Alex Harvey champion du monde!

  • Sa victoire au 50 kilomètres est la première médaille d'or en carrière pour Alex Harvey dans une épreuve individuelle aux Mondiaux de ski de fond. Il a ainsi fait la barbe à Martin Johnsrud Sundby et à Sergey Ustiugov.  (AFP, Christof Stache)

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    Sa victoire au 50 kilomètres est la première médaille d'or en carrière pour Alex Harvey dans une épreuve individuelle aux Mondiaux de ski de fond. Il a ainsi fait la barbe à Martin Johnsrud Sundby et à Sergey Ustiugov. 

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  • Alex Harvey s'est éclaté sur le podium. (AP, Matthias Schrader)

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  • Alex Harvey a célébré sa victoire du 50 kilomètres lors des Mondiaux de ski de fond à Lahti, en Finlande, avec toute son équipe. Cette médaille d'or représente beaucoup pour le Canada, puisqu'elle pourra inspirer une nouvelle génération de jeunes fondeurs. (AFP, Christof Stache)

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    Alex Harvey a célébré sa victoire du 50 kilomètres lors des Mondiaux de ski de fond à Lahti, en Finlande, avec toute son équipe. Cette médaille d'or représente beaucoup pour le Canada, puisqu'elle pourra inspirer une nouvelle génération de jeunes fondeurs.

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  • Alex Harvey célèbre sa victoire en franchissant le ligne d'arrivée. (AP, Matthias Schrader)

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  • Alex Harvey «savoure» son moment. (AP, Matthias Schrader)

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    Alex Harvey «savoure» son moment.

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  • Alex Harvey s'est éclaté sur le podium. (AP, Matthias Schrader)

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  • Alex Harvey (AFP,  Jonathan Nackstrand)

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(Québec) Alex Harvey, champion du monde! L'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges a remporté le 50 kilomètres style libre des Mondiaux de Lahti, dimanche, lors d'une magnifique course, où il a fait la barbe aux grands Martin Johnsrud Sundby et Sergey Ustiugov. Et à tous les autres meilleurs fondeurs au monde, en fait!

En croisant le fil d'arrivée, Harvey a brandi son bras droit vers le ciel, poing fermé, criant sa joie à plusieurs reprises au moyen de «YEAH!» bien sentis. Un peu plus tard, fidèle à son habitude, il a célébré en jouant quelques accords de air guitar devant la foule. Il s'agit de la première médaille d'or en carrière pour le Québécois dans une épreuve individuelle aux Mondiaux. Un rêve de p'tit cul, selon ses mots.

«C'est la meilleure course et le meilleur résultat de ma vie», a dit Harvey avec son calme habituel, quelques heures après sa glorieuse traversée du fil d'arrivée. Toujours sur son nuage, il ne ressentait même pas les conséquences physiques de son effort. «Normalement, après un 50, t'es vraiment brûlé, fatigué, mais là on dirait que je n'ai aucune courbatture. Tout va bien», a-t-il ajouté en riant.

Avec quelques centaines de mètres à faire, Sundby menait le petit groupe de tête devant Harvey et Ustiugov. Mais - incroyable! - le champion norvégien a semblé manquer de jus, Harvey en profitant pour le doubler dans l'avant-dernière ligne droite. Sundby s'est fait larguer rapidement, puis a légèrement trébuché avant de lever le pied à quelques mètres de la ligne. Il a fini cinquième.

Devant lui, Harvey a résisté à la poussée du puissant Ustiugov pour mettre la main sur la médaille tant convoitée. Il a terminé l'épreuve en 1h46:28,9, six dixièmes de seconde devant le Russe.

Privé d'un podium à cause d'une erreur tactique lors du skiathlon (5e) disputé le 25 février, Harvey aura appris de cette déception. Il souhaitait dimanche se retrouver deuxième en bas de la dernière descente pour attaquer le meneur. «Le plan de course que je m'étais fixé a vraiment fonctionné à merveille, a-t-il souligné. J'avais des sensations similaires à celles du skiathlon, avec des super skis aussi. Mais cette journée-là, la magie n'était pas là, on dirait. Il me manquait la touche finale. Aujourd'hui, je suis resté en avant du groupe pas mal toute la course pour être prêt à une attaque de Sundby, qui est finalement venue à deux kilomètres de l'arrivée», a ajouté celui dont le nom a été la plus grande «tendance» sur Twitter au Canada pendant un certain temps, dimanche.

