beaucoup aux cris, alors ça va être cool.» Il s'agira de sa première présence avec les meilleures au monde depuis les Coupes du monde de Canmore, en 2012. Spécialiste en distance, elle risque de faire plus de bruit samedi et dimanche, lors des épreuves de 15 km.

Six tops 10 en Nor-Am

Vézina a été sélectionnée en vertu de ses bons résultats cette saison, dont sa 25e place aux Mondiaux U23 (10 km style libre) et ses six tops 10 en Coupe Nor-Am. Un baume pour l'an dernier, où elle s'était retrouvée du mauvais côté des critères de sélection pour le Tour de ski du Canada.

Ses performances lui auront ouvert les portes des Plaines, mais elle n'est pas totalement satisfaite. «On veut toujours mieux, convient-elle. J'ai fait ma meilleure performance aux Mondiaux, mais je ne suis pas rentrée dans les critères pour faire partie de l'équipe nationale. Le critère, c'était un top 15 et j'étais à 30 petites secondes. En Europe [Coupe Alpen], j'ai fait des bonnes courses [10e et 13e], mais j'étais à 10 secondes du podium.» Ces écarts menus, parfois frustrants, lui permettent malgré tout de croire en ses chances de monter le prochain échelon.

Ne comptez pas sur Vézina pour se décourager en cas de résultats décevants cette fin de semaine. Elle sera de retour l'an prochain. Si elle doit travailler fort dans un circuit inférieur comme la Coupe Nor-Am, pas de problème. «J'ai une grosse tête dure, je vais être encore là. Je crois en mes capacités et les gens qui m'entourent aussi», lance, convaincante, celle qui s'entraîne au Centre national Pierre-Harvey, tout près de chez elle.

Vézina a grandi les skis aux pieds. Elle marchait depuis peu lorsque ses parents l'ont initiée au ski de fond. «J'avais de l'énergie, mes parents devaient me "tuer" un peu pour que je dorme le soir», rigole-t-elle. La famille habite à 100 mètres des pistes du mont Sainte-Anne. 

Sa médaille d'or lors de ses premiers Championnats canadiens, chez les juvéniles, est un bel exemple du potentiel qui l'habitait dès son jeune âge.

Un club à Kuujjuaq

Étudiante en sciences biomédicales à l'Université Laval, Vézina peut se targuer d'avoir cofondé, avec son amie fondeuse Camille Pépin, un club de ski de fond à Kuujjuaq, il y a déjà cinq ans. À l'image du programme de Joé Juneau, au hockey. «Camille, un peu par l'idée de son père, a décidé de partir ça. J'ai embarqué dans l'aventure et je l'ai aidée. [...] Ça me tient vraiment à coeur de pouvoir partager ce que je fais avec les autres et de leur donner la chance d'accéder à ça», souligne-t-elle, ajoutant apprendre beaucoup des jeunes Inuits.

Mais d'ici sa prochaine visite dans le nord du Québec, il y a cette «petite» compétition dans le sud. Ces trois courses dans la capitale, disputées devant ceux qu'elle aime, qui pourraient signifier gros. «Toute la saison, je ne suis pas chez nous. Là, c'est le plus gros événement de ma saison et tout le monde va être là. Ça va être le party sur les Plaines!»

Une heure plus tard...

Avancer l'heure dans la nuit de samedi à dimanche aura servi d'entraînement : toutes les finales de la Coupe du monde de ski de fond seront présentées une heure plus tard que prévu, ont annoncé les organisateurs, mercredi. La Fédération internationale de ski a proposé ce changement afin de s'ajuster avec les horaires de diffusions internationales. L'heure avancée ne cause pas de problèmes pour les diffuseurs locaux (TVA et CBC), assure le président de Gestev, Patrice Drouin.

Ainsi, les finales du sprint de vendredi débuteront à 14h15 et non à 13h15. Samedi, les femmes s'élanceront à 10h40 pour leur 10 km en style classique; les hommes feront de même pour le 15 km à 13h.

Finalement, dimanche, le départ de la poursuite en style libre de 10 km chez les femmes sera donné à 11h20, tandis que celui du 15 km chez les hommes aura lieu à 12h45. Toutes les courses ont lieu sur les plaines d'Abraham, dans le secteur du Manège militaire et de la Citadelle. Il s'agit des dernières épreuves de la Coupe du monde cette saison.

Mathilde Petitjean souhaite se défaire de l'étiquette d'«athlète exotique»

Mathilde Petitjean a un parcours atypique. Togolaise élevée... (fournie par Mathilde Petitjean) - image 4.0

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Mathilde Petitjean a un parcours atypique. Togolaise élevée en France, elle a participé aux JO de 2014 pour le Togo et s'entraîne au Centre Pierre-Harvey depuis 2015.

fournie par Mathilde Petitjean

Mathilde Petitjean possède un parcours pour le moins singulier, d'une naissance en Afrique jusqu'au Centre d'entraînement Pierre-Harvey, en passant par les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi. Mais la fondeuse togolaise élevée en France espère désormais faire parler d'elle pour ses résultats.