Pousser tout le temps

Aussi impressionnant que sa victoire, ou presque, est l'aisance avec laquelle il l'a décrochée. Les conditions rapides combinées à sa forme physique impeccable expliquent pourquoi il semblait survoler la piste de Lahti. «Aujourd'hui, c'était difficile pour moi de me faire souffrir. Je pouvais pousser, tout le temps, tout le temps», a-t-il affirmé.

Matti Heikkinen a complété le podium, tout juste derrière Ustiugov. 

Il s'agit d'un cinquième podium en championnat du monde pour Harvey. Il avait déjà remporté une médaille d'argent et deux médailles de bronze lors d'épreuves individuelles, en 2013 et en 2015. Il s'était aussi couvert d'or en 2011 lors du sprint par équipe, avec Devon Kershaw.

Dans quelques jours, retour à la Coupe du monde. Après deux épreuves en Norvège, l'élite mondiale du ski de fond traversera l'Atlantique pour compléter sa saison sur les plaines d'Abraham, du 17 au 19 mars. Harvey occupe le quatrième rang du classement. Le podium est à portée de ski; Harvey l'a dans sa mire.

Le buzz autour de lui était déjà indéniable l'an dernier, lors du Tour de ski du Canada. Présumons qu'il sera encore plus intense, dans deux semaines, quand Harvey skiera à Québec en champion du monde. «C'est excitant», a-t-il dit avec un sourire dans la voix. «L'an passé, il y avait vraiment de super belles foules. J'espère que ça va être comme ça ou encore mieux. J'espère qu'il va y avoir beaucoup de monde. J'aime toujours compétitionner devant de grosses foules. Comme champion du monde... ça va être un feeling spécial, c'est certain.»

Un paternel pas peu fier

Pierre Harvey nageait dans un mélange de bonheur, de fierté et d'admiration, dimanche, après la victoire de son fils Alex au 50 kilomètres des Championnats du monde de Lahti.

«Je suis impressionné par ce qu'il fait», a dit le fier papa au Soleil. Athlète chevronné, Harvey père en a pourtant vu d'autres. Lui-même a remporté trois épreuves de la Coupe du monde en ski de fond, dont les deux dernières de sa carrière en 1988, année où il avait terminé au sixième rang du classement cumulatif. Il a participé à deux Jeux olympiques d'hiver... et à autant d'été, en cyclisme. Mais il n'est jamais monté sur le podium aux Mondiaux de ski de fond. Selon Wikipédia, sa meilleure performance est une 16e place, en 1982.

Pierre Harvey s'émerveille donc encore devant le chemin parcouru par son fils, qui continue de suivre ses traces tout en générant des résultats plus spectaculaires que les siens, pourtant impressionnants. «Je suis toujours surpris de voir qu'Alex a suivi cette trace. C'est rare qu'on voie le fils d'un ex qui continue dans cette voie et qui fait encore mieux. D'habitude, les enfants ont envie de faire quelque chose de différent de leurs parents, et c'est normal.

«J'ai tout le temps été fier de lui, comme de mes autres enfants», a aussi dit Harvey en parlant de Sophie et Laurence, lorsqu'on lui a demandé si son niveau de fierté venait d'augmenter d'un cran. «Mais je considère que c'est sa plus belle course à vie. Il a gagné plein de courses extraordinaires, mais le 50 km aux Championnats du monde, c'est ce qu'il a fait de plus prestigieux et de plus difficile. Le 50, ce n'est pas un coup de dés. C'est deux heures d'efforts, accoté dans le fond avec les meilleurs au monde», a affirmé Pierre Harvey, qui a écouté la course du début à la fin grâce à Internet.

Payante frustration accumulée

La frustration des derniers jours explique en partie le succès d'Alex au 50 km, croit son père. Harvey fils avait terminé 12e au sprint et 5e au skiathlon (30 km) dans les premières épreuves des Mondiaux. Jusqu'à dimanche, il restait sur sa faim.

«Quand t'as été frustré deux, trois fois la semaine avant, quand tu sais que tu peux exploiter ton talent et tout le travail que t'as fait, c'est sûr que tu te sens sur un nuage. Quand il a vu qu'il avait une opportunité  de passer en avant dans la dernière descente, il avait des skis qui glissaient comme un avion. Il est passé à côté de Sundby comme s'il était arrêté», a analysé Pierre Harvey, selon qui Alex est à son meilleur techniquement.

Peu avant son entretien avec Le Soleil, Harvey et plusieurs amis présents chez lui venaient de parler à Alex grâce à FaceTime. Il était alors 23h en Finlande. «Il est encore sur un high. Il est encore bien crinqué» a dit l'ex-athlète, qui aura 60 ans dans quelques jours. «Sûrement qu'il va rêver à ça. Les dernières minutes avant de s'endormir, il va se dire : quelle journée j'ai eue!»

Cendrine Browne aux premières loges

Cendrine Browne avait un bon siège pour assister à l'arrivée dans le stade d'Alex Harvey, dimanche, lors du 50 km. La fondeuse québécoise, meilleure Canadienne au 30 km la veille, a pu prendre le pouls des effets de la victoire dans les minutes suivant la fin de l'épreuve. «C'était fou après la course. Toutes les équipes nous félicitaient. C'était vraiment super comme ambiance. Tout le monde criait. C'était toute une victoire», a raconté l'athlète de 23 ans. Le triomphe de Harvey aura des répercussions positives sur tous ses coéquipiers, souligne Browne. «Ça représente beaucoup. Premièrement, au niveau financier, ça va vraiment nous aider. On va aller chercher des sous avec ça. On va chercher aussi de la visibilité», a-t-elle expliqué. Même si sa performance de la veille n'aura pas la même résonnance que celle de Harvey, Browne était toujours sur un nuage après sa 26e place. «C'était ma meilleure course à vie. J'ai réussi à rester avec le peloton quand même longtemps, c'est un bon signe pour l'avenir. Je l'ai enfin eu mon top 30!» a lancé l'athlète de Saint-Jérôme, qui s'entraîne au Centre national Pierre-Harvey, au mont Sainte-Anne. 

«Fou, fou, fou!»

«C'est fou, fou, fou», a lancé l'entraîneur d'Alex Harvey. «Ça, comme dirait l'autre, c'est big, big, big», a dit son agent.

À des milliers de kilomètres l'un de l'autre, Louis Bouchard et Denis Villeneuve savouraient tous les deux la réussite de leur protégé, de leur champion du monde, dimanche.

Rejoint en Finlande, l'entraîneur Bouchard semblait goûter chaque instant du tourbillon qui suit forcément l'obtention d'une médaille d'or aux Mondiaux de ski de fond. À titre d'exemple, les télévisions scandinaves se sont arraché le héros du jour. Un réseau norvégien a même ouvert son bulletin de nouvelles du soir dans le camion de fartage de l'équipe canadienne!

«C'est la plus grosse épreuve de notre championnat. Ça fait des années que j'attendais ça», a réagi Bouchard, responsable du développement de Harvey depuis 15 ans. 

Même s'il connaît son athlète mieux que quiconque, l'entraîneur de l'équipe nationale semblait ébahi par le niveau de concentration et d'intensité démontré par le Québécois pendant cette course éprouvante. «Il était tellement concentré mon gars! Il avait les yeux... Il était dans sa zone.»

De son côté, Villeneuve se trouvait au mont Sainte-Anne, d'où il organisait un party prévu plus tard dans la journée avec famille et amis de Harvey. La victoire sera célébrée au présent, mais elle signifie beaucoup pour l'avenir, a-t-il expliqué.

«Ç'a amène du gaz dans notre réservoir», a-t-il affirmé, visiblement aux anges, parlant même de cette victoire comme d'une récompense pour tous les proches du fondeur. «Un podium, ç'a aurait été extraordinaire, mais une médaille d'or, ça va nous donner beaucoup de visibilité. Le travail derrière ça, c'est des années de progression. [Et] ça se joue sur des petites affaires. Tous les astres étaient alignés aujourd'hui. Parce qu'il est en forme, c'est fou!»

Dans sa meilleure forme de la saison, confirme Bouchard. D'une année à l'autre, la stratégie demeure d'arriver au sommet lors des compétitions importantes. «Alex, il a deux peaks par année : un pour le Tour de ski [début janvier, où il a terminé septième cette année] et l'autre pour les Championnats du monde», a-t-il indiqué.

Un modèle

Impliqué dans le développement des jeunes fondeurs, Villeneuve voit plus que jamais en Harvey ce modèle qui permettra à une nouvelle génération de prendre plaisir à ce sport de glisse et, qui sait, de connaître du succès sur la scène internationale. «Les enfants vont vouloir encore faire du Alex Harvey au sprint, du Alex Harvey dans la montée. C'est ça qui est l'fun», a-t-il souligné.




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