Spécialiste du sprint, Petitjean participera à la première des trois épreuves de la Coupe du monde de ski de fond, vendredi. Elle espère terminer dans le top 30 lors des qualifications et ainsi décrocher une place pour les rondes finales.

Un tel résultat ferait écarquiller les yeux de commanditaires. Tout aussi important pour Petitjean, il lui permettrait de perdre l'étiquette d'«athlète exotique» qui lui colle à la peau.

«Le but de ce que je fais, c'est d'avoir de bons résultats et de montrer aux gens que oui, je suis Togolaise, mais je sais faire du ski et je suis capable d'être aussi bonne que les meilleures. [...] Je cours pour un pays africain, mais ça ne veut rien dire. Je fais du ski depuis que j'ai sept ans. L'habit ne fait pas le moine, comme on dit. J'aimerais qu'on commence à me prendre au sérieux», déclare l'athlète de 23 ans, sans animosité dans la voix.

Vendredi, elle participera à sa sixième étape en Coupe du monde, après les quatre rendez-vous québécois du Tour de ski, l'an dernier, et sa 51e place au sprint d'Otepäa, le 18 février. Elle a fait encore mieux lors des récents Mondiaux de Lahti, terminant 49e sur 107 athlètes, tout juste derrière la Québécoise Cendrine Browne.

Née d'une mère togolaise et d'un père français, Petitjean fait les manchettes en 2014 lorsque le Togo envoie son premier contingent aux JO d'hiver. Porte-drapeau, elle fait partie d'un duo d'athlètes qui écrivent l'histoire. À Sotchi, elle prend le 68e rang du 10 km classique. Une expérience intense et déboussolante pour la jeune femme.

«C'est vraiment génial de représenter son pays. Beaucoup de monde commence à te suivre et à s'intéresser à toi. Mais en même temps, je trouvais que c'était un peu trop. Avant, personne ne me connaissait, je faisais ma petite vie. Et là, c'était vraiment beaucoup d'un coup.

«J'ai vécu quelques mois difficiles après ça. C'est dur de revenir à une vie normale alors qu'on a fait quelque chose d'incroyable. Pour les prochains, je sais exactement ce que je ferai et ce que je ne ferai pas», a indiqué Petitjean, dont la venue à Québec n'est pas étrangère à sa participation aux JO de 2018, en Corée.

L'argent, un obstacle

En 2015, elle se cherche une nouvelle terre d'accueil, sa fédération togolaise n'ayant pas les moyens de la soutenir. Grâce à la magie du Web, elle voit une vidéo du Centre Pierre-Harvey. Elle communique avec l'entraîneur Louis Bouchard, qui lui répond positivement.

Elle atterrit à Québec en juillet de cette année-là. Ses nouvelles coéquipières l'accueillent à bras ouverts. L'été, elle habite en colocation avec Browne et Sophie Carrier-Laforte. L'hiver, Marie Corriveau et sa famille l'hébergent.

«J'aime ça, c'est un peu comme une deuxième famille pour moi. Parce que ma famille est loin, il y a un océan qui nous sépare. Ça fait du bien d'avoir des gens qui sont là pour nous soutenir», dit Petitjean, qui aime le Québec tout en s'ennuyant de sa Haute-Savoie.

Seule fondeuse de son pays, elle pourrait participer à plus de Coupes du monde... si ce n'était du grand obstacle : l'argent. «J'ai une bourse olympique qui m'aide à payer une très grosse partie de ma saison, mais ce n'est pas suffisant. Heureusement que mes parents sont là», souligne-t-elle de son accent français à l'indéniable touche québécoise.

Comme si de rien n'était...

Les équipes étaient au travail, mercredi.... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 6.0

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Les équipes étaient au travail, mercredi.

Le Soleil, Yan Doublet

La tempête des dernières heures n'aura aucune conséquence négative sur la Coupe du monde de ski de fond présentée à Québec, selon les organisateurs. Sauf peut-être un peu de fatigue chez les techniciens, forcés de travailler toute la nuit de mardi à mercredi, sur les plaines d'Abraham, au plus fort de la colère de Dame Nature. «Les pistes ont été déneigées et tapées au fur et à mesure», a expliqué le directeur technique de Gestev, Serge Veuthey. «Résultat : le parcours est pratiquement terminé et l'équipe de production poursuit selon le plan préalablement établi, comme si la tempête n'avait jamais eu lieu. Ce matin [mercredi] aux petites heures, il ne restait qu'à replacer quelques clôtures et affiches que les forts vents avaient déplacées, ainsi que les roulottes à déneiger.» Du travail supplémentaire devait être effectué en soirée et pendant la nuit  afin de durcir la piste. Les conditions s'annoncent excellentes, selon le président de Gestev. «On a une neige extraordinaire», a lancé Patrice Drouin.




